vendredi, 28 octobre 2016 05:16

L'air du temps : A mariage WhatsApp, divorce shap-shap

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Mariage Divorce NigerCélébré avec enthousiasme et surtout à grandes pompes, le mariage n’en est pas moins sujet, de nos jours, à de multiples problèmes. Le phénomène du divorce est devenu de plus en plus criard qu’il constitue de nos jours une réelle menace pour l’équilibre du tissu familial, voire social. Pour peu qu’il n’en faut, les couples se disloquent au grand dam des enfants, victimes collatérales directes de cette déchirure.

Face à ce état de fait, on est bien en droit de se demander si on n’est pas en train d’assister à une faillite progressive de l’institution même du mariage. Il faut dire que, autrefois, le mariage était soigneusement préparé et noué avec toutes les précautions et les rigueurs requises pour assurer au couple une viabilité et une endurance à toutes épreuves. Au-delà des deux futurs mariés, leurs familles sont fortement impliquées dans la consolidation des liens.

De nos jours, point de précautions. On décide de se marier, sans même prendre soin de se connaître. Parfois, sur un simple coup de tête, et souvent même par le biais des réseaux sociaux. Ainsi, par WhatsApp ou sur Facebook, on s’échange des photos relookées et envoûtantes, simplement parce que prises en mode 360, ou par la magie d’autres applications spécialement conçues pour rendre tout le monde tout beau, tout chic sur les photos. Sur la foi des images, on s’emballe et on envoie la dot ! Vite fait, et voilà le mariage ! Et dès les premiers jours de vie conjugale, c’est la grande désillusion. Commencent alors les scènes de ménage à n’en plus finir sur fond de ‘’tankataféri’’ ou de ‘’tona assiri’’, à coups d’injures et d’échanges de coups de poing. Désormais, le linge sale se lave en public, puis on enterre le mariage.

Pourtant, d’aucuns ont voulu croire, qu’avec tout le cortège de dépenses connexes incompressibles qu’il implique, le mariage pourrait cimenter les bases de sa pérennité sur le credo des sacrifices financiers consentis. Hélas, ce n’est pas le cas ! Et, comme si un malin génie jouait à défaire les nœuds sacrés, la quasi-majorité des mariages célébrés avec ardeur et à grands frais, ne franchit même pas le cap de la première année de vie conjugale. Aussi, de façon quasi-quotidienne, des couples s’empoignent pour se trainer au tribunal ou chez le cadi pour des demandes de divorce. Selon les statistiques, à Niamey, on déplore en moyenne 600 cas de divorce prononcés par an, rien qu’au niveau de l’Association Islamique du Niger (AIN). En en 2008, c’est 837 cas de divorces qui ont été enregistrés, tandis qu’en 2009, on en a dénombré plus 950, devant la même instance de l’AIN.

Assane Soumana(onep)
28 octobre 2016
Source : http://lesahel.org/

Last modified on vendredi, 28 octobre 2016 05:43

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