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Interview du Gouverneur de Maradi, M. Zakari Oumarou : « Le Programme Maradi Kolliya a non seulement embelli la ville de Maradi, mais mieux, il a permis de booster l’économie régionale avec plus de 60 milliards injectés »

Zakari Oumarou Maradi KolliyaMonsieur le Gouverneur de Maradi, comment se porte votre région ?
Question difficile à répondre d’un seul coup, tant les éléments à prendre en compte sont nombreux. Mais d’une manière générale, mises à part les conjonctures nationales et internationales, la Région de Maradi se porte bien. N’eurent été quelques contingences climatiques fâcheuses, j’allais même dire qu’elle se porte très bien, en tout cas mieux que certaines régions du pays, en termes d’opportunités et de vitalité économiques, de sécurité, de gouvernances locale et régionale, mais également de développement tout court.

S’agissant de « contingence climatique », je voudrai alerter sur les pénibles réalités que vivent nos administrés du nord et du nord-est dont les terroirs ont été affectés cette année par une succession de calamités naturelles allant de la pluviométrie irrégulière, aux vents destructeurs de semis et aux criquets ravageurs. Au finish, dans cette bande située au nord de la région, ce sont quelques 877 villages qui sont directement affectés par les « effets du changement climatique ». Car à notre sens, la combinaison de ces trois éléments est la résultante de changement climatique extrême. Voilà sur le plan conjoncturel, notre urgence du moment.

Sinon sur le plan structurel, malgré ses performances économiques évidentes, Maradi c’est surtout un gros défi démographique. L’ISF ici, d’après les chiffres qui circulent, est de 7.9 enfants par femme. C’est le plus élevé du Niger. Conséquemment, le taux de croissance de la population qui est de 4,16% est également le plus élevé du pays, ce qui a des conséquences sur tous les autres indicateurs de développement humain. On est ici en face d’un vrai paradoxe, où l’économie la plus dynamique est confrontée aux indicateurs de développement humain les plus faibles du pays. Notre rôle ici consiste en effet à travailler avec tous les acteurs pour que la région de Maradi tire le maximum de dividende démographique.

Cela fait un an que le président de la République a entamé un second mandat. Beaucoup de choses sont en train d’être réalisées dans le cadre du programme de la renaissance 2. Quand est-il du secteur de la santé dans la région de Maradi ?

On parlait tantôt d’indicateur de développement. Le taux de couverture sanitaire dans la région est de 44,62% en 2015. Il s’est nettement amélioré certainement en 2017 et, est sans commune mesure avec celui de 2010, c’est-à-dire avant la mise en œuvre du programme de Renaissance. Il y a des avancées certaines. Et pour mieux comprendre ces avancées, il faut se rendre sur le terrain. Donc, concrètement, ce sont plusieurs centres de santé équipés qui ont été construits, l’ensemble des structures sanitaires existantes ont vu la qualité de leurs plateaux techniques renforcée, des dizaines de Médecins, sages-femmes et infirmiers ont été recrutés, tous les districts sanitaires ont été équipés d’au moins une ambulance.

Aujourd’hui, le tissu sanitaire dans la région de Maradi se présente comme suit : un CHR en pleine rénovation, un centre de santé de la mère et de l’enfant (CSME), 06 hôpitaux de districts, 09 Districts sanitaires, 155 CSI, 462 cases de santé, 01CRTS, 03 formations sanitaires des FDS, 53 cabinets médicaux et salles de soins, 04 cliniques privées, 07pharmacies publiques et 04 pharmacies privées, 06 dépôts pharmaceutiques privés, 02 chambres froides. Et pour compléter ce tableau, un hôpital général de référence et un hôpital ophtalmologique sont en construction.

Enfin, il faut noter que si sur les 155 CSI, 14 seulement ont un médecin, 149 disposent d’au moins 02 agents chacun. Il est aussi à signaler que 12 nouveaux CSI vont ouvrir leur porte cette année ; ce qui améliorera sensiblement le taux de couverture sanitaire de la région. Cette évolution très remarquable s’observe dans tous les secteurs sociaux de base.

L’I3N occupe une place de choix dans ce programme de Renaissance. Peut-on savoir par des exemples concrets ce qui est fait dans ce domaine ?

Comme tout le monde le sait, avant l’avènement du programme de Renaissance, l’intervention de l’Etat dans le domaine agricole en particulier, se limitait à quelques tracteurs et quelques périmètres irrigués pour simplifier l’image de cette politique. A partir de 2011, il y a eu deux changements majeurs. Le premier est programmatique en ce sens que pour la première fois une vraie politique agricole et nutritionnelle chiffrée est mise en place et appelée « Initiative3N » les Nigériens Nourrissent les Nigériens ».

Le deuxième changement est qualitatif et stratégique. Avec les partenaires de la région, nous travaillons pour accroitre la résilience de l’agriculture familiale face aux chocs extérieurs. Et l’un des axes de cette stratégie c’est d’accroitre l’accès aux marchés des producteurs de la région. D’où justement la construction de plusieurs marchés céréaliers et maraichers dans les différents pôles de production. Le dernier de ces marchés dit « marché de demi gros » a été inauguré il y a 3 mois de cela à Djirataoua ; plusieurs autres ont été construits ou sont en train de l’être ainsi pour les marchés à bétail dans la région.

Autour de ces marchés céréaliers, maraichers ou à bétail, l’Etat et ses partenaires de l’agriculture dont le leadership est assuré par le FIDA, sont en train de mettre en place un maillage de pistes rurales pour non seulement faciliter l’accès au marché par les producteurs, mais également procéder à l’inter connexion des zones de production. D’ores et déjà, j’ai personnellement réceptionné plusieurs pistes rurales dans différents bassins de production. Donc concrètement, nous sommes en train de travailler pour évoluer de « l’agriculture de subsistance » vers une « agriculture entrepreneuriale ».

