L'air du temps : Trêve de chamaillerie et d’insultes !

Assane Soumana, DG Onep Mais que se passe-t-il donc ? Comme si nous nous trompons d’ennemi, ces derniers temps, à cause peut-être de la gravité de la situation sur le plan sécuritaire, le torchon brûle dans nos rapports entre nous-mêmes Nigériens. Quel diable a pu nous piquer pour que nous manquions de vigilance jusqu’à jouer le jeu de nos vrais ennemis qui ne sont autres que les groupes terroristes qui nous attaquent et tuent lâchement et injustement nos frères, aussi bien militaires que civils ? Il est sincèrement incompréhensible de voir que, dans ce contexte précis, nous soyons-là à nous chamailler jusqu’à nous invectiver sur des détails. C’est là, une insulte grave à nos valeurs, en l’occurrence la culture de la fibre patriotique, mais aussi de la courtoisie les uns à l’égard des autres !

Usant et abusant des réseaux sociaux, certains concitoyens, qui semblent avoir érigé le langage de l’injure comme seul mode d’expression, ne ratent la moindre occasion pour proférer vertement et publiquement des insultes à l’encontre d’autres personnes avec lesquelles ils ne sont pas en phase sur un sujet quelconque. Pire, cet infâme phénomène, qui jusque-là se limitait aux plus jeunes, s’est désormais étendu au monde des adultes avec l’expansion de WhatsApp, devenu un véritable outil de subversion et de démolition des valeurs traditionnelles et morales chères à notre société.

C’est comme si une vague de violence et d’incivilité doublée de grossièreté s’était installée dans nos moeurs en gangrenant tous les compartiments de notre société. Les choses sont telles que plus personne n’est à l’abri de la hargne vindicative des ‘’insulteurs publics’’ invétérés. Au gré des humeurs, des personnalités publiques, des leaders politiques, des chefs traditionnels, des leaders religieux, et autres Nigériens Lamda sont violemment vilipendés et humiliés à coups d’injures. Le dernier feuilleton en date, assurément le plus improbable, a mis aux prises des marabouts qui en sont arrivés à s’insulter crûment via WhatsApp, au mépris de tous les préceptes de l’Islam.

Non, ce n’est pas nous, ça ! Au Niger, nous n’avons point cette triste réputation d’être des pourfendeurs des règles et principes de bonne conduite, car nous avons tous été à la bonne école d’une société qui bannit l’outrage et l’invective de notre langage. Du reste, en vilipendant les autres, l’insulteur attitré ne fait qu’exposer ses propres carences, quand on sait que l'insulte, c’est l’arme de celui qui n'a ni la culture pour bien s'exprimer, ni l'intelligence pour contrer les arguments des autres. Et n’oublions surtout pas l’adage qui dit que ‘’lorsqu’une insulte n’est pas acceptée, elle appartient toujours à celui qui l’a donnée’’. Et, comme notre société n’accepte pas les insultes….

Trêve de chicane, ressaisissons-nous pour engager nos forces et nos intelligences dans le seul combat qui vaille la peine d’être mené, celui de l’inviolabilité de notre territoire, de notre sécurité et de notre dignité, aujourd’hui gravement menacées par l’hydre terroriste.

Assane Soumana(onep)

24 janvier 2020
Source :http://www.lesahel.org/

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