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lundi, 13 avril 2009 14:57

Le Nigérien de la semaine : ELHADJ MAGORI Sani.

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Danny_Glover_Magori_SComment souhaitez-vous vous présenter aux internautes de Nigerdiaspora ?
Je m’appelle Elhadj Magori Sani. Je suis réalisateur de cinéma documentaire et j’enseigne l’Analyse des films et l’histoire du cinéma et de l’audiovisuel à l’IFTIC de Niamey (Institut de Formation aux Techniques de l’Information et de la Communication).
Quel a été votre parcours académique ?
J’ai fais mes études primaires dans mon village natal, Galmi (département de Birni N’Konni). Mon collège et Lycée respectivement à Konni et Tahoua.
J’ai obtenu mon ingéniorat en Agronomie Saharienne en 2001 après cinq années d’études à Ouargla en Algérie. Après huit années passées entre le service civique national et le contrat dans l’enseignement, j’ai été faire un Master II en Cinéma Documentaire de Création à l’Université Gaston Berger de Saint Louis du Sénégal à la rentrée académique 2007-2008. Je suis parmi les huit premiers étudiants de ce Master II de Cinéma documentaire en Afrique. Le nom que porte notre promotion, composée d’étudiants de différentes nationalités africaines, Promotion « Sembène Ousmane » est un Hommage au Sénégal et à Sembène Ousmane.

Un agronome qui fait du Cinéma, on ne le rencontre pas tous les jours…
C’est une remarque qu’on me fait souvent. Mais je pense que le cinéma est un outil comme tout autre pour s’exprimer et faire connaitre son point de vue et le partager. Tous que nous sommes, nous pouvons et même penser raconter des histoires, des faits qui se sont passés alors que nous étions là. Quelque fois, pour rendre plus aisée la compréhension de nos interlocuteurs, nous mettons une certaine éloquence, un certain art de narrer les choses… Etant agronome, j’avais seulement la tâche d’expliquer, de convaincre, de concevoir des solutions destinées à soulager les préoccupations rurales des paysans. Etant cinéaste, je deviens en plus et au mieux « un ingénieur des âmes » celui là qui rapporte un témoignage de son temps et le partage avec les autres selon son point de vue. Mais le plus intéressant dans tous ça, c’est de croiser ces deux regards d’agronome et de cinéaste.

Magori_Sani_2Pouvez-vous nous donner un aperçu de vos expériences professionnelles nationales et internationales?
Avec mon diplôme d’ingénieur en agronomie, j’ai travaillé pendant deux ans comme appelé au service civique national à l’INRAN au département de Cultures irriguées. Après j’ai fait le contrat d’enseignement de deux ans. En même temps je collaborais avec AMINA le Magazine de la femme où je faisais des grands reportages sur des sujets tels le mariage international, le port de voile à l’école, les changements survenus dans la vie des femmes Nigérianes après l’instauration de la Charia dans certains Etats comme Kano… J’aime vraiment donner la parole aux gens qui ont des choses qui intéresseraient le monde…
Maintenant, je fais des films documentaires et j’enseigne le cinéma à l’IFTIC. Dans le cadre du Forum Africain de Film documentaire de Niamey, nous avons mis en chantier un atelier de d’initiation et de formation des jeunes réalisateurs. Nigériens venants des horizons professionnels différents, mais qui veulent raconter en images leurs pensées, leurs regards sur leurs entourages. Actuellement, je suis chargée d’encadrement pour l’écriture et la réalisation de dix projets de films documentaires court métrages qui seront Insha Allah montré à la 4ème édition du Forum Africain de Film Documentaire de décembre 2009.
Et à ce jour, mes deux films ont des succès dans des festivals internationaux : Notre Pain Capital a un mois après sa sortie, remporté le Prix Canal + Horizon au festival Clap Ivoire d’Abidjan. Il a passé en compétition internationale dans plusieurs festivals européens notamment celui de Clermont-Ferrand en fin janvier 2009, de Milan et de Bruxelles. Récemment Notre Pain Capital a obtenu une mention spéciale du Jury au festival Plein Sud en France. Mon film professionnel « Pour le meilleur et pour l’oignon a aussi dés sa sortie eu le Prix Jean Rouch de la meilleure œuvre nigérienne de l’année 2008, en décembre dernier. Et ce 04 Avril il reçut le Trophée tant convoité du meilleur « The Best Documentary, feature », meilleur documentaire long métrage à African Movie Academy Awards qui a eu lieu dans l’Etat de Bayalsa au Nigéria. Il est sélectionné à DOKFEST de Berlin (Mai 2009) à Vues D’Afrique de Montréal (Avril 2009)… Ce tour d’horizon pour vous dire que je suis satisfait de mon entrée dans ce métier de réalisateur qui me permet entre autre plus de visibilités dans les pensées.

