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L'air du temps : Contre la flambée des prix, des sanctions s’imposent !

Assane SoumanaOn les attendait au tournant du piège de la tentation. Et, Incha Allahou, ils ont tourné à grande vitesse et sans le moindre coup de klaxon. Vous avez deviné : je parle ici des commerçants véreux aux dents longues. Pour ces derniers, le mois béni de Ramadan est synonyme de bénéfices excessifs sur le dos des pauvres consommateurs.

Et voilà pourquoi, à quelques jours du début du Ramadan, tout le monde était déjà sur ses gardes à l’idée que les ‘’vautours du marché’’ allaient irrésistiblement sévir en s’adonnant à leur jeu favori de l’exaltation de la surenchère. C’est en connaissance de cause que le ministre en charge du Commerce s’est saisi de son bâton de pèlerin pour aller, à travers une série de visites, à la rencontre des commerçants grossistes et détaillants. Objectif : s’assurer que, durant tout le mois béni du ramadan, les prix des produits de grande consommation (notamment le sucre et les céréales) resteront abordables et stables. Aussi bien avec les grossistes qu’avec les détaillants, les échanges ont été bienveillants et rassurants : des engagements ont été pris, des professions de foi ont été faites la main sur le cœur. En un mot, tout était bien ‘’calé’’ pour mettre les consommateurs à l’abri de mercantilisme béat, à la limite de la boulimie financière.

Hélas, tous ces engagements pris n’eurent que l’effet d’un feu de paille. En effet, on ne sait pas par quelle alchimie, les cartons de sucre ont subitement commencé à se faire rares sur le marché. Ainsi, les mêmes causes entrainant les mêmes effets, les manœuvres spéculatrices ont commencé à s’observer autour de la vente du sucre. Sentant venir la flambée des prix (ou peut-être pour la provoquer et l’accentuer) certains commerçants véreux ne se sont faits prier pour compliquer les choses. On parle même de l’achat massif de tous les stocks disponibles sur les différents points de vente de la capitale par un seul et même grossiste, du reste très connu de la place, histoire de se rendre seul maitre du marché du sucre et d’en imposer son prix à la clientèle.

Et voilà que du jour au lendemain, le prix du carton de sucre évolua de façon vertigineuse en allant de 23.000 F à 27.500 F. Même tendance haussière pour les céréales. Par exemple, à la mi-mai, le sac de 100 kg de mil se vendait à 25.000 FCFA chez les grossistes. Aujourd’hui le prix du sac a grimpé de 4 crans pour se hisser à 30.000 FCFA. Et nous voilà avec un surplus de 5.000 F sur le prix du sac de mil, d’un trait, sans aucune raison qui vaille !

Que les commerçants véreux veuillent manipuler le cours des prix sur le marché à leur guise et au grand dam des consommateurs, cela n’a rien de surprenant, tant il est vrai que de telles manœuvres relèvent du domaine du déjà vu et vécu ! Mais là où le bât blesse, c’est de constater qu’ils le font en toute impunité et sans la moindre réaction ni de la part des services compétents du Ministère en charge du Commerce, ni des associations de défense des droits des consommateurs, encore moins des consommateurs eux-mêmes. Pour ces derniers, nous avons voulu une réaction spontanée et générale de boycott de ces produits placés au centre de cette surenchère.

Vivement le retour en force, et en toute rigueur, du service de contrôle des prix qui, jusqu’aux années 1990, assurait la stabilité des prix des produits de première nécessité sur le marché.

Assane Soumana(onep)

03 juin 2017
Source : http://lesahel.org/

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