samedi, 20 juin 2009 06:46

Le Nigérien de la semaine : Hamadou Saliah-Hassane

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Hamadou_Saliah_HNigerdiaspora : Quel a été votre parcours académique?
Au cycle primaire, j’ai fréquenté l’école de Gamkalley et de Kalley (à Niamey), de Gouré et de Dosso. Au premier cycle du secondaire, j’ai été successivement aux Collèges d’enseignement général (CEG) de Dosso et de Mainé Soroa. J’ai terminé le deuxième cycle du secondaire au Lycée Issa Béri à Niamey en 1974.
Hamadou Saliah-Hassane : J’ai ensuite poursuivi mes études universitaires à l’Institut universitaire de technologie de l’Université de Dakar au Sénégal (1974 – 1976). J’ai obtenu mes diplômes d’ingénieur et de maîtrise ès science appliquée à l’École polytechnique de Montréal. Enfin, après avoir suspendu mes études pendant plusieurs années, à la demande de mon pays, pour me consacrer à l’enseignement et à l’administration pédagogique au Niger, j’ai tenu à revenir au Canada finir avec un doctorat en génie électrique et informatique de l’université McGill.

Quels sont les facteurs qui ont orienté votre carrière ?
Pour répondre à cette question, je dirai que le premier facteur qui a orienté ma carrière d’ingénieur et d’enseignant chercheur est l’éducation familiale. Comme un technicien, un ingénieur et un chercheur, j’étais intéressé à construire, à réparer ou à modifier, des objets tangibles. Pour ce qui est de l’enseignement, je crois que c’est le métier de mon père qui a influencé cette voie. Il était instituteur et directeur de l’école primaire de Mirriah au moment de ma naissance et par la suite, de l’école primaire de Gamkalley à ma première année d’école en 1960,. Il faut néanmoins reconnaître que pour bon nombre de personnes de notre génération, nos carrières ont été influencées par les politiques d’orientation scolaire pour répondre aux besoins de notre pays. Nos aptitudes personnelles ont parfois été tenues en compte.

Hamadou_Saliah_1Pouvez-vous nous donner un aperçu de vos expériences professionnelles nationales et internationales?
En termes de qualifications professionnelles, mes compétences se situent essentiellement dans les domaines du génie électrique et informatique, des technologies de l’information et de la communication, en enseignement et en recherche et développement. Mes champs de compétence permettent de couvrir un spectre assez large de domaines d’applications.

Au niveau national, j’ai travaillé à la NIGELEC (1976-1977), au Collège Issa Béri (1984-1985) à l’université de Niamey (1985-1987). Pendant cette dernière période (1984-1987) et au-delà de celle-ci, j’ai contribué, à la mise en place du département informatique de la société TOUT-ELEC Niger, première société informatique fondée par un Nigérien, mon ami Jean-Luc Marcellin. À l’époque où seuls Bull Niger et Unisys dominaient le marché nigérien en fournitures et en services informatiques, nous avons pu obtenir la première représentation de IBM au Niger. J’avais aussi pu également effectuer plusieurs mandats de consultant en informatique.

Au niveau régional, j’avais été recruté en 1989 par l’ex-CEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) comme enseignant et chef de département électricité de l’École des mines de l’industrie et de la géologie (EMIG), un des centres d’excellence l’ex-CEAO. Notre équipe des six premiers enseignants chercheurs recrutés, ressortissant des sept pays membres de la l’ex-CEAO sélectionnés a pu bénéficier d’une rare occasion offerte à des formateurs, pour démarrer une institution de ce calibre en collaborant au montage des programmes, en recrutant nos collaborateurs, en réceptionnant et en installant les équipements d’enseignement et de recherche et en organisant des premiers concours d’admission des élèves techniciens et ingénieurs ressortissant des pays membres de l’organisation.

Après la liquidation de l’EMIG et sa rétrocession à notre pays, j’ai été recruté d’abord au Centre de recherche LICEF comme chargé de projet et ensuite comme enseignant chercheur à la Télé-université (TELUQ), devenue maintenant l’Université à distance l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Avec de la persévérance et de la régularité dans l’accomplissement de mes tâches d’enseignement, je dirige, au Centre de recherche LICEF, mon laboratoire de recherche dénommé Lab@DER (Laboratoire à Distance pour l’Enseignement et la Recherche). À la TELUQ-UQAM, mes travaux se situent dans des domaines connexes à la mécatronique interdisciplinaire (électronique, informatique, réseaux, automatique & robotique) qu’on retrouve dans plusieurs applications utiles dans la vie courante.