Magori_Sani_5Quelles sont les difficultés et les éléments facilitateurs que vous avez rencontrés en tant que cinéaste ?
Le réalisateur avant de porter à l’écran une réalité, doit avant tout, dans le cadre du documentaire bien sûr, s’assurer de la parfaite compréhension et de l’acceptation des personnes qu’il veut filmer. Il doit les protéger et se protéger lui-même, sinon, il risque de flinguer son film et même sa carrière de cinéaste. Au Niger comme partout en Afrique, les gens ont la phobie des images, c'est-à-dire, ils ont peur de la caméra. Et ils ont raison, d’autant plus que c’est rare qu’ils soient informés de l’usage que le réalisateur ferait de leurs images. Ils l’apprendront souvent trop tard et à leur dépend. Moi, j’ai appris à garder mes distances (pour ne pas me noyer), je sais approcher les gens, les rassurer et les protéger. J’ai a appris à éviter les erreurs fatales qui tuent les films. Je dirai que jusqu’ici les éléments facilitateurs que j’ai, sont entre autres ma maitrise des sujets que je traite. Pour mon film de fin d’études « Notre Pain Capital », j’ai filmé mon environnement universitaire (bien que réticents au début, les étudiants et l’administration m’ont beaucoup facilité le travail). Pour mon second film, il s’est agit de mon village, de ma famille et de mes oignons... Côté technique et financier, ce n’est pas toujours facile au début car, pour que les producteurs et les bailleurs mettent leur argent et leur temps à faire un film. Il faut qu’ils soient convaincus de sa faisabilité et de sa rentabilité. Là aussi, j’ai eu été choyé par le destin qui a mis sur ma route des gens biens, comme Jean Marie Barbe (Africa Doc, France), Malam Saguirou (Dangarama, Niger) et Magali Chirouze (Adalios France)…

Quels sont les enseignements que vous avez tirés de votre expérience ?
Je n’ai pas de longues années d’expériences pratiques dans le cinéma. Je dirai même que je suis très nouveau. Mais ma petite expérience me permet de dire que le cinéma est une option. On ne devient pas cinéaste un beau matin parce qu’on a juste envie de l’être. On se rend plutôt compte qu’on peut faire du cinéma. Ce film sur l’oignon, je l’ai pensé depuis mon enfance lorsque je voyais les mes parents souffrir face aux aléas climatiques, économiques et politiques de la culture de l’oignon. J’ai commencé à l’écrire sous forme de pamphlet quand j’étais à l’université. Je l’intitulais « Les trois larmes du violet de Galmi » juste pour dénoncer les souffrances quotidiennes de mes parents producteurs d’oignon. Quand je suis devenu ingénieur agronome, j’ai compris qu’il n y a plus rien à apprendre aux producteurs d’oignon de Galmi. Ils savent tout ! Mais quand j’ai eu cette formation de réalisateur en cinéma documentaire, j’ai croisé ces trois regards de fils du village, d’agronome et de cinéaste pour réaliser ce film.

Magori_Sani_4Qu'est ce qui vous a poussé vers le "Cinéma"?
Je l’ai dit qu’on ne vient pas dans le cinéma pour faire du cinéma. On vient pour utiliser le cinéma et s’exprimer. Quand j’étais à l’INRAN, je commençais déjà à utiliser les images (photos et vidéos) pour expliquer aux agriculteurs, comment utiliser tel ou tel produit ou comment faire un mélange des produits phytosanitaires et ça marchait toujours mieux que les démonstrations directes, parce que tout simplement, les images ont le pouvoir de capter notre attention et notre curiosité... Et dés lors j’ai pris goût et j’ai su comment des images bien faites peuvent être un bon moyen pour convaincre… Je crois cette expérience de l’INRAN compte bien dans ma motivation.

Quel rôle a joué le Niger dans votre parcours de cinéaste ?

