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L'air du temps : Ces scènes de rue, telles qu’on les aime

Assane SoumanaDes scènes de rue, on en trouve très fréquemment à Niamey. De quoi satisfaire les bandes de curieux qui en raffolent. Un banal accident de la circulation, un incendie ou autre sinistre survient attire son lot de badauds fascinés. Et en peu de temps qu’il n’en faut, les passants s’agglutinent et les  riverains accourent, toutes affaires cessantes, pour dresser une barrière humaine. C’est une telle scène qui s’est offerte à notre regard ahuri, dimanche soir, sur la voie pavée, à quelques encablures du Château d’eau de Yantala, lorsque qu’un automobiliste a renversé un homme qui poussait une charrette de marchandises. Comme une nuée d’abeilles, les riverains ont accouru pour encercler le pauvre accidenté. Etalé au milieu de la foule dressée comme un mur, l’homme était visiblement au bord de l’asphyxie. Et  vous devinez bien pourquoi…Avec toutes ces larges narines déployées pour humer l’air, lui  n’en pouvait trouver que peu d’oxygène. Ces curieux qui ne veulent pas s’en faire raconter, n’ont cure de cette mesure élémentaire du secourisme qui conseille de dégager plus d’espace pour permettre à l’accidenté de mieux respirer.

 

Une scène qui  rappelle une autre, certes moins grave, mais assez révélatrice de l’ardeur du phénomène de la badauderie. C’était aux abords de l’autogare Wadata. Notre attention fut captivée par l’enthousiasme d’une foule d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards, débordant jusque sur la chaussée de la voie principale qui longe la gare. Un coup d’œil furtif au milieu du cercle, et voilà l’objet de cet attroupement: un charmeur de serpents brandissant un gros naja noir visiblement en furie et prêt à cracher son venin !...En véritable maitre de cérémonie, notre charlatan vedette débite pompeusement des formules magiques en proposant à la foule une poudre réputée rendre son consommateur invulnérable aux morsures de serpent…

Que dire, sinon qu’aujourd’hui, plus qu’hier, la curiosité de masse mobilise encore un joli monde à  Niamey. Voilà une réalité dont on pourrait s’offusquer mais qui est criarde pour être tue.

Assane Soumana (ONEP)

21 avril 2017
Source : http://lesahel.org/

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