À la TELUQ-UQAM, j’ai aussi effectué un mandat de Directeur des programmes de l’École de technologie de l’information, un consortium d’institutions de formation universitaire formé de l’École d’ingénieur de technologie supérieure (ETS), de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et notre université à distance la TELUQ qui à l’époque était une entité du réseau des universités du Québec au même titre que l’UQAM. J’avais aussi, en plus d’avoir siégé dans plusieurs comités de notre université et interuniversitaires, assuré la Présidence du comité de la recherche (2005-2007).

Pour finir, au Canada, mon pays d’accueil, j’ai eu l’occasion d’enseigner à l’Université McGill, à l’Ecole Polytechnique de Montréal et à l’Ecole de technologie supérieure. J’encadre encore des étudiants de grade supérieur dans ces deux établissements de formation d’ingénieurs. J’ai également eu à participer à des voyages, à titre de membre de délégations officielles du Canada ou du Québec ou aussi de membre de la société civile avec l’UNESCO, pour assister à des évènements importants tels que « Information Society Technology Europe-Canada (IST-EC), le Sommet mondial pour la société de l’information (SMSI – WSIS) en 2003 à Genève et en 2005 à Tunis, etc…

Hamadou_Saliah_3Quelles sont les difficultés et les éléments facilitateurs que vous avez rencontrés dans votre carrière professionnelle à l’étranger?
Dans une carrière professionnelle, que ce soit dans son propre pays ou ailleurs, les difficultés sont toujours présentes et constituent des défis à relever. Travailler ou étudier ne doit pas être facile, autrement on n’apprend pas comme il faut. Pour le deuxième volet de la question, les éléments facilitateurs sont essentiellement dus au fait que les institutions sont bien organisées ici au Canada. Il y a des cadres tels que les conventions collectives, les contrats, les plans de travail annuels ainsi que des critères claires et connus et respectés de tous qui protègent les employés et qui servent aussi d’outils pour les employeurs ou les organismes pour gérer nos carrières ou nous octroyer des subventions de recherche pour lesquels nous constituons des dossiers. En résumé, je veux dire qu’il n’y a pas beaucoup de place à l’oisiveté ou à la recherche de facilités sans fournir les efforts qu’il faut. Je vais aussi ajouter que le temps n’était pas élastique et que le respect des délais nous forcaient à la rigueur pour survivre dans ces milieux hautement compétitifs.

Quels sont les enseignements que vous avez tirés de votre expérience?
Il faut être proactif. Dès qu’on devient adolescent, on ne peut pas attendre tout de l’état ou que d’autres personnes fassent les choses à notre place et se contenter de faire porter l’odieux à d’autres. En d’autres termes, il faut être persévérant et ne pas passer son temps à chercher des coupables et toujours se retrousser les manches. Les anglophones ont une phrase plus courte : « Never give up ».
Il faut se réorienter ou changer de milieu quand on n’aime plus le métier qu’on exerce ou notre environnement de travail. Le travail en équipe, en synergie dans un environnement qui encourage la solidarité et le respect des compétences mutuelles est un gage de succès.

Hamadou_Saliah_5Qu'est ce qui vous a poussé vers l'« Informatique »?
J’aime bien le fait que vous parliez d’« Informatique » entre guillemets. Vous avez déjà lu dans les détails sur ma formation académique que je ne suis pas « informaticien » au vrais sens du mot. En effet, j’ai un doctorat en génie électrique et informatique, un Master et un diplôme d’ingénieur en génie électrique après un diplôme universitaire en technologie (DUT) en électronique. Ma formation m’a conduit à être un utilisateur de l’informatique pour la conception, l’automatisation et l’enseignement aussi bien au niveau du logiciel qu’à celui du matériel. J’enseigne aujourd’hui l’informatique tout en effectuant des travaux de recherche en génie électrique et en mécatronique, domaines dont les applications sont omniprésentes dans notre vie courante.
Après cette tentative de précision, pour répondre à la question, je vous dirais que mon premier contact avec l’informatique fut en 1974, ma première année à l’IUT de Dakar. Lors d’une visite au Centre de calcul informatique, pendant une démonstration, il fallait décliner son nom, son prénom et son sexe à l’ordinateur. Un de mes promotionnaires, Adamou Daré, un ingénieur nigérien aujourd’hui à la NIGELEC avait, après avoir donné son nom et son prénom correctement, avait déclaré son sexe comme féminin. L’ordinateur avait alors conclu qu’il y avait une anomalie à moins que l’utilisateur ne soit un « Gorguiguème ». L’exemple dont je me souviens encore nous a permis de comprendre les bases de traitement de l’information par l’ordinateur. Sur le plan du matériel, toujours à l’IUT de Dakar à l’époque, les organisations louaient des gros ordinateurs et à la fin du contrat, des compagnies tels que IBM, propriétaires des équipements récupéraient et jetaient certaines de ces machines à la mer au lieu de les retourner dans leurs pays d’origine. Notre chef de département, M. Mintz négociait pour les récupérer et nous les faisaient démanteler pour qu’on puisse réutiliser les composants pour nos laboratoires d’électronique.