Le Niger est mon pays, ma patrie, je l’aime tellement que je ne permets pas que l’on diffame notre histoire. Je suis toujours scandalisé de voir certaines images ou entendre certains propos nous leurrer et même, trahir l’mage de mon beau Niger. Il y a certes des laideurs, des choses regrettables comme partout dans le monde, mais il y a tant de belles facettes à montrer. Et même, si l’on se permet de dire des choses, il faut prendre le temps d’expliquer et pas seulement de chercher juste le sensationnel qui diffame la réalité. Je m’inspire des réalités de mon entourage pour faire mes films. Et si je ne propose pas des solutions immédiates, je pose les jalons d’une véritable quête de solution.
Côté administratif, comme tous les artistes, j’ai trouvés mes aînés cinéastes dans l’attente de jours meilleurs, que les autorités nigériennes mettent en application leur programme de relancer de l’industrie cinématographique nigérienne. Nous avons créer une Association des professionnels de l’audiovisuels (FOCUS Niger) et au sein de celle-ci, nous pensons qu’il faut faire des vrais états généraux de la culture secteur par secteur pour comprendre cette descente aux enfers du cinéma nigérien (surtout) qui était, « pas très jadis », le pionnier du rêve africain.

Magori_Sani_3Quelles sont les valeurs qui vous ont guidé ?
Sans me répéter ou me vanter, je dirai que le cinéma était en moi dans sa forme la plus importante : l’écriture. Au collège et au lycée, mes amis me surnommaient « Ecrivain ». A l’école primaire, les chauffeurs de mon père qui était transporteur m’emmenaient à l’insu de mes parents au cinéma de Malbaza à une vingtaine de kilomètres de Galmi pendant les week-ends. Et les lundis, mes camarades d’écoles attendent que je leur raconte le film que javais vu. Les week-ends où je suis empêché d’aller, pour les égayer, je devrais improviser et raconter un nouveau film face à leurs « tu nous as déjà raconté ça ! » . De fois, je déforme un film que j’ai déjà justement raconté sans qu’ils ne le remarquent. Ou même, j’invente un … Un jour, alors que je racontais une de ces histoires inventées à mes camarades de classe pendant la récréation, notre « maîtresse », une jeune stagiaire cinéphile, n’a pas raté une miette de mon histoire, je ne le savais pas. Après les cours elle me demanda le titre du film que je venais de raconter. Il y’en avait pas puisque je l’avais inventé…
J’aime le cinéma, c’est tout. Et maintenant que j’ai les moyens de transformer, de raconter mes pensées, de porter un témoigner de mon temps en images et en sons, je vais tout simplement revisiter mon passer, observer mon présent et préparer l’avenir du cinéma nigérien, Insha Allah !

Magori_Sani_HadariParlez-nous de Africain Movie Accademy Awards …
African Movie Accademy Awards, AMAA est une sorte « d’Oscar » du cinéma africain. Au début c’était juste réservé aux films de Nellywood (sorte d’Hollywood du Nigeria) où sont décorés les acteurs du cinéma du Nigéria. Mais après, ils l’ont élargi aux autres cinémas du continent et de la diaspora. Il y a des stars d’Hollywood qui viennent et des grandes personnalités du monde du cinéma. Cette année par exemple, le jury était composé de Monsieur Ayokou Babu, de PAFF (panafrican film festivanl de Beverly Hill) Dorothee Wenners du Berlinale (Festival de Berlin), Monsieur Keith Shiri de London Film festival, Monsieur Bernie Goldbatt (Cinemade, Burkina Fasso) et des invités de marques qui remettent les trophées comme c’était mon cas avec Danny Glover. AMAA est donc un podium où sont décorés les stars « a constellations of Stars » du cinéma africain. Il y a le prix des meilleurs acteurs, meilleurs réalisateurs, meilleurs metteurs en scènes, meilleurs décors, meilleurs montages, meilleurs films. Mon film « Pour le meilleur et pour l’oignon » le seul représentant de l’Afrique francophone dans sa catégorie a remporté le Prix du meilleur documentaire africain. Je l’avais sous titré en anglais, ce qui lui a permis de conquérir les horizons anglophones et j’en suis vraiment fier de ce prix qui honore mon pays le Niger et bien sûr, les habitants de mon village pour qui j’ai fait ce film. Les avantages liés à ce prix sont entre autres l’admission directe de mon film aux festivals américains et londoniens. Il est diffusable dans les pays anglophones donc. La United Banque of Africa UBA qui sponsorise AMAA s’est engagée à entrer dans le financement de mon prochain film documentaire Kukan Kurcia ou le cri de la tourterelle. J’ai fini les repérages et le tournage est prévu entre Octobre et Décembre 2009 Insha Allah.

