dimanche, 07 avril 2013 03:53

La Nigérienne de la semaine Mme Yacouba Ramatou Salifou (Inna Karanta)

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Inna 04Mme Ramatou SALIFOU Inna KarantaPrésentez-vous à nos internautes ?
Avant d’en venir à la présentation, permettez-moi tout d’abord de vous remercier sincèrement pour l’opportunité que vous m’offrez de m’exprimer à travers votre site. Cela dit, je m’appelle Ramatou SALIFOU, je suis Courtier en Assurances. Je suis mariée. J’aime voyager, le football, la politique, et discuter avec les amis.

 

Pouvez-vous à présent nous parler brièvement de votre parcours ?

Inna 1J’ai débuté mes études supérieures en Géographie à Paris IV la Sorbonne avant de m’orienter vers une discipline qui puisse me permettre d’allier le travail en entreprise et études. Je me suis ainsi réorientée vers les assurances. Deux ans de BTS avec des stages en fin d’année et j’ai passé les 3 années suivantes en alternance dans des entreprises du CAC 40  (GENERALI, AGF racheté ensuite par le groupe ALLIANZ).

Dans votre secteur d’activité justement y a-t-il un lieu commun, une comparaison possible entre le Niger et l’extérieur ?

Le Niger est un marché particulier en ce qui concerne les assurances, la culture de l’assurance tarde à s’imposer dans l’esprit de tous, d’où le manque ou tout au moins la faiblesse des opportunités. En ce sens, même les assurances dites obligatoires (Automobile et transport) sont souvent négligées. Dans l’esprit de beaucoup de nos concitoyens hélas, on ne s’assure que pour échapper aux contrôles. L’importance de l’assurance n’est pas saisie dans sa véritable dimension de protection civile et cela s’explique en partie par l’influence de certaines valeurs socioculturelles comme la tolérance. Dans un tel contexte, sauf en cas d’accident grave, un consensus est toujours trouvé entre les parties. C’est pourquoi, nous nous efforçons, au sein de l’entreprise dans laquelle je travaille actuellement  d’inculquer cette culture et démontrer l’utilité de s’assurer aux clients que nous côtoyons.

Qu'est-ce qui vous a orienté vers votre profession actuelle ?

Inna 03Deux impératifs ont guidé mon choix. D’une part la nécessité de trouver une filière pouvant me permettre de me professionnaliser et de l’autre avoir un profil de formation adapté au marché de l’emploi. C’est sur ces critères que j’ai tablé en rentrant au pays. Le choix va d’ailleurs s’avérer payant, car dès mon retour au pays, j’ai obtenu un stage au ministère des finances, précisément à la direction des assurances. De là, j’ai été dirigée vers une société de la place où le besoin se faisait alors sentir.

 Après mon stage et de retour en métropole, j’ai signé un contrat en CDD dans l’un des plus prestigieux cabinets de courtage en assurance, où je suis actuellement.

Comment s’était effectué votre retour au pays ?

Inna 3Dans l’ensemble je dirais bien, même si y avait des doutes et des interrogations au départ. Lorsqu’on débarque comme çà après un long séjour, il est légitimer de douter, même d’hésiter avant de retrouver les repères. C’est comme cela que nombre de nigériens de la diaspora vivent leurs premiers jours de leur retour au pays. Je n’ai pas dérogé à la règle, quoique la suite ait permis de balayer ces doutes et incertitudes.

Quels enseignements avez-vous tiré de votre séjour à l’extérieur ?

Il faut un livre pour décrire les enseignements tirés de mon séjour à l’extérieur (rires). Mais, pour être brève, je dirais que j’ai appris la tolérance, la France constitue un carrefour pour nombre de citoyens du monde, Paris est mon New York (New York qui est caractérisé de ville de Melting pot). Côtoyer des gens venus de tous bords ne laissent pas indifférent.

Quel rôle le Niger a-t-il joué dans votre formation et votre parcours professionnel ?

Mon père était diplomate, et je suis née  à l’étranger, mais dès le retour au pays, il a préféré  nous inscrire à l’école  publique, car il disait toujours  que "le meilleur apprentissage se faisait à l’école publique". Je suis fière d’être nigérienne. Le Niger m’a tout donné, tout appris et je pense que je lui resterai toujours redevable de quelque chose. Je dirais donc merci à mon cher pays.

Que pensez-vous de l’organisation des Nigériens à l’extérieur ?

Inna 01A Paris, durant 7 ans, je n’ai été membre d’aucune organisation des nigériens, car j’ignorais l’existence de telle structure. Le déclic est venu en 2009, période dite du « Tazarcthé », où un ami m’a appelée une fois pour m’informer d’une réunion des nigériens pour échanger sur la situation politique du pays. J’y ai rencontré de nombreuses personnes, que je connaissais pour la plupart auparavant et j’étais surprise du niveau d’engagement politique de certains. Et depuis ce jour, à chaque rencontre des nigériens j’informais le maximum de personnes autour de moi.

Au regard de l’expérience qui est la vôtre, que pensez-vous qu’on puisse faire pour améliorer les conditions de vie et de travail des nigériens à l’extérieur ?

Je dirais que les nigériens de l’extérieur doivent d’abord être unis, avoir le temps de se rencontrer plus souvent et d’échanger sur leur condition de vie à l’étranger, s’entraider pour faciliter l’insertion des nouveaux venus.

Selon vous, quelles sont les pistes pouvant faciliter l’insertion ou la réinsertion des Nigériens de la diaspora?

Des efforts considérables ont été et sont faits par l’Etat pour faciliter le retour au pays des nigériens de la Diaspora. C’est d’ailleurs au cours du mois d’Août dernier que s’est finalement tenu le forum des nigériens de la diaspora. L’organisation de cette rencontre dû à l’engagement de SANDA ZURKEILEINI à qui je rends un hommage mérité a permis de poser les bases d’une amélioration substantielle des conditions de retour et d’insertion socioprofessionnelle des nigériens de la diaspora.

Quels conseils pouvez- vous donner aux nigériens qui veulent étudier et ou travailler à l’extérieur ?

Avant toute chose, il faut être en règle, disposer de tous les papiers nécessaires au voyage et au séjour dans le pays d’accueil ; ensuite il faut s’adapter à l’environnement socioculturel dudit pays et respecter ses lois. Enfin, il faut se comporter partout comme un digne ambassadeur de son pays. Je pense que celui qui s’efforce de faire siennes ces valeurs a toutes les chances de réussir son séjour à l’extérieur.
Mme Yacouba  Ramatou Salifou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Réalisée par Boubacar Guédé

Dernière modification le lundi, 08 avril 2013 09:11