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Interview du Président de la FENIFOOT «Il faut qu’on arrête de mettre le football dans les fadas, dans le verbillage et dans les bagarres. Il faut qu’on ramène le football dans les stades», déclare le Colonel Major Djibrilla Hima Hamidou

Interview du président de la FENIFOOT «Il faut qu’on arrête de mettre le football dans les fadas, dans le verbillage et dans les bagarres. Il faut qu’on ramène le football dans les stades», déclare le Colonel Major Djibrilla Hima HamidouM. le président, le championnat national de ligue 1 a débuté le 23 décembre dernier sur tous les stades du pays et se poursuit normalement. Comment avez-­vous préparé cette compétition majeure de la Fédération Nigérienne de Football ?
On a pris du retard sur le début du championnat à cause de deux aspects essentiels que sont l’aspect organisationnel et l’aspect financier. Mais nous avons surtout été retardés aussi par notre première participation à la coupe du monde avec le Mena cadet. Vous savez que cette compétition a pris toute notre attention et a éclipsé la pré­ paration du championnat. Donc, on s’est focalisé sur la coupe du monde avant de se consacrer à la fin sur l’organisation de notre compétition nationale qui est le championnat national de ligue 1. Fort heureusement, on a pu quand même démarrer ce championnat en décembre alors qu’il est sensé commencer en octobre. Il faut reconnaître qu’on traîne toujours des difficultés financières inhérentes à notre participation à la coupe du monde des cadets, parce que nous avions consacré beaucoup de nos ressources pour la préparation de cette équipe­là et pour sa participation à cette compétition. Des ressources qui sont normalement sensées aller dans la préparation des compétitions nationales, dans le championnat et dans les activités de la FIFA et de la CAF. Voilà les raisons pour lesquelles nous avions commencé tard, mais nous espé­ rons pouvoir aller jusqu’au bout.

On a retrouvé avec plaisir à l’entame de ce championnat des clubs de certaines régions absents lors des championnats précédents. Quelles sont les initiatives que la FENIFOOT prend pour rehausser le niveau de la pratique du football dans nos régions ?

C’est un signal que nous avions voulu donner au niveau de la FENIFOOT, pour démontrer que nous ne restons pas sourds aux critiques et autres aspirations des gens. C’est pour cela que nous avions voulu créer les conditions pour permettre à certaines ré­gions de pouvoir participer, et étaler davantage le championnat national, car le reproche a toujours été fait que tous les clubs sont concentrés au niveau de la capitale. Il faut reconnaître qu’avec les nouvelles reformes, ce sont les moyens qui font le football. C’est cela qui explique la situation qu’on vit aujourd’hui. Nous avions voulu tout de même essayer de trouver des solutions, des mécanismes pour permettre à certaines régions de participer d’autant plus que nous comptons faire la réforme des compétitions. Voilà pourquoi nous avions créé les conditions pour essayer de faire monter certains clubs en fonction des investissements que nous avions faits dans les diffé­rents stades régionaux pour faire vivre ces stades-­là.

Il faut reconnaître qu’en ce début de championnat, la plupart a compris notre message. Mais certains, comme l’Espoir de Zinder, sont en difficulté. Je profite de vos colonnes pour attirer l’attention des ressortissants de cette région. Cela doit être une fierté pour eux que leur équipe se maintienne, et qu’on dise qu’il y a au moins une équipe de Zinder qui est en première division. A Maradi, ils ont pris une initiative. Le président de la ligue de Maradi a convoqué tous les clubs de Maradi pour leur dire : « A Maradi, nous n’avons qu’un club en première division, le Jangorzo FC. C’est notre repré­sentant régional ; donc, il faut que nous fassions tout pour qu’il ne descende pas en division infé­rieure ». Ils se sont entendus, et les autres clubs ont libéré leurs joueurs au profit du Jangorzo FC. Si les gens ont ce genre d’attitude, ils maintiendront forcément leur club en première division. Il faut que cela se fasse au niveau de toutes les régions. Il faut que les gens soient jaloux de leur jeunesse pour permettre à leur équipe phare de monter en ligue1. Voilà notre aspiration, et ce sera l’idéal pour nous si toutes les ré­ gions du Niger peuvent avoir au moins une équipe en division d’élite. Cela permettra à tous les Nigériens de vivre la compétition nationale de l’élite. C’est vers cet objectif que nous sommes en train de tendre. Et nous espérons pouvoir y arriver.

