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samedi, 10 octobre 2009 10:08

La nigérienne de la semaine : Kané Aïchatou Boulama

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AI_Kane_2Comment souhaitez-vous vous présenter à la diaspora Nigérienne? Je m’appelle Madame Kané Aïchatou Boulama, je suis née à Keita le 24 avril 1955, d’un père Kanuri de Chétimari (Diffa) et d’une mère Touarègue de Keita. Je suis mariée à un haoussa de Tessaoua dont la mère est peuhle de Birni et je suis mère de trois enfants dont un vit en France. Je suis issue d’une famille de 16 enfants dont je suis l’ainée des filles. J’ai 2 frères et une sœur qui vivent en Europe. C’est vous dire combien je me sens concernée par votre site Niger Diaspora.
Quel a été votre parcours académique ?
J’ai fait mes études primaires à Mainé-Soroa de 1961 à 1967. Les études secondaires à Maïné toujours puis au Lycée Mariama de Niamey où j’ai obtenu mon Baccalauréat série D en 1974. J’ai fais mes études d’économie à l’Université de Rennes I en France où j’ai eu ma maitrise option économie générale en 1979. J’ai par la suite obtenu mon Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées (DESS) en transport et distribution à l’Université de Paris 1 Panthéon -Sorbonne (France).

Quels sont les facteurs qui ont orienté votre carrière dans le domaine de l’artisanat alors que vous êtes spécialiste de transport et distribution?
Je dirai c’est par vocation, par devoir et le destin. Vous savez dans les années 70 – 80 les étudiants étaient tous boursiers et sont programmés pour tel ou tel ministère. Moi j’étais programmée pour le ministère des affaires économiques, c’est ainsi que j’ai pris fonction à la Direction de l’Industrie et de l’Artisanat. De simple cadre j’ai gravi les échelons jusqu’à avoir la charge de mettre en place la toute nouvelle direction de promotion de l’Artisanat. J’ai pu mesurer l’importance de ce secteur dans notre économie et notre société et je me suis donnée pour mission de l’extraire de la marginalisation politique, sociale et culturelle dans laquelle il était confiné. C’est un combat auquel je crois et que continue toujours malgré toutes les difficultés.

Expliquez-vous
Oui c’est un combat qui induit des changements de mentalités à tous les niveaux particulièrement aux niveaux des décideurs de tous échelons et vous pouvez me croire ce n’est pas une sinécure.

AI_Kane_4A partir de 1993 vous êtes entrée dans le syndicalisme puis dans la politique ?
Pas en 1993, en 1991 plutôt. En 1991 j’ai intégré par conviction le PNDS TARAYYA, parti nouvellement crée à la faveur du mouvement démocratique. Je me suis aussi retrouvée dans le mouvement associatif féminin suite à la marche historique des femmes que nous avons organisée pour protester contre la faible représentation des femmes à la Conférence Nationale. Puis en 1993 j’ai été nommée Secrétaire d’Etat au plan où j’ai pu continuer mon combat pour l’artisanat et le développement.

Justement pouvez-vous nous donner un aperçu de vos expériences professionnelles nationales et internationales?

Je dois dire que tout au long de ma carrière j’ai eu beaucoup d’opportunités, de contacts enrichissants qui m’ont permis de progresser dans mes aptitudes professionnelles et d’occuper des postes de chef de service, Directrice, Chefs de projets, Secrétaire d’Etat au Plan et maintenant de Coordinatrice du SAFEM. C’est toutes ces expériences accumulées qui me permettent aujourd’hui d’être à l’aise pour coordonner le SAFEM, une autre structure nouvellement créée.

Parlez-nous du SAFEM
Le salon International de l’artisanat pour la Femme SAFEM dont je suis la Coordinatrice depuis novembre 2006 a été initié en 2000, afin de promouvoir la consommation interne des produits artisanaux par la femme et pour la femme et de doter le Niger, très riche en artisanat, d'un cadre de promotion des produits artisanaux mettant l'accent sur la femme. Il a lieu tous les deux ans et choisi une région du Niger comme région Phare. Depuis 2005 que le SAFEM est institutionnalisé il est devenu un événement de création, d’exposition, de promotion et de vente des produits de l’artisanat africain, donc une manifestation commerciale d'envergure internationale qui met en avant la femme en son double titre de productrice et de consommatrice.
La mission essentielle du SAFEM, je dirai, est de promouvoir les produits artisanaux par et pour la femme pour contribuer au développement économique et social et à l'intégration régionale. Mon rôle de coordinatrice consiste entre autre à coordonner, à chaque édition, une Commission Nationale et des sous-commissions, qui regroupent plus de 200 personnes de divers horizons et compétences. Cela exige notamment des qualités de management, de gestion, de communication et de la rigueur à tous les niveaux.
La sixième édition du SAFEM qui se déroulera Incha Allah du 30 au 8 Novembre 2009 au Village artisanal de WADATA de Niamey avec pour thème Artisanat facteur d'autonomisation des femmes en Afrique. Le SAFEM se propose d'accueillir plus de 500 exposants dont 75% seront des femmes de plus de 17 pays africains invités. 100 000 visiteurs sont attendus et un chiffre de ventes de plus de 500 millions de FCFA prévus. Tahoua la région Phare promet un spectacle grandiose à la hauteur du CŒUR des Adérawa ! Et comme un adage de Tahoua dit ceci « Les Adérawa peuvent se réveiller avec des dettes mais jamais avec la honte ! », cela veut dire que les ressortissants de Tahoua de l’intérieur comme de la diaspora se doivent d’être à la hauteur de la promesse.

