L'air du temps : Ces cortèges de tous les dangers

Image d'illustration Image d'illustration On l’avait déclaré carrément interdit à un certain moment, mais il est toujours là, visible et vivace dans les rues de Niamey. Il, c’est le fameux cortège d’autos et de motos organisé à l’occasion des réjouissances de mariage. Pour conduire, le soir, la jeune mariée au domicile conjugal. Ces cortèges, vous en convenez, constituent un des facteurs principaux d’accidents par le simple fait qu’ils violent de façon ostentatoire le code de la route, alors même qu’ils sont soumis à une réglementation.

Vous en êtes témoins, pour vous en offusquer, presque en parcourant les rues de la capitale, le week-end entre 21 heures et 22 h30 : les passages des cortèges de mariage sont des instants de grande frayeur pour tous les autres usagers obligés de se planquer sur les bas-côtés pour laisser passer ces bolides lancés à une vitesse démentielle. Il en est de même au niveau des carrefours et autres points de croisement où les cortèges imposent leur loi aux autres usagers en violant royalement toutes les règles du code de la route. Des véritables hors-la-loi aux instincts suicidaires !

C’est ainsi qu’on les voit dévaler en trombe les rues et les carrefours à une allure infernale dans un concert de klaxons, de vrombissements des moteurs, des cris des amis des jeunes mariés souvent assis sur les portières des véhicules. La longue fille d’autos est suivie d’une tonitruante vague de motos généralement montées par des jeunes enivrés, souvent à trois ou à quatre. Ils appellent ça ‘’support à trois’’ ! Et, comme pour en rajouter à la tourmente déjà insupportable pour les passants, les intrépides motocyclistes ont inventé une nouvelle trouvaille consistant à provoquer des pétarades intermittentes lâchées par l’échappement, appuyées d’étincelles trainant sur les chaussées. Tous les ingrédients de la casse y sont réunis. Aussi, la course endiablée se termine par des chutes ou des carambolages, conduisant souvent les joyeux fêtards sur un lit d’hôpital, si ce n’est à la morgue !

Il est vrai qu’avec la profusion des deux-roues qui inondent nos rues et nos routes, on pouvait s’attendre à tout. Mais pas à ce spectacle d’hécatombe. L’imprudence des automobilistes se mêlant à l’intrépidité des motocyclistes, le danger guette à chaque coin de rue. Face à cette situation, il y a lieu de tempérer un peu les ardeurs des uns et des autres pour sauver les vies humaines. Ces cortèges de mariage doivent, à défaut d’une interdiction ferme et formelle, être soumis aux rigueurs de la loi et de la règlementation du Code de la route. Tant il est vrai que, pour sauver des vies humaines, rien n’est de trop.

Assane Soumana(onep)

12 janvier 2018
Source : http://lesahel.org/

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