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Maman Bachir Abdou, maire de la Commune Urbaine de Mirriah : «Nous remercions le Président de la République et le Gouvernement pour avoir fait de la question du changement de comportement une priorité nationale»

Maman Bachir Abdou, maire de la Commune Urbaine de Mirriah : «Nous remercions le Président de la République et le Gouvernement pour avoir fait de la question du changement de comportement une priorité nationale»Monsieur le maire, comment se présente la commune de Mirriah ?

La Commune Urbaine de Mirriah a été créée le 27 juin 1988 ; c’est une Commune qui a trente (30) ans d’existence. Pour ce qui est de la population, au dernier recensement général de la population et de l’habitat, la Commune a compté 80 126 habitants. Si on travaille avec le taux d’accroissement, on peut l’estimer à 90 000 voir

100 000 habitants. La commune a une superficie de 621 Km2. En ce qui concerne la situation géographique, la commune est limitée à l’Est par la Commune Rurale de Hamdara, au Nord par la Commune Rurale de Zarmou et celle de Gafati, à l’Ouest par la Commune Rurale de Kolaram, au Sud la Commune Rurale de Gouna et celle de Wacha dans le département de Magaria. Pour ce qui est de la composition ethnique, la commune compte des Haoussa, des Zarma, des Peul, des Béribéri et des touareg. L’agriculture est la principale activité économique. A ce niveau, il y a deux formes de cultures : la culture pluviale et la culture de contre saison à travers les différents sites comme celui de Falki qui couvre environ 800 hectares, les sites de Koutaro Haoussa et Bougajé qui couvrent respectivement 75 et 50 hectares et plusieurs autres petits sites, à Gatchira, Gagouram et Jan-Kaya.

Notre Conseil Municipal est composé d’un conseil élu et un conseil de droit, dont les membres sont désignés de droit. Le Conseil élu compte 14 membres (des conseillers élus), dont deux femmes. Le conseil de droit est composé du chef de Canton de Mirriah, du Chef du Groupement Touareg, du Chef du Groupement Peul et quatre (4) députés nationaux.

Pour ce qui est des   documents de travail, la mairie dispose de son plan de développement communal (PDC) réactualisé en 2015 et il est à moins d’une année de son terme. La Mairie est dirigée par un exécutif composé du Maire et de son Adjoint.

Au mois de septembre 2017, l’Etat a consacré le transfert de compétence aux collectivités dans un certain nombre de domaines. Quelle lecture faites-vous de cette nouvelle étape dans la décentralisation ?

Effectivement, tout le monde a témoigné de ce transfert de compétences et de ressources de l’Etat aux Collectivités Territoriales dans les secteurs concernés. Il s’agit du secteur de l’éducation, de la santé, de l’hydraulique et de l’environnement. Par rapport à cette question, il y a eu trois réunions : celle du lancement, la réunion de notification des actes et dernièrement la réunion de mise en œuvre.

Pour certains secteurs comme l’éducation, la mise en œuvre est effective. Pour les autres secteurs, nous avons besoin d’accompagnement des services techniques pour mener à bien cette mission. Surtout le soutien de l’Etat au niveau central pour qu’il nous aide à réussir la mission confiée désormais aux collectivités. Cette affaire concerne tout le monde : l’Etat et les citoyens doivent chacun en ce qui le concerne apporter son appui.

Monsieur le maire, les collectivités territoriales, au Niger, d’une manière générale, font face à des difficultés dans la mobilisation des ressources internes. Est-ce que dans votre commune les administrés arrivent à satisfaire leurs obligations fiscales ?

Les difficultés dans la mobilisation des ressources internes comme vous l’avez dit est un problème d’ordre général, qui ne nous épargne pas. C’est un problème que nous connaissons ici. Mais, nous sommes en train de faire un travail à la base pour améliorer cette situation. Les principales actions que nous faisons sont de la sensibilisation et des actions que l’Etat est en train de mener. Nous organisons aussi des voyages d’étude dans les pays voisins, au profit des agents de mobilisation des impôts et taxes et les contribuables. Ces voyages ont pour objectif de stimuler les différents acteurs et de leur permettre de voir comment ce travail se fait dans ces pays. Je pense que la gestion de la Commune est une affaire de tous et chacun doit jouer sa partition pour que nous réussissions le développement commun ensemble. Pour que les communes marchent bien, il faut que des solutions soient trouvées face à l’incivisme fiscal.

Monsieur le Maire, quelles sont les potentialités de la Commune de Mirriah ?

Comme je l’ai dit tantôt, l’agriculture est une grande potentialité de la commune. Parce que les sites de cultures de contre saison retiennent une grande partie de notre population dont en majorité les jeunes. Parce que, à Falki, qui occupe environ 800 hectares, il y a plus de 3 000 producteurs. Au regard de leur nombre, nous sommes en train de les aider à s’organiser, à travers une coopérative qui regroupe 5 Organisations des producteurs.

Aussi, la commune dispose d’un grand marché à bétail et la Mairie est en train de structurer la gestion pour qu’elle en tire plus de bénéfices. A travers le PRODAF, nous bénéficions de la construction d’un marché de demi-gros, qui va permettre à la Mairie de bénéficier de beaucoup d’avantages. Il y a aussi le grand marché hebdomadaire de Mirriah, qui est fréquenté par des commerçants des autres localités du Niger et ceux des pays voisins comme le Nigéria. Nous avons des gares routières et un abattoir. Tout cela constitue des atouts pour la commune.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontées dans l’exécution de vos missions ?

Les principaux problèmes, c’est la mobilisation des ressources internes. L’autre défi, c’est la sécurité même si chez nous, nous ne connaissons pas de difficultés majeures sur cette question. Mais, je pense que le changement des mentalités est la plus grosse difficulté à laquelle nous faisons face. Nous remercions le Président de la République et le Gouvernement pour avoir fait de cette question du changement de comportement une priorité nationale. Sans changement des mentalités, on ne va nulle part. Il faut que les uns et les autres le comprennent et acceptent de changer.

Propos recueillis par Ali Maman(onep)

22 mars 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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