Interview de M. Boureima Sadou, Préfet du département d’Illéla «Des efforts restent à faire pour l’exploitation complète de la vallée de Badaguichiri qui, une fois bien exploitée, contribuera énormément à la sécurité alimentaire»

Boureima Sadou 01Le département d’Illéla est situé dans la partie sudouest de la région de Tahoua. Il couvre une superficie de 3986 Km2. Il est limité au Nord par le département de Tahoua ; au Nord­ est par celui de Keita ; à l’Est par Bouza ; au Sud par le département de Konni et a l’Ouest par le département de Bagaroua. La ville d’Illéla, chef­lieu du département est distante de 63 km de la ville de Tahoua et de 523 km de Niamey, la capitale du Niger. Avec l’avènement de la décentralisation, le département est subdivisé en trois communes dont une commune urbaine Illéla et deux communes rurales à savoir Badaguichiri et Tajaé. Le département compte 153 villages administratifs repartis dans les communes comme suit : 74 pour Illéla ; 52 pour Badaguichiri et 27 pour Tajaé.

Quelles sont les potentialités dont regorge votre dé­ partement ?

En termes de potentialités dont dispose le département d’Illéla, on peut parler de la vallée de Badaguichiri. Cette vallée est très importante dans la mesure où elle est propice aux activités de cultures irriguées et pluviales. C’est ainsi que dans le cadre de l’initiative 3N, elle a fait l’objet de beaucoup attentions avec notamment la réalisation des seuils d’épandage pour retenir l’eau. La vallée de Badaguichiri est une richesse inestimable en termes de contribution à l’atteinte des objectifs de l’initiative 3N.

De manière générale, le Niger dispose d’énormes potentialités qui ne demandent qu’à être exploitées, existe t­il dans votre département des potentialités qui sont encore inexploitées ?

Dans le cadre de l’accroissement de la production agricole, on peut dire qu’au niveau de la vallée de Badaguichiri, il y a encore des terres qui ne sont pas exploitées. Nous savons que ces terres peuvent considérablement accroitre la production si elles sont mises en valeur. C’est dire que des efforts restent à faire pour l’exploitation complète de la vallée. Une fois qu’elle est bien exploitée, je pense qu’elle va contribuer énormément à la sécurité alimentaire. Cette dernière est extrêmement importante pour les autorités de la 7ème République. Le Chef de l’Etat a pris l’engagement, dès son arrivée à la magistrature suprême de notre pays, que la sécheresse ne soit plus synonyme de famine.

Cette année, c’est le cheflieu de région de votre dé­ partement qui a abrité les manifestions de la fête tournante du 18 décembre, quel a été le niveau d’implication de votre entité pour la réussite de cet événement de portée nationale ?

Le niveau d’implication du dé­ partement d’Illéla est très fort. En tant que préfet du département d’Illéla, j’ai dirigé de la commission Infrastructures. Il y a beaucoup des membres qui étaient là à mes côtés pour que nous puissions travailler les lieux avant le jour de la fête. Je crois que nous avons eu une très grande responsabilité et un fort degré de participation. Au niveau communal, il faut noter que tous les maires sont impliqués. Ils ont participé, aux cotes d’autres cadres de la région, dans certaines commissions. Nous avons aussi donné des idées pour que la fête soit belle.

Mieux, le Chef­lieu du département d’Illéla a hébergé tous les Chefs coutumiers qui vont participer à cette fête. Nous considérons que nous avons été pleinement impliqués dans l’organisation de cette fête surtout notre département est le plus proche de la ville de Tahoua, soit 63 Km. « On peut dire que nous sommes un quartier de Tahoua Sakola ». En outre, il faut aussi relever que les jeunes ; la société civile et les associations féminines, bref toutes les sensibilités se sont fortement impliquées pour que Tahoua Sakola soit une réussite totale. C’est le lieu d’ailleurs de rendre un hommage mérité aux populations d’Illéla pour leur réponse par rapport à l’appel que nous avons lancé pour une forte mobilisation en vue d’accueillir nos hôtes.

Le processus de la décentralisation au Niger a connu une étape décisive dans notre pays à travers le transfert des compétences en septembre dernier de quatre secteurs stratégiques de l’Etat central vers les collectivités territoriales, comment vous compter accompagner les municipalités dans leurs nouvelles responsabilités ?

Comme vous l’avez si bien dit, en septembre dernier les secteurs de l’éducation ; de la santé ; de l’hydraulique et de l’environnement ont été visés en termes de transfert de responsabilité au niveau de collectivités. Je crois que c’est une très bonne chose. La philosophie qui est dernière le transfert de compétence est toute simple. Il s’agit pour les communes de prévoir des rubriques pour la prise en charge de ces secteurs concernés par le transfert pour que ces domaines sociaux soient viables. Ce sont des secteurs pour lesquels il faut beaucoup porter une attention particulière pour le développement de nos communautés.

Le développement d’un pays passe par le développement des secteurs sociaux. A titre d’exemple, il faut avoir suffisamment d’eau à boire avant de penser à faire des cultures irriguées. Il faut assurer une bonne éducation aux enfants et disposer d’un système de santé performant pour soigner les populations. Tout ceci doit se passer dans un environnement sain. Le programme de la renaissance a fait une radioscopie de tous ces paramè­ tres avant de décider de responsabiliser les communes. L’objectif de ce programme est l’atteinte du bien être des populations nigé­riennes.

Dans le cadre de ce transfert, il faut que les communes se rassurent que l’Etat va les accompagner à travers des ressources à la hauteur de la mission. Le transfert de compétences est une expression de la démocratie administrative. De ce point de vue, il faut certainement renforcer notre système démocratique.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face dans l’exécution de votre mission ?

Dans toute mission, il y a des difficultés. La première difficulté dans l’exercice de nos fonctions est visible tout de suite. Vous voyez que nos locaux sont vétustes. Il faut des infrastructures viables qui imposent le respect, l’autorité que nous incarnons ici surtout que la région de Tahoua est une vitrine en raison des frontières qu’elle partage avec d’autres pays. Autres difficultés, c’est que les préfectures n’ont pas de budget. Il faut souvent se tourner vers les mairies pour pouvoir répondre à certains défis sachant très bien qu’elles mêmes ont des difficultés. Malgré ces problèmes, nous sommes en train de nous battre du mieux qu’on peut pour répondre aux diffé­ rents défis conformément aux objectifs du programme de la renaissance.

Réalisée par Oumarou Moussa Et Hassane Daouda

12 janvier 2018
Source : http://lesahel.org/

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