Interview du Secrétaire général de la Préfecture de Konni, « Sur les 15.000 ha de terres fertiles, seuls 6.000 sont exploitables en année normale » confie M. Ahmed Ag Tahirou Sadick

Interview du Secrétaire général de la Préfecture de Konni, « Sur les 15.000 ha de terres fertiles, seuls 6.000 sont exploitables en année normale » confie M. Ahmed Ag Tahirou Sadick Le département de Konni, occupe la partie Sud­-ouest de la région de Tahoua à 417 km de Niamey la capitale et 133 km du chef lieu de la région de Tahoua. Il est limité à l’Est par le département de Malbaza, à l’Ouest par celui de Dogon Doutchi, au Nord par le département d’Illela et au sud par la République Fédé­ rale du Nigeria. Il couvre une superficie de 3.671 km² soit 3,01% de l’étendue de la région. C’est un vaste plateau dominé par l’Ader Doutchi que traverse la Maggia d’Est en Ouest. Le département compte une commune urbaine (Birni N’Konni) et trois (3) communes rurales (Alléla, Bazaga et Tsernaoua). L’autorité traditionnelle se manifeste à travers un canton et un groupement. La population pratique essentiellement l’agro­pastoralisme et le commerce.

Quelles sont les potentialités que renferme votre département ?
Vous savez, le département de Konni est traversé par la MAJIA surtout dans sa bande sud et regorge des terres très fertiles avec un potentiel irrigable de 15.000 ha. Mais à peine 6.000 ha sont exploités en année normale ; les ressources en eau sont aussi importantes. La profondeur de la nappe varie de 1,5 à 8 m selon les sites et les pé­riodes. Il ya aussi le périmètre irrigué d’une superficie exploitée en hivernage de 2.452 ha qui en culture en irriguée varie de 700 à 900 ha selon les années. Ce périmètre est en passe d’être réhabilité par le millenium challenge corporation MCC. A cet effet, une équipe d’étude est déjà là sur le terrain. Et si tout va bien, les travaux de réhabilitation débuteront inch Allah en septembre 2018 et cela sera un ouf de soulagement pour nos vaillantes populations car au ­delà de Konni nous pouvons nourrir toute la région de Tahoua. Une autre potentialité non moins importante est le commerce entre nous et notre voisin le Nigeria. Pour rendre exploitables ces potentialités, il faut mettre en valeur les terres irrigables à travers la réalisation d’infrastructures hydro­agricoles ; il faut prévoir des infrastructures de stockage et des unités de transformation des produits, appuyer les producteurs en intrants ; prévoir un programme de renforcement de capacités des producteurs. S’agissant du commerce transfrontalier, des mesures sont en train d’être prises pour sa promotion avec le lancement du corridor Tahoua Sokoto­ Zamfara­ Kebbi. Dans le domaine de la culture aussi, notre département regorge d’importants sites touristiques qu’il faut recenser et revaloriser. Les populations de Konni organisaient dans les temps anciens des fêtes traditionnelles à l’exemple de « CHARO » et la fête annuelle des AZNA de Massalata très bénéfiques pour leur caractère de cadres d’échange et de brassage.

Le processus de la dé­ centralisation au Niger a connu une étape décisive dans notre pays à travers le transfert des compétences en septembre dernier de quatre secteurs stratégiques de l’état central vers les collectivités territoriales, comment comptez­-vous accompagner les municipalités dans leurs nouvelles responsabilités ?
Oh ce n’est pas du tout facile mais nous les accompagnerons au fur et à mesure à travers des orientations et des conseils car vous n’êtes pas sans savoir que ces secteurs à transférer à la Mairie sont des services sociaux de base. Il s’agit notamment de l’éducation, la santé, l’hydraulique et l’environnement. Et qui dit social dit charges auxquelles il faut prêter une attention particulière. Bref ce sont des secteurs difficiles à gérer, surtout celui de l’enseignement primaire.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face dans l’exécution de votre mission ?
La principale difficulté est l’insuffisance des appuis des partenaires techniques et financiers. Konni est un département parfois lésé à cause de son voisinage avec le Nigeria qui fait croire à beaucoup que les populations s’auto­suffisent dans leur ensemble ; ce qui n’est pas le cas. Sur le plan sé­curitaire aussi, nous faisons face à d’énormes défis dus à la porosité de la frontière avec le Nigeria et à l’insuffisance en ressources humaines dans les corps des forces de défenses et de sécurité. Malgré des efforts consentis par l’Etat ces dernières, beaucoup des trafics nous échappent du fait de la multiplicité des pistes rurales qui nous relient au Nigeria. La gestion et la prévention des conflits entre agriculteurs et éleveurs constituent aussi une préoccupation.

Par Oumarou Moussa et ! Hassane Daouda Envoyés spéciaux 
17 janvier 2018
Source : http://www.lesahel.org/

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