Ces deux exemples ainsi que mon séjour à l’école polytechnique de Montréal de 1978 à 1984, ces années de changement fulgurant de l’informatique ont marqué mon intérêt pour mettre à profit « l’ordinateur comme outil de travail ». En 1984, à mon retour du Canada au Niger, j’ai pu ramener avec moi un microordinateur compatible Apple II. C’est d’ailleurs cet ordinateur, avec un autre microordinateur personnel d’un ami, qui nous a servi à démarrer le département informatique à TOUTELEC Niger. À l’époque, il fallait demander et obtenir, de la Direction de la statistique et de l’informatique, une autorisation pour introduire au Niger un ordinateur ou un microordinateur.

Hamadou_Saliah_2Quel rôle a joué le Niger dans votre parcours d'"informaticien" ou de professeur?
Au Niger, j’ai plutôt été consultant indépendant en informatique pendant mon service civique en 1984 et alors que j’étais enseignant chercheur à la faculté des sciences de l’Université de Niamey. Deux fonctionnaires de l’administration nigérienne ont eu à intervenir administrativement pour appuyer mes demandes de perfectionnement. D’une part pour me permettre d’assister à un séminaire sur l’informatique et l’éducation organisé par l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) et d’autre part pour m’ obtenir une bourse d’étude doctorale au Canada. Dans ce sens, le formalisme et l’attentisme retardent le développement de notre pays. Les autres nigériens ayant joué un rôle important étaient les étudiants de première année de Mathématique Physique (MP1), Physique Chimie (PC1) ainsi que ceux du Certificat (C4) de Maîtrise de physique. Par l’intérêt et la curiosité et le respect qu’ils ont su me montrer, j’ai pu continuer ma carrière d’enseignant et je suis aujourd’hui très fier de voir plusieurs d’entre-eux occuper des fonctions de hautes responsabilités aussi bien au Niger qu’à l’étranger.

Quelles sont les valeurs ou le
s principes qui vous ont guidé?
Le respect est une qualité fondamentale à maintenir; respect des règles établies, des individus ainsi que des aînés. Il faut aussi cultiver la solidarité et participer à la vie sociale dans les communautés, celles dans lesquelles nous vivons et celles qui éprouvent le besoin d’entraide. L’individualisme nous expose malencontreusement à diverses formes de perversion. Il faut aussi refuser l’injustice quelque soit sa forme.

Parlez nous du prix iNEER-2005
iNEER (www.ineer.org) est un réseau mondial de bénévoles et également une organisation professionnelle formée par une communauté de personnes ayant en commun la volonté de promouvoir l'avancement de la formation des ingénieurs et l'innovation dans les méthodes ainsi que les moyens d'enseigner et d'apprendre par le biais de la coopération internationale. Ce réseau grandissant d'éducateurs et de chercheurs compte aujourd’hui plus de 36.000 membres dans 98 pays. Le réseau iNEER organise à travers le monde des conférences portant sur la formation d’ingénieur. Le rendez-vous pour cette année est en Corée du Sud. Je suis membre du comité aviseur international de iNEER depuis plus d’une dizaine d’années. Pour revenir au prix, je ne peux pas être plus éloquent que les responsables de l’édition du site web www.profetic.org de la Conférence des recteurs et des principaux du réseau des universités du Québec (CREPUQ) qui ont su synthétiser l’explication de la signification de la récompense. Cette explication a été relayée sur plusieurs autres sites. En Afrique, l’annonce de Nigerdiaspora et celle du Centre sur les politiques internationales des TIC en Afrique du Centre et de l’Ouest (CIPACO) en sont des exemples.

Le prix est une reconnaissance sur le plan de l’innovation en recherche sur les laboratoires à distance que certains appellent Télé-laboratoires. J’invite les lecteurs à accéder au dossier techno-pédagogique que j’ai écrit, sur invitation, pour vulgariser le concept de laboratoires en ligne ayant des applications, au-delà du domaine de l’enseignement à ceux de la santé, de l’environnement, de la sécurité etc… (Lien : www.profetic.org et chercher Laboratoires en ligne).