M. le président, les clubs civils traditionnels sont en régression depuis quelques années ; certains ont même disparu de la division d’élite. Quelle solution préconisez­-vous pour arrê­ter l’hémorragie ?

Je pense que c’est le même problème que je viens d’expliquer concernant les régions. Les gens ne se consacrent plus à ça. Les gens parlent plus qu’ils n’agissent. Les acteurs de ces clubs ­là et les quartiers auxquels ces clubs sont rattachés sont amorphes. Ils se sont mis dans une position de « standby » qui n’est pas bien pour le football. Mais par contre, ils aiment dire que ce n’est pas normal qu’il y ait des clubs corporatistes qui émergent. Mais le football, qu’on le veuille ou pas, est aujourd’hui une question de moyens. Comme l’a dit mon grand frère Djagoundi, le football est tel qu’aujourd’hui celui qui ne suit pas le rythme, disparaît. Malheureusement, c’est comme cela. Mais je dis que si les gens mettent l’effort et l’envie de faire éclore leurs équipes, cela peut se refaire. Ces clubs­là sont rattachés à des quartiers ; ils ont de l’engouement. Mais tous ces gens là qui parlent et qui se plaignent, ils sont où quand leurs clubs sont en difficulté ? Je suis au regret de dire que même quand j’étais président de l’AS FAN, je me débrouillais pour que certains clubs ne périclitent pas. Pourquoi les gens de ces clubs­ là n’ont pas ce même reflexe ? Les gens issus de ces clubs ont été à la tête de la fédé­ration, pourquoi ils les ont laissés s’écrouler ? Un des exemples que je peux donner est celui de la JST, qui s’est créée et qui a disparu. Comment expliquer cela ? Il faut qu’on arrête de mettre le football dans les Fadas, dans le verbillage et dans les bagarres. Il faut qu’on ramène le football dans les stades. Et c’est faisable, si réellement les gens mettent leur fierté de côté et viennent par amour pour ce football. Ça sera salutaire.

Le 16 juillet dernier, les acteurs du football nigérien vous ont renouvelé leur confiance en vous donnant un troisième mandat à la tête de la FENIFOOT. Est­ce que cela représente pour vous une juste récompense d’un travail bien fait ?

En tout cas, c’est ce que tout le monde dit. Aujourd’hui, je remercie en premier lieu ces clubs qui m’ont fait confiance et qui ont dé­ montré une reconnaissance par rapport au travail fait, ainsi que tous les Nigériens. Cette élection a été tellement médiatisée qu’aujourd’hui, partout où je vais, même à l’extérieur, les gens me félicitent pour le travail fait. Tout le monde reconnait que c’est le mérite qui a été récompensé. J’ose croire que c’est réellement cela et je remercie les Nigériens par rapport à ça. Il faut reconnaître que c’est aussi un fardeau, car je suis en devoir d’essayer de faire encore mieux et de pouvoir encore mériter leur confiance, et démontrer qu’ils ne se sont pas trompés. Ce dernier mandat est un challenge pour moi.

M. le président, vous avez quatre nouvelles années pour refonder le football nigérien. Quelles seront vos grandes priorités pour ce mandat ?

Pour ce mandat, comme je l’ai dit, c’est la finalisation des sièges des ligues régionales et les stades ré­ gionaux qui me tiennent à cœur. Après cela, comme je l’ai dit pendant la campagne électorale, je me consacrerai à la vie des clubs, pour la restructuration de ces clubs et pour leur donner les moyens de pouvoir survivre, et de créer une élite.
Réalisée par Oumarou Moussa

12 janvier 2018
Source : http://lesahel.org/

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