Entretien avec le Directeur régional de la Police Nationale de Dosso à propos de la recrudescence de l’insécurité dans la ville de Dosso

Moutari Mamadou DoumbiaAu cours du mois de décembre dernier, la ville de Dosso a été secouée par une vague d’actes criminels ayant fait plané une atmosphère d’insécurité au sein de la Cité des Djermakoye. En effet, des conducteurs de taxi moto ou Kabou Kabou ont déjà perdu leur vie dans cette situation. Le dernier meurtre est le cas d’une jeune femme de 23 ans qui a été assassinée dans un établissement scolaire. Face à cette insécurité, les forces de défense et de sécurité ont été mobilisées pour permettre à la population de la ville de vivre en toute quiétude. Le directeur régional de la police nationale de Dosso, le Commissaire principal de police Moutari Mamadou Doumbia évoque dans cet entretien les dispositions prises dans ce sens.

Monsieur le Directeur régional de la police nationale de Dosso, comment réagissezvous face à cette vague d’actes criminels qui fait planer l’insé­ curité au sein de la ville de Dosso ?

Nous avons déjà pris des dispositions au niveau de la région parce que nous avons un cadre de concertation qui est le conseil régional de sécurité qui réunit les différents responsables de la sé­ curité et des structures de l’administration dont la justice et le gouvernorat. Régulièrement on se réunit autour du gouverneur qui préside le conseil dont je suis le coordonnateur pour parler des questions de sécurité. Chacun donne son point de vue et on prend les dispositions qui s’imposent.
À l’issue de notre dernière réunion du conseil de sécurité, il a été envisagé d’intensifier la patrouille. C’est ainsi qu’on a sollicité et obtenu de la collectivité un appui conséquent indépendamment de l’appui traditionnel que nous recevons de nos institutions.
Durant dix jours, du 20 au 31 dé­ cembre, les forces étaient en patrouille mixte nocturne renforcée de 22 heures jusqu’au petit matin pour ramener la tranquillité dans la ville de Dosso. Indépendamment du conseil régional de sé­ curité, nous avons un cadre de concertation qui concerne uniquement les responsables de la sécurité de la région. D’autre part, nous avons des services techniques spécialisés de la police qui nous appuient lorsqu’on est confronté à une situation assez délicate. Cela a été le cas lors de la dernière affaire d’assassinat d’une jeune femme à Dosso.

« Toutes les dispositions sont prises pour permettre aux populations de vivre en toute quiétude », assure le Commissaire Moutari Mamadou Doumbia 

A propos du cas précis de cette femme qui a été retrouvée assassinée, que doit-­on retenir ?

C’est effectivement une jeune dame de 23 ans qui a été assassinée dans un établissement scolaire. On a été aidé par les forces techniques de la police judiciaire et de la police scientifique qui se sont mises sur le dossier et on a conjugué nos efforts et interpelé tous ceux qui de près ou de loin sont concernés par cette affaire dont l’auteur principal a d’ailleurs reconnu les faits. Il y a cependant quelques zones d’ombre qui restent à clarifier parce qu’on a compris que le coupable n’a pas agi seul. Le mobile selon lui c’est pour des besoins sexuels. Il a fait des avances à cette jeune dame qui a refusé et il a préféré utiliser la force pour arriver à ce crime ignoble. Malgré tout, l’enquête se poursuit.

Quelles sont les dispositions prises par vos services pour permettre à la population de Dosso de vivre en toute tranquillité ?

La population de Dosso doit faire confiance à sa police en particulier et à toutes les forces de dé­fense et de sécurité en général. Toute personne qui a des informations concernant une personne suspecte ou qui souhaite partager toute information, peut venir à la discrétion à la police où un service spécialisé a été ouvert à cet effet. Nous avons également une branche qui est chargée des relations avec le public. Je saisis cette opportunité pour lancer un appel aux populations pour qu’elles comprennent que la police et les autres forces de dé­fense et de sécurité sont là pour elles. Si ces populations ont des propositions concrètes, la police est à leur écoute ; nous les recevrons dans la discrétion et elles verront les résultats.

Comment se caractérisent les rapports entre les FDS et la population de Dosso ?

Disons qu’au niveau de la Direction régionale de la police nationale, nous avons adopté une politique visant à promouvoir les liens d’une police de proximité avec la population. Ainsi, nous tissons et entretenons de bons rapports avec la population qu’on fréquente pour lui montrer l’importance de la sécurité et demander son appui et sa contribution parce qu’on est convaincu que la police et les autres forces ne peuvent pas, à elles seules, sécuriser toute la ville. Nous avons également au niveau de la direction ré­ gionale de la police initié l’ouverture d’une boîte à idées qui permet au citoyen, qui hésite à venir à la police rapporter un fait, d’écrire et de glisser sa correspondance dans la boîte à idées. Chaque jour, on ouvre la boîte pour voir s’il y a des idées nouvelles qu’on peut exploiter au niveau du staff de la DRPN ou si cela nécessite un partage avec les autres forces de défense et de sécurité. La société civile nous fréquente assez régulièrement parce qu’elle a compris qu’on se bat pour le bien de la population. D’autre part, à chaque fois qu’on a des ateliers ou des formations nous faisons en sorte que la société civile soit représentée pour lui permettre de voir que la police d’aujourd’hui est différente de la police qu’elle connait.

Mahamane Amadou ONEP­ANP/Dosso 

10  janvier 2018 
Source : http://lesahel.org/

 

Imprimer E-mail

Les Résidences Goggodou : Le coin chic pour se loger à Niamey

Interview