Un nouveau modèle de développement en Afrique

Africa Developpement AfriqueLe XXIe siècle sera africain... ou ne sera pas, pour paraphraser la fameuse prophétie sur le fait religieux attribuée à André Malraux. La formule ne relève pas seulement de la réthorique. Nombre d'économistes, études à l'appui assurent que la croissance de l'Afrique constituera bientôt le moteur le plus puissant du développement mondial. Et le groupe CFAO, dont la présence sur le continent remonte à 1887, entend plus que jamais en être. A la fin du XIXe siècle, l'ex-Compagnie française de l'Afrique occidentale s'inscrivait dans le mouvement de ce qu'il faut bien appeler « l'économie coloniale ».

Aujourd'hui, il s'agit d'emboîter le pas d'une économie mondialisée dont CFAO est à son tour comme un symbole : un propriétaire japonais, la maison de commerce Toyota Tsusho Corporation (TTC), un patron français, Richard Bielle, un siège parisien (à Sèvres pour être précis) et des activités dans 53 des 54 pays du « continent noir », grâce à l'apport des actifs africains de TTC (lire ci-dessus). Cette opération, qui pourrait placer CFAO avec près de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires parmi les principaux groupes panafricains, marque aussi l'avènement d'un nouveau modèle de développement en Afrique. Maisons de commerce, fondées essentiellement sur l'importation de biens d'équipement et de consommation, CFAO et TTC deviennent aussi des industriels locaux.

Afro-réalisme

« La crise de croissance que connaît l'Afrique montre bien que son modèle de développement ne peut se fonder sur ses seules ressources en matières premières et sur les importations. Le continent a besoin d'étoffer son tissu industriel et, ensemble, CFAO et TTC participent à l'organisation de cette transition », explique Richard Bielle. Le nouveau CFAO comptera ainsi en juin prochain 15 unités industrielles en Afrique.

La vision de long terme de sa maison mère et ses capacités financières lui permettront d'engager des projets de développement toujours plus complexes à monter, toujours plus lourds à financer, mais prometteurs de création de valeur. « L'Afrique s'est mise en mouvement, elle ne va pas s'arrêter », prophétise à son tour Richard Bielle, qui, à l'afro-optimisme béat de certains, préfère l'afro-réalisme.  

ANTOINE BOUDET
Source : https://www.lesechos.fr/i

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