Quels conseils donnez-vous aux jeunes nigériennes et nigériens qui voient en vous un modèle?
Un modèle, c’est trop dire. Il y a bien d’autres compatriotes qui agissent dans l’ombre sans tapage. J’encourage votre équipe de Nigerdiapora à publier aussi souvent que possible, des interviews sur des femmes ou des hommes d’affaires, des enseignants chercheurs, des sportifs, des pilotes d’avion ainsi que des artistes de la diaspora nigérienne qui ne demandent qu’à contribuer au développement du pays. Finalement, pour revenir à cette question, je dirais, qu’en plus des caractères intrinsèques de chacun des jeunes dont vous parlez, la persévérance et le réseautage sont des atouts pour réussir. Pour moi, la réussite peut se mesurer au degré d’autonomie que les jeunes doivent avoir très tôt pour subvenir à leur propres besoins et éventuellement à ceux de leurs parents au sens large, quelques soient les statuts sociaux de ces derniers. Dans ce sens, les dirigeants de notre pays pourraient créer au pays des environnements favorables au travail temporaire des jeunes nigériens. Par exemple, ces derniers pourraient ainsi concilier, comme cela se fait dans de nombreux pays, le travail à temps partiel rémunérateur aux études universitaires. Tous ne pourraient être des entrepreneurs, mais l’esprit d’entreprise doit aussi prévaloir.

Hamadou_Saliah_6Quels constats faites-vous aujourd'hui de la situation de l’informatique au Niger, en Afrique et dans le monde?
Je vous remercie de me poser cette question à la fin de cet échange que je qualifie de constructif. Comme vous me l’avez dit au moment de l’invitation, l’initiative vise à présenter des ressortissants de la diaspora nigérienne afin de susciter, auprès des jeunes, des moins jeunes ainsi qu’auprès des décideurs du pays, un intérêt pour faire avancer notre pays. Je vais répondre partiellement à cette question en espérant, toujours dans un esprit constructif, que les nombreux talents du domaine et de ceux connexes, résidant au Niger ou à l’étranger apporteront eux aussi leurs contributions en réaction à quelques-uns de mes commentaires.
L’informatique au Niger, sur le plan des compétences individuelles, ne souffre pas de manque de talents tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Je précise en passant, que l’informatique est un outil devenu indispensable dans la vie courante. J’aborderai donc la question sous l’angle des usages, ce qui nous amène inévitablement aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Alors que tout semble bien se passer dans plusieurs pays africains dont l’Afrique du Sud, le Sénégal, le Mali pour ne citer que ceux là, au Niger il règne une grande confusion entre l’informatique et les TIC. Cette situation se reflète dans les rôles et attributions de diverses institutions et organismes de l’administration nigérienne. L’informatique peut être vue sur le plan matériel; on parlera donc de toute la quincaillerie qui permettra de fournir aux usagers des applications logicielles actuellement utilisées en réseau. Les applications en réseau ont fait émerger de la réseautique avec son extension sur Internet. Avec le réseau Internet, le monde est au diapason de la société du savoir. Ailleurs dans le monde, avec les technologies qui permettent la convergence du téléphone, des téléviseurs des ordinateurs ainsi que les réseaux filaires, satellitaires et/ou haut débit à fibres optiques, les barrières économiques sont quasiment inexistantes. On parle d’organisations virtuelles, de nouvelle économie du savoir basée sur l’intégration de services ou produits réels et virtuels.
Au Niger, il nous faut faire entrer le pays dans la société de l’information avec la participation de multiples acteurs dans une dynamique de recherche action participative. La réponse à votre question ne saurait se limiter à renvoyer les lecteurs au « Plan NICI » qui, du reste, doit être régulièrement mis à jour et porté à la connaissance du grand public.
Enfin, je dirais qu’au Niger, en ce qui concerne l’informatique et les technologies de l’information et de la communication, nous sommes en retard et il nous faut des empêcheurs de tourner en rond. Un silence coupable règne au sein des acteurs avertis alors que sur la toile du réseau Internet on découvre des rapports ou des présentations de résultats positifs qui ne reflètent pas la réalité plutôt décevante sur le terrain nigérien.