En quoi consiste le rôle de la région phare alors ?
A chaque édition, une région du Niger est désignée pour être la région phare du SAFEM. C’est un privilège et en même temps une grande responsabilité : l’accueil et l’hébergement des invités (exposants et artisans) venus de la Région phare reviennent toujours aux ressortissants résidents à Niamey et à l’extérieur. En retour, le SAFEM assure la promotion et le développement des activités artisanales, touristiques et culturelles de la " Région phare. Il y’aura une délégation de plus de 200 personnes dont une centaine d’artisans qui vont exposer, des cases traditionnelles de mariées dans lesquelles l’artisanat est bien présent, des artistes qui vont animer le SAFEM pendant 10 jours. Outre donc des chants et des ballets caractéristiques de la région Phare, il y a des ateliers de formation des femmes artisanes en design afin de présenter des produits qui répondent aux exigences des consommateurs. Autrement dit nous initions les artisans à mieux à la demande du marché local et international. Vous verrez cette année, une femme qui fabriquait des porte monnaie traditionnels (ALBAY), exposer un produit plus adapté aux besoins des jeunes par exemple un porte cellulaire pratique beau et très « branché ». ! La Région phare présentera aussi son art culinaire composé des mets délicieux comme KAZA KASSA (ou la Poule par terre), DAWON BAGAY, MASSA TANDA etc. ce serait d’ailleurs intéressant de diffuser à travers votre site les recettes à l’intention de la diaspora.


AI_Kane_5Qu'est ce qui vous a poussé vers " la coordination du SAFEM "?
Si vous analysez bien mon parcours et les différentes postes occupés durant ma carrière administrative, civile et politique, vous constateriez que la femme et son autonomie a toujours été au centre ou en partie ma préoccupation. Et, je crois, le SAFEM est le cadre idéal de promotion de la femme tant sur le plan économique que social. Je perçois le SAFEM d’abords et avant tout une action de développement et mon ambition est d’en faire un événement Africain et mondial. C’est pourquoi j’ai accepté de le coordonner renforcée par des femmes aussi engagées que moi

Quelles sont les difficultés et les éléments facilitateurs que vous avez rencontrés en tant que "Coordinatrice du SAFEM" ?

La principale difficulté est d’ordre financier, à chaque édition il faut batailler pour boucler le budget. Les éléments facilitateurs c’est l’engagement des femmes impliquées qui en ont fait leur affaire et se mobilisent à chaque édition.

Quels sont les enseignements que vous avez tirés de votre expérience ?
Le principal enseignement tiré de mon expérience est qu’il faut croire à ses rêves pour avoir la chance de les réaliser

Quelles sont les valeurs qui vous ont guidée ?
La solidarité, le rejet de l’injustice et la persévérance

AI_Kane_3Quels conseils donnez-vous aux jeunes Nigériennes et Nigériens qui voient en vous un modèle ?
Le conseil que je leur donne est le conseil que je donne aussi à mes enfants. Nous sommes tous riches d’une culture, d’une éducation donnée à nous par nos parents et notre entourage ! Puisons là dedans pour nous construire, tracer notre voie ! Il faut croire en soi pour pouvoir avancer dans la vie.

Quels constats faites-vous aujourd'hui de la situation de la femme au Niger, en Afrique et dans le monde ?

Je dirai un seul mot, nous avons encore un long chemin à parcourir mais nous sommes sur la bonne voie.

Je vous laisse le mot de la fin.
Mon mot de la fin est un vœu, je souhaite que le SAFEM 2009 soit un véritable succès et contribue réellement à faire progresser les femmes artisanes par conséquent nos économies, qu’il contribue à revaloriser l’image de mon pays le Niger car c’est un peuple de paix, valeureux, travailleur, riche d’une culture variée et authentique. C’est cette image positive du Niger que vous et nous essayons cahin-caha de refléter à travers nos actes. Merci Niger Diaspora.

Réalisée par Elhadj Sani Magori et Boubacar Guédé
10 octobre 2009
Publié le 10 octobre 2009

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Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15