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L'air du temps : L’inertie coupable des maires

Lair du temps : L’inertie coupable des mairesTandis que dans certaines régions comme Dosso, les populations implorent le ciel pour arroser les terres du Zigui, de l’Aréwa, du Boboye et du Dendi, à Niamey, les gens scrutent les couleurs du ciel avec un tout autre œil : celui de la crainte et du pardon. Crainte de voir des paquets nuageux se dessiner dans le ciel au-dessus de la capitale, pardon et supplication au ciel de tenir ses eaux, un tant soit peu, sinon de pleuvoir avec retenue.

En effet, les pluies déferlantes enregistrées ces derniers temps à Niamey ont déjà fait leurs effets en termes de dégâts. En l’espace de deux semaines, la capitale a ingurgité près de 300 mm d’eau, faisant de la quasi-totalité du sol niaméen, une énorme éponge imbibée de flotte. Devant cette situation intenable, les habitants des quartiers déjà inondés ainsi que ceux des zones hantées par la menace, ont littéralement…jeté l’éponge. C’est à peine si certains ne supplient pas le Ciel d’observer une trêve. C’est le cas des habitants des quartiers périphériques où, la situation a atteint un seuil crucial.

En lieux et place des habitations que des ‘’lacs’’ et des ‘’marées’’. Par exemple dans la zone ZAC ou Koira Kano Nord SONUCI et au quartier Bangabana (Rive droite) où, à la faveur de l’avant dernière pluie qui est venue aggraver les dégâts occasionnés par la précédente de plus de 150 mm, les eaux ont littéralement avalé des pans entiers de ces quartiers. Acculés par les eaux, plusieurs familles n’ont eu d’autre choix que d’abandonner, la mort dans l’âme, leurs habitations baignant dans la flotte, tandis que celles qui sont encore épargnées sont poussées jusque dans leurs derniers retranchements. Idem dans des quartiers comme Banizoumbou, Bassora, Dar-ES-Salam, Bobiel, et autres quartiers marécageux de la capitale.

Une situation qui interpelle une fois de plus les autorités municipales qui pèchent par leur indifférence et leur inaction face aux larmes de leurs administrés. Il est vrai que la ville de Niamey s’accroît à un rythme galopant. Cependant, force est de dire que, dans certains cas, le comportement des responsables des Mairies frisent l’irresponsabilité. . Sinon, comment comprendre qu’un Maire puisse venir narguer des populations sinistrées, déjà submergées par le désarroi, avec un message du genre :’’vous, on connait votre problème, et il n’y a aucune solution pour vous !...’’. Fort heureusement, l’actuel Gouverneur de la région de Niamey, lui, sait écouter les cris d’alarme de ses administrés en détresse. Cette désinvolture de Monsieur le Maire, vient nous édifier à suffisance pourquoi depuis des années, les mêmes causes produisent les mêmes effets, car pour lui un quartier inondé doit rester inondé à chaque pluie, sans qu’aucune mesure ne soit prise par ses services. Voilà pourquoi, depuis des dizaines d’années, des routes et des coins bien connus à Niamey restent impraticables durant toute la saison du fait des eaux qui y stagnent. Assurément, cette situation, que déplorent toutes les victimes des inondations ainsi que les usagers qui endurent les difficultés quotidiennes liées à l’impraticabilité des routes au sein de nos villes, vient nous édifier sur la pertinence des récentes mesures prises par le Conseil de ministres pour relever de leurs fonctions certains maires indélicats qui pensent plus à satisfaire leur boulimie financière qu’à résoudre les difficultés réelles qui tracassent leurs administrés.

Assane Soumana(onep)

07 juillet 2017
Source : http://lesahel.org/

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