Interview du Président du conseil régional de Zinder, M. Moutari Ousmane «Le programme Zinder Saboua fait partie des évènements qui vont avoir un impact certain sur le développement de la région»

Moutari Ousmane Zinder SabouaMonsieur le Président du conseil régional de Zinder voulez-­vous bien nous parler du fonctionnement du conseil que vous dirigez ?

Pour vous faire de la genèse, je rappellerais que la région de Zinder a été érigée en collectivité territoriale à partir des élections de 2011. Elle fait donc partie de sept (7) régions à avoir eu ce statut et à être insérées dans l’architecture institutionnelle de la République. Avec une superficie de plus de 155.000 km2 presque la superficie du Sénégal et une population estimée autour de 4millions d’habitants si on fait la projection à partir du RGP/H de 2012, la région de Zinder est l’une des plus grandes entités régionales. Pour parler du conseil régional, il faut tout de suite préciser qu’il est à la fois un organe délibé­rant et exécutant c’est­- de développement économique régional le PDER 2016­2020 touchant tous les secteurs de développement et plus particulièrement les secteurs économiques, sociaux et culturels. Nous sommes actuellement en train d’élaborer le schéma d’aménagement foncier. A côté de tout cela le PDER prévoit des plans d’actions et d’investissement annuels ainsi que le budget annuel que nous élaborons. Nous venons juste de tenir, le 16 décembre passé, notre session budgétaire pour l’année 2018. Voilà pour ainsi résumer comment la planification de notre action de développement est faite. à-­dire jouant le rôle du législatif et de l’exécutif de la région. Nous avons donc un organe délibé­rant composé de 41 conseillers élus auxquels s’ajoutent huit (8) représentants de la chefferie traditionnelle et les 33 députés élus dans la circonscription ré­gionale de Zinder, étant entendu que ce sont les conseillers élus qui ont droit de vote. Ensuite, à côté de cet organe nous avons l’exécutif du conseil qui, lui, est composé du président du conseil régional, assisté des deux vice­ présidents. Nous tenons des sessions ordinaires, en principe quatre, au cours de chaque année et deux sessions extraordinaires au moins. C’est les sessions qui décident du budget, qui instruisent l’exécutif de conduire la mission de développement incombant au conseil régional.

Le conseil régional de Zinder dispose­-t­-il d’un plan de dé­veloppement régional ?

Vous savez, le conseil régional est responsable de tous les documents de planification pour le développement de la région selon le code général de collectivités territoriales qui nous donne pour mission de nous occuper de l’ensemble des questions de développement, les questions sociales, économiques et culturelles et sportives, étant entendu que l’Etat se réserve les missions régaliennes. Etant donc responsables de tous ces documents, nous avions élaboré le schéma régional de l’aménagement du territoire le SRAT/Zinder. C’est vraiment le document global de planification du développement de la région et d’aménagement du territoire régional. Nous avons en outre élaboré le