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Interview

Saidou Halidou 02Le 6 septembre dernier, s’est tenue à Niamey, la cérémonie de notification des actes de transfert de compétences et de ressources de l’Etat aux collectivités territoriales. Quelle est la signification d’une telle cérémonie pour les acteurs de la décentralisation ?
La cérémonie intervenue le 6 septembre 2017 sous le Haut patronage de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, est l’aboutissement d’un long processus enclenché au lendemain de la Conférence Nationale Souveraine. Il faut en effet rappeler que, c’est à la suite de ce grand forum national et dans le droit fil de ses recommandations pertinentes, que le Niger s’est engagé dans un vaste chantier de réforme institutionnelle principalement axée sur la décentralisation et qui s’est traduit par la création des communes et des régions et des collectivités territoriales.

Cependant, depuis leur installation respectivement en 2004 et 2011, les communes et les régions sont restées sans compétences précises. Certes, elles ont bénéficié de la clause de compétence générale que le législateur leur a reconnue par anticipation, et qui a placé ces nouvelles collectivités dans une situation qui les amène à intervenir souvent, sous pression, dans des domaines qui ne relèvent pas toujours de leurs compétences. Ces premières interventions des communes et des conseils régionaux, témoignent certes d’une volonté d’agir, mais elles restent fragmentaires et étroitement liées à des contingences locales.

En consacrant la notification officielle des actes réglementaires portant transfert des compétences et des ressources de l’Etat aux communes et aux régions, la cérémonie intervenue le 6 septembre 2017 est certes d’apparence symbolique, mais elle est d’une grande portée, en ce sens qu’elle marque le point de départ du processus de responsabilisation des collectivités territoriales et certainement de leur montée en puissance dans le paysage institutionnel nigérien.

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