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Afrique terre d'avenir : Tout le monde y croit sauf les Africains eux-mêmes

Afrique Resources Naturelles Africa « Quand je regarde l’Afrique, je vois en effet le continent de l’avenir. L’Afrique est en train de connaitre une transformation sans précédent, avec une croissance continue depuis 2000, l’urbanisation et l’essor des classes moyennes, le développement du secteur privé et une jeunesse créative et dynamique. Il y a bien entendu des défis que l’Afrique devra surmonter : la démographie, les pandémies ou le dérèglement climatique qu’elle subit, les inégalités et la faiblesse de la gouvernance. Mais je suis convaincu que l’Afrique surprendra le monde par son dynamisme », a répondu d’Emmanuel Macron. Intéressant !

Les chiffres confortent l’analyse de Macron. Le rapport 2017 du Forum Mo Ibrahim souligne que parmi les 25 pays au taux de croissance le plus élevé entre 2000 et 2014, 10 sont africains.

Mais le fait que les jeunes africains continuent de mourir dans la Méditerranée en Libye en tentant de rejoindre l’Europe est un signe que les jeunes africains ne partagent pas cet optimisme. Alors pourquoi ce contraste ? Parce que la croissance des pays africains ne profite pas aux Africains eux-mêmes. Normalement, quand un pays connaît la croissance économique d’un pays s’améliore, il devrait y avoir plus d’emplois, donc moins de chômage. Or, selon toujours le rapport Mo Ibrahim, alors que le taux de croissance en Afrique a tourné autour de 4,5% ces dix dernières années, le taux de chômage, lui, n’a pas du tout diminué. En Cote d’Ivoire par exemple, l’un des pays à la croissance la plus élevée sur le continent, le taux de croissance a passé de moins de 2% en 2006 à 8% en 2016. Mais le taux de chômage des jeunes n’a pas diminué pendant la même période.

Au Sénégal, pendant cette même période, le taux de croissance est passé d’un peu plus de 2%  à un peu plus de 6% en 2016, mais là aussi le chômage des jeunes n’a que très peu diminué.

Que faut-il conclure de cette tendance ? Que les richesses produites sur le continent profitent en grande partie aux entreprises étrangères qui engrangent de grands profits et les élites au pouvoir se partagent le gâteau, sans améliorer la vie de leurs citoyens et des jeunes africains en particuliers.

Comme le disait récemment le rapport Deloitte, « c’est la gouvernance qui doit déterminer comment les revenus des ressources sont réinvestis dans le capital humain nécessaire pour faire croître des économies africaines solides ». Aussi longtemps que les gouvernements africains n’investiront pas les richesses produites sur le continent dans l’intérêt de leur population et particulièrement au profit de leurs jeunesses, l’Afrique restera un continent d’avenir seulement pour les autres et non pas pour les Africains eux-mêmes.

Avec thisisafrica

08 mai 2017
Source : http://www.afriquemedia.tv/

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