Forfait Albarka

Interview du président du Comité d’organisation du Forum interparlementaire sur les TIC à Niamey : «Notre objectif ici est (...) de bâtir une législation la plus complète possible pour notre pays dans ce vaste domaine des TIC», déclare l’honorable Salifou

Salif Mayaki Forum interparlementaire TIC NiameyAujourd’hui s’ouvre à Niamey un Forum interparlementaire autour des questions de TIC et de développement dans l’espace CEDEAO. Organisé par l’Assemblée nationale il réunit plusieurs dizaines de participants dont des parlementaires des pays membres de la CEDEAO, des experts et spécialistes des TIC ainsi que des invités membres de la société civile du secteur privé et des ONG qui vont, trois jours durant, plancher sur le thème « harmonisation des cadres politique et juridique des TIC dans l’espace CEDEAO ». Nous avons, en prélude à la tenue de ce Forum, donné la parole au Président du Comité d’organisation, le député Salifou Mayaki.

L’Assemblée Nationale du Niger organise un Forum sur les TIC, qu’est ce qui a amené à inscrire une question aussi technique que sont les technologies de l’information et de la communication au sein du débat parlementaire ?

Le Parlement est avant tout multidisciplinaire. Au delà de la fonction ordinaire de parlementaires parmi nous il y a des spécialistes formés dans divers domaines et c’est le cas dans le domaine des TIC. Et mieux l’Assemblée nationale a mis en place un réseau parlementaire sur les TIC dont nous sommes un des membres. Ceci dit nous sommes partis d’une réflexion à partir d’une dépêche d’un journaliste qui faisait cas du Niger classé au bas de l’échelle des TIC en Afrique. Nous savons par ailleurs que les textes de loi sont les éléments fondamentaux de la mise en œuvre des politiques.

Et le Parlement n’est pas là seulement pour être saisi par le Gouvernement mais qu’il a aussi l’initiative des lois. C’est pourquoi nous avons décidé d’initier ce Projet pour, d’une part, amener l’ensemble des nigériens et les parlementaires que nous sommes à échanger avec nos homologues de la CEDEAO : voir quels sont les exemples de réussite, nous en inspirer et mettre le résultat en œuvre pour faire avancer notre pays dans ce domaine. Car très souvent on nous a opposé l’argument que « c’est les textes qui n’existent pas ».

Notre objectif ici est, par la transposition des textes et des expériences des autres pays, bâtir une législation la plus complète possible pour notre pays dans ce vaste domaine des TIC, rendre leur usage et leurs champs d’application possibles. D’autre part amener les nigériens à « consommer facilement » ces TIC. Pour vous donner un exemple, pas plus tard que la semaine dernière nous avons voté la loi sur les données à caractère personnel dont le but est de régir l’utilisation de ces données et de protéger la confidentialité de certaines informations que véhiculent ces données et la vie privée des citoyens. Cela, pour vous dire que les actes additifs et les textes de la CEDEAO doivent être transposées dans les juridictions nationales.

Ce travail même tarde à être fait au niveau de l’ensemble des pays. Le forum de Niamey sera sur ce plan une occasion d’évaluer les choses. Chacun passera au tableau pour dire ce qui a été fait en termes de textes transposés, ce qui reste à faire et quelles sont les pesanteurs ?

Quand on parle des Technologies de l’Information et de la Communication on parle d’un univers sans frontières il nous faut donc donner une grande dimension au forum que nous organisons, ne pas nous limiter à notre seul pays et cela d’autant plus que les exemples des autres sont indispensables pour nous.

Quel est le profil des participants que va réunir le forum de Niamey ?

C’est d’abord des parlementaires. Comme vous le savez chaque Parlement compte en son sein un Réseau ou une Commission en charge des questions des TIC. Le forum va essayer autant que possible de réunir les membres de ces Réseaux ou Commissions plus maintenant le panel d’experts et spécialistes des TIC des différents pays même en dehors de la CEDEAO. Ils vont se retrouver et plancher sur des thèmes comme la cybercriminalité, les réseaux sociaux, l’exploitation que font les gens de l’internet des informations compilées dans les bases de données (data base).

L’organisation de votre forum requiert apparemment beaucoup de ressources que certainement l’Assemblée nationale à elle seule ne dispose pas ou bien vous avez d’autres sources de financement ?

Pour l’organisation de ce forum nous allons nous contenter du peu que nous avons. Mais au delà de la question des ressources financières ou même humaines ce qui compte c’est la motivation et l’engagement des uns et des autres. Il y a d’abord celui du Président de l’Assemblée nationale, SE M. Ousseini Tinni, et des autres députés qui constituent pour nous la vraie ressource. Pour le reste ce n’est que matériel les relations aidant nous allons y arriver surtout que nous avons des entités qui vont participer en tant que sponsors.

Propos recueillis par Mahaman Bako (ONEP)

03 mai 2017
Source : http://lesahel.org/

Imprimer E-mail

Interview