En quoi l’accès à l’informatique et aux technologies de l’information sont-ils des atouts pour la population en général, femmes, hommes, jeunes en particulier ?
Sans entrer dans les détails, je dirais que l’accès à l’informatique et aux technologies de l’information permet aux individus ainsi qu’aux organisations de participer au marché global de la société du savoir. L’espace virtuel ainsi formé de produits et services sert de moyens de communication aux forces démocratiques Ces derniers peuvent exercer leurs devoirs de citoyens et faire respecter leur droits et leurs libertés. Nous savons aujourd’hui que les technologies de l’information et de la communication, par leur utilisation judicieuse et innovante, contribuent à la réduction de pauvreté. De nombreux exemples de réussites existent dans le monde en développement. Dans le domaine de l’éducation, l’enseignement à distance avec les TIC permet, par les réseaux, de former un grand nombre de personnes qui, tout en travaillant, apprennent sans avoir à quitter leur communauté. La santé et l’environnement ainsi que la gouvernance sont aussi des domaines d’application privilégiés pour lesquels les TIC apportent de façon significative des résultats probants.

Hamadou_Saliah_4Avez-vous des solutions, des projets ou plans pour une promotion de l'informatique et des technologies de l’information et de la communication au Niger ?
Pour les projets, j’en ai réalisé un certain nombre dans des écoles au Niger, par l’entremise de notre organisation dénommée Pronotic qui fait la promotion des technologies de l’information et de la communication en Afrique. Également avec la Fondation IEEE et deux enseignants dont l’un à l’EMIG et l’autre à l’École africaine de la météorologie et de l’aviation civile (EAMAC), nous avons démarré il y a deux ans une initiative pour attirer les jeunes filles du Lycée d’excellence aux professions d’ingénieures. Nous souhaitons avoir d’autres appuis pour élargir nos activités dans d’autres localités. Un autre projet intergénérationnel dénommé GenerAction qui implique PRONOTIC, le Rassemblement des Retraités de l’Enseignement (RARE) et le Réseau d’Information et de Communication pour le Développement (RICOD) nous tient à cœur. Nous ne désespérons pas de trouver une oreille attentive auprès d’éventuels bailleurs de fonds.

Pour revenir à votre question, pour les solutions, je vous dirais que je n’en ai pas. Autrement, la démarche de recherche-action que je préconise pour réussir des projets basés sur les TIC ne tient plus. J’ai quelques suggestions de pistes de réflexions :

  • Promouvoir la coopération en privilégiant le partenariat. Ainsi, la coproduction et l'exploitation de produits relatifs aux TIC dans un contexte de recherche-action-participative seraient une alternative viable.
  • Encourager les membres de la diaspora africaine qui s’engagent à des actions de solidarité au Niger. Ceci pourrait par exemple se concrétiser par le jumelage d'entreprises, des parrainages ou l'emploi de jeunes à distance.
  • Mettre en place des mécanismes de financement (prêt aux individus ou aux employeurs) ou de détaxes sur l’importation du matériel informatique destiné à l’éducation et s’assurer qu’aussi bien les bénéficiaires que les agents chargés de l’application des mesures comprennent le bien fondé des décisions prises.
  • Promouvoir la formation à distance avec les technologies de l’information et de la communication. Un modèle bimodal pourra être d’un intérêt positif pour les communautés. Mettre l'accent sur la production des contenus qui pourraient attirer des clients ou des investisseurs ;
  • Valoriser l'effort des individus d'où émergent l'innovation et le développement durable tout en encourageant les regroupements communautaires, les coopératives de production de logiciels et les fournisseurs de services relatifs aux TIC ;
  • Bâtir sur l'existant plutôt que de réinventer la roue. Les TIC se prêtent bien au développement par bonds ;
  • Promouvoir la mise en place de politiques d'investissement dans l'industrie du savoir afin de préparer les jeunes à faire face aux nouveaux métiers et aux nouvelles formes d'organisation du travail qui s'appuient sur les réseaux (humains et informatiques).
Je vous laisse le mot de la fin
Je vous remercie beaucoup pour votre invitation et je souhaite que les réactions à cet échange vont nous aider, dans notre volonté de mieux servir notre pays à avancer.

Hamadou Saliah-Hassane, ing. Ph.D.

Professeur, Télé-université/UQAM
100, rue Sherbrooke Ouest
Montréal (Québec) H2X 3P2 Canada
Téléphone : (514) 840 2747 poste 2833
Télécopie: (514) 843 2160
Courriel:
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Réalisée par Boubacar Guédé
20 juin 2009
Publié le 20 juin 2009
Source : http://www.nigerdiaspora.net

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Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15