Orange Money 300%

L'air du temps : Quand l’ostentation saborde le mariage

L'air du temps : Quand l’ostentation saborde le mariageSi les difficultés se trouvaient enfouies à mille pieds sous terre, to Incha Allahou, l’être humain irait les déterrer, quitte à en souffrir après ! C’est la conviction que nous avons eue après une relecture de la situation sur les dépenses liées aux réjouissances de mariages au Niger. En effet, que de fantaisies et de nouvelles pratiques entraînant des dépenses ruineuses et interminables à chaque fois.

Tant et si bien que de nos jours, l’institution mariage a presque tout perdu de son sens et de sa valeur d’antan. Jadis, le mariage n’était pas tant une question d’argent, l’essentiel étant de créer un foyer viable à toutes épreuves pour les jeunes mariés, mieux une alliance très forte entre des familles, voire entre les tribus. A cette époque-là, la formule consacrée du mariage ‘’pour le meilleur et pour le pire’’ trouvait toute son essence.

Mais de nos jours, que constate-t-on ? Dès qu’on parle de mariage, on pense d’abord argent. Du fait des grosses dépenses qu’il implique, le mariage est devenu synonyme de stress pour les jeunes prétendants, ainsi que pour les deux familles. Dire que le pire dans tout cela, ce ne sont pas tant les dépenses essentielles, à savoir la dot et le traditionnel cadeau offert aux parents de la jeune qui grèvent les budgets ! Car en réalité, la bête noire des candidats au mariage, ce sont ces réjouissances ruineuses et inutiles et autres dépenses accessoires propres à déstabiliser le budget des jeunes mariés. Aussi curieux que cela puisse paraitre, dans certains cas, ce sont ces mêmes futurs jeunes mariés qui se mettent la corde au cou en voulant tout bonnement jouer aux plus fortunés. Vous avez constaté que ces derniers temps, les grandes réjouissances se fêtent sous des tentes climatisées avec toute une panoplie d’objets de luxe pour le confort des convives. Folie des grandeurs, quand tu nous tiens !... Aussi, on a vu des cas où l’unité de compte de la dot symbolique s’élève au million. Qu’à cela ne tienne, c’est leur argent… Cependant, il faut craindre l’effet de mimétisme. Car, de là à ce qu’une de ces belles-mères, aux allures de ‘’waïgna’’ gloutonne aux orteils incurvés vers le ciel, exige qu’il en soit ainsi pour la dot de sa fille, c’est très vite.

Et encore, si toutes ces dépenses exorbitantes pouvaient servir de caution pour assurer une certaine pérennité aux liens sacrés du mariage. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Car, quoi de plus écoeurant que de voir quelqu’un engager toute sa richesse dans un mariage et de voir le couple se disloquer quelques jours ou semaines seulement après les cérémonials ? Une telle situation étant devenue de nos jours monnaie courante, on est bien en droit de se demander si les dépenses ostentatoires n’y sont pas pour quelque chose. Par exemple on pourrait bien comprendre l’intolérance d’un jeune marié ayant dilapidé toute sa fortune dans le mariage face à la moindre indélicatesse venant de la jeune mariée déjà perçue d’un certain œil comme un véritable ‘’gouffre à sous’’.

Dans un tel cas de figure il est très facile de comprendre que la première brouille conjugale démolisse d’un coup l’édifice du mariage, le faisant s’écrouler comme un château de cartes. La question est la suivante : allons-nous rester indifférents à cet état de fait et laisser l’argent défaire l’institution sacrée du mariage, au risque de condamner nos sœurs et nos jeunes frères au célibat perpétuel ? A chacun d’en méditer...

Assane Soumana(onep)

19 octobre 2018
Source : http://lesahel.org/

 

Imprimer E-mail

L'air du temps