En matière de sécurité, l’on constate que les autorités de notre pays, à tous les niveaux s’impliquent pour que les nigériens dorment en paix. A Maradi, comment se présente la situation sécuritaire ?

La situation sécuritaire à Maradi et dans la région est calme et totalement maitrisée. Nos FDS sont à pied d’œuvre et ratissent quotidiennement la région pour que les populations « dorment en paix » comme vous le dites.

Cela dit, le risque zéro n’existant pas en matière de sécurité, nous ne dormons pas sur nos lauriers. Nous communiquons quotidiennement avec la population, notamment dans les zones frontalières, sur leur contribution pour assoir cette sécurité. Partout où nous sommes passés, nous avons fait comprendre aux communautés qu’elles sont pleinement responsables de la sécurité de leur environnement immédiat et par ricochet, de celle du pays…

Cette dynamique endogène de gestion de la sécurité a donné ses résultats les plus éclatants ; récemment quand les FDS du département de Madarounfa, sur information des communautés vivant autour de la forêt classée de Baban Rafi, ont neutralisé une cellule terroriste venue probablement en éclaireur en vue d’implanter une base arrière. Un membre de la cellule a été tué, 2 ont été capturés et un arsenal militaire avec des moyens de transmission ont été trouvés avec eux, et depuis, le sud de la région est sous contrôle permanent des forces de l’ordre.

Maradi a accueilli en 2015 la fête tournante du 18 décembre. A cette occasion beaucoup de réalisations ont été faites dans la ville de Maradi et dans les départements. Dites-nous quel est l’impact de ces réalisations dans la vie socio-économiques et le bien-être des populations de la région ?

C’est indéniable, le Programme Maradi Kolliya a non seulement embelli la ville de Maradi, mais mieux, il a permis de booster l’économie régionale, avec plus de 60 milliards qui sont injectés dans ce programme. Le programme a donné des contrats à plus de 100 entreprises, lesquelles ont créé plus de 10 000 emplois.

Aujourd’hui la ville de Maradi, c’est un décor nouveau, c’est plus de fluidité dans la circulation et moins d’accident, c’est aussi une ville suffisamment éclairée, une ville dotée d’infrastructures sociales telles que la tribune officielle ou le stade régional pour ne citer que celles qui sont terminées.

Mais le programme n’est pas terminé, il continue de plus belle. Beaucoup de chantiers ont évolué et sont au stade de finition. C’est le cas notamment des sièges de la trésorerie régionale, du Conseil Régional, de l’ORTN, des groupements de la police, la garde nationale, des sapeurs-pompiers et au niveau de certaines cités. Autre satisfaction, c’est aussi les travaux des caniveaux qui sont quasiment terminés, ce qui veut dire qu’on ne connaitra plus les désagréments de la saison hivernale passée.

Malgré ces avancées, on a toujours quelques petits soucis, notamment avec les entreprises chinoises qui ont arrêté les travaux, alors qu’elles sont bénéficiaires des chantiers parmi les plus emblématiques. Je citerai entre autre l’arène des jeux traditionnels, la maison de la culture et l’académie des arts martiaux. J’ose espérer que ces chantiers redémarreront à nouveau très bientôt.

Il faut aussi noter que le programme Maradi est en train d’être accompagné par les partenaires de notre pays avec des réalisations très importantes dans divers domaines ; je citerai entre autres : l’hôpital général de référence aussi moderne que celui de Niamey, l’hôpitalophtalmologique qui n’a rien à envier à l’hôpital Makkah de Niamey, le dépôt de la SONIDEP, l’Université Mariam Abatcha, l’abattoir frigorifique moderne, le nouveau marché à bétail moderne, le nouveau complexe douanier, les 2 nouveaux châteaux d’eau d’une capacité de 2000 m3 chacun, la télévision régionale d’Etat (la 1ère du genre), etc; c’est une somme de plus de 200 milliards qui est en train d’être injectée dans la ville de

Maradi en plus du programme Maradi Kolliya. Qui dit mieux ?

Sur le plan énergétique, on parle de l’éventualité de connecter bientôt la ville et la région de Maradi au réseau de la SORAZ. Comment Maradi compte tirer profit de cette aubaine ?

L’on sait qu’en effet, beaucoup de villes nigériennes sont confrontées à un problème d’approvisionnement en électricité, surtout en cette période de grande chaleur. Mais cette situation est en passe d’être réglée par les autorités de la 7ème République avec la mise en service de la station de Gorou Banda et la connexion des villes de l’intérieur à la SORAZ.

En ce qui concerne Maradi et sa région, les travaux de connexion aux installations de la SORAZ sont déjà terminés. Je l’ai constaté moi-même en procédant à une visite sur les chantiers de raccordement. Les habitants de Maradi et de la région le ressentent présentement, car il n’y a quasiment plus de coupure résultant d’un faible approvisionnement. D’ailleurs, des travaux d’extension du réseau sont en cours dans la ville de Maradi pour enterrer près de20 000 m de câble électrique dans 15 quartiers périphériques pour installer 7700 nouveaux compteurs « à prix modérés» ou branchements promotionnels.

Cela veut dire que nous avons désormais la possibilité de faire plus de branchements et surtout transporter cette électricité jusque dans les zones les plus reculées de la région. Cela va sans conteste doper notre économie qui dépend pour l’essentiel de la fourniture de l’énergie.

Propos recueillis par Tiémogo Amadou, ANP-ONEP Maradi

04 avril 2017
Source : http://lesahel.org/

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