Justement, ce film " Kukan Kurcia" évoque la situation de la diaspora nigérienne …
Oui en effet, ce film abordera l’universelle question de la séparation de notre terre natale. Il va évoquer cette épineuse question du retour au bercail. Mon père se trouve à Abidjan depuis une quinzaine d’années. Il ne songe même pas à revenir. Il y a beaucoup de ses congénères à Abidjan, Lomé, Accra, Lagos, Bruxelles, New York et de part le monde, qui ne veulent pas rentrer au bercail alors qu’ils sont au crépuscule de leurs âges. C’est souvent leurs dépouilles qui sont ramenées au pays. Il y en a ceux qui croient qu’ils sont oubliés chez eux, ou qu’ils n’ont pas eu ce qu’ils étaient partis chercher dans leurs eldorados, ou c’est plutôt une honte de revenir dans un milieu où ils n’ont plus rien... Ce film que je vais faire avec la cantatrice, la Zabaya Hussey est un cri que je vais lancer à tous ceux qui sont loin de chez eux, à tous ceux qui pensent que leurs familles les ont oubliés pour qu’ils sachent à quel degré ils sont attendus et que le Niger reprend espoir d’une nouvelle génération qui prospère.

Zabaya_husseyComment comptez-vous utiliser la Musique et pourquoi la Cantatrice ?
Lles De tout temps la musique a accompagné les hommes : aux combats, elle leurs donne le courage d’affronter la mort. Quand ils fêtent un événement la musique est là pour rendre précieux ces moments et plus tard les en rendre nostalgiques. Quand ils voyagent, ils emportent leurs musiques et elle devient leurs identités culturelles. Dans ce cas précis de mon film, les chansons de la vieille cantatrice Hussey, 83 ans, avaient une grande influence sur mes parents dans les années de leur jeunesse. Elle apportait beaucoup de chaleur dans les âmes de ses fans, « ma jeunesse » disait-elle. Elle savait les motiver et même les pousser à partir à l’exode rurale à Abidjan, Ghana, mais leurs demandent de revenir avec la fortune pour « épouser des belles filles ». Elle disait aux jeunes filles « méfiez-vous du garçon qui n’a jamais quitté les jupons de ses parents ». Elle disait de celui là est un lâche, un paresseux, un incapable. Et du coup chacun de ses concerts où elle chante l’exil était suivi de départs nocturnes des jeunes gens vers l’eldorado ivoirien où ghanéen. Et depuis il y’en a ceux qui ne sont jamais revenus au bercail. Pendant les nombreuses vacances scolaires que je passais à Abidjan, chez mon père j’avais constaté que ces hommes ne se séparaient jamais de la cassette de la cantatrice Hussey. Cela veut dire que les mots de Hussey « allez à Abidjan chercher fortune… » retentissent toujours dans leurs âmes et leurs servent de prétexte pour rester. Le pouvoir de Hussey sur eux sévit encore et les rend nostalgiques de ce bon vieux temps.
Après de nombreuses tentatives infructueuses de ma grand-mère de ramener mon père au Niger, j’ai décidé d’utiliser les chansons de la vieille Hussey. Je suis allé la trouver au cœur de sa retraite dans son village, Guidan Magagi et je lui ai dit « Hussey, c’est toi qui a poussé mon père et les aderawas à l’exil à Abidjan, avant de mourir il faut que tu me ramènes mon père ». Elle s’est sentie vraiment coupable surtout qu’elle reconnaissait bien la force de ses mots sur les âmes de nos pères. Je lui ai alors proposé de se racheter auprès des enfants des familles vieux fans. Elle va creuser ses vieilles méninges et trouver une nouvelle chanson, « la chanson du retour, le cri de la tourterelle » . Je vais l’amener à Fada N’Gourma (Burkina Faso), à Koumassi (Ghana) et Abidjan (Côte d’Ivoire) terres d’exils de ses vieux exilés. Ce périple vers Abidjan, va successivement nous conduire à ces endroits. Ce sera un long voyage cinématographique (road movie) que nous allons entreprendre avec elle. Le grand concert populaire où le spectateur entendra cette chanson aura lieu bien sûr à Abidjan en Côte d’ivoire où se trouve mon père. L’essentiel dans ce film, n’est pas de voir les gens faire leurs valises aussitôt le concert de la Zabaya fini pour revenir au Niger, mais de donner à la tourterelle (Hussey) l’occasion de porter son message. Car comme on le dit dans un langage populaire au Niger « le cri de la tourterelle est un message que seuls les hommes doués de raisons peuvent comprendre ». Même après sa mort, son cri retentira à travers ce film et dira à tous ceux qui sont loin de chez eux à Abidjan et partout dans le monde, qu’ils sont aimés et attendus chez eux. Ce film portera alors ce message universel au delà des frontières du Niger : « vous êtes aimés et vous nous manquez, revenez chez vous ne mourrez pas là-bas! ».

Vous pensez vraiment que ce film va changer quelque chose dans l’histoire de la diaspora et la vie de la vieille Hussey?
Oui beaucoup de choses vont changer. En tout cas tous ceux qui verront ce film ou entendront l’histoire de la tourterelle (la zabaya Hussey) seront ravis de savoir qu’ils nous manquent tous (nous qui sommes restés au pays) et que ces valeurs qui sont en nous, de nous aimer les uns les autres (perdus sous d’autres cieux) existent encore dans nos âmes. Et plus encore, je connais bien des vieillards à Abidjan qui ne rateront pas cette occasion de revenir au bercail ramenés par leur idole, Hussey la cantatrice. Et pour Hussey, ce film la « ressuscite » parce que beaucoup la croyait morte. Et je vais faire un coffret de ses chansons que je vais associer au DVD du film et elle pourra toucher ses droits. Elle toucher à l’avances ses droits musicaux avant le tournage en Octobre. Et le plus important pour Hussey, elle me l’a dit en acceptant, est que ce voyage sera l’occasion d’une grande retrouvaille avec ces horizons lointains : la dernière fois qu’elle était invitée par ces mêmes fans à Abidjan en 1971 pour chanter, son mari s’était opposé. En ce temps là, il voulait prendre une deuxième femme. Hussey qui l’avait refusé auparavant accepta à condition que son mari la laisse partir chanter à Abidjan. Elle avait donc troqué la polygamie de son mari contre son voyage vers ses fans à Abidjan. Une vieille histoire relie cette vieille cantatrice à ces hommes et ces femmes qu’elle ira chercher au cœur de leurs exils à Fada N’Gourma, Burkina Faso, Koumassi au Ghana et Abidjan en Côte d’Ivoire. Après le concert, Hussey sera soulagée d’avoir fait l’inverse de ce qu’elle faisait à la belle époque. Après ce film quelqu’en soient les résultats Hussey sera soulagée de ne plus souffrir de mes accusations comme quoi elle a poussé nos pères à l’exile. Elle mourra en paix.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes Nigériennes et Nigériens qui voient en vous un modèle ?
Danny_Glover_Magori_SIl n ya pas de model en ce bas monde. Il y a juste quelqu’un qui nous inspire ou qui nous motive. Si quelqu’un trouve que ce que je fais est intéressant ce serait à mon honneur de répondre aux questions spécifiques qu’il serait tenté de me poser.
Quels constats faites-vous aujourd'hui de la situation de la diaspora Nigérienne, et Africaine dans le monde ?
Je sais que vous avez tous mille et une raisons de quitter votre pays. Vous aimez tous vos parents et ils vous manquent tous. Les échos qui vous parviennent par le biais des médias ou vos fréquents coups de fils vous rapprochent de ce Niger… Mais je sais que chacun de vous, même ceux qui sont partis avec l’engagement de ne plus revenir, parce que persécutés, poursuivis ou déçus par des millions de choses, bouillonnent du désir de revoir cette terre natale. Ce désir ardent de retrouvé les rues de Maradi, Zinder, Tahoua, Tillabery, Dosso, Niamey, Konni, Madaoua, Malbaza, Galmi…, je le lis sur vos visages chaque fois que je voyage en Afrique ou en Europe et que je rencontre un de ces frères et sœurs qui n’ont pas remis pied au pays depuis des lustres. A chaque fois, je me permets d’apporter un peu chaleur dans leurs âmes en leurs disant « Vous manquez au Niger aussi ».
La diaspora Nigérienne compte beaucoup pour le développement du Pays, tout le monde le sais. Mais, pour ceux qui sont vieux et qui n’ont personne là-bas (femmes ou enfants) doivent revenir chez eux. Je sais aussi que beaucoup de raisons vous retiennent, beaucoup de choses vous ont poussé à partir. Mais, le Niger retrouve sa belle image économique du bon vieux temps et tout va aller un jour proche. Sachez enfin que nous qui sommes restés au pays c’est cet espoir qui nous retient…

Le mot de la fin ?
N’oubliez pas Dieu où que vous êtes. Il y a malheureusement ceux qui pensent que Dieu est resté au Niger. Une fois partis, ils oublient qui ils étaient. Ils se perdent sans jamais devenir ceux qu’ils rêvent de devenir. Faites très attention, et n’oubliez pas d’où vous venez…
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Tel: + 227 96 06 62 61 Niger
+33 (0)6 73548200 France


Réalisé par Boubacar Guédé et Ismael Mamadou
13 avril 2009
Source: Nigerdiaspora.net

Last modified on mardi, 28 février 2012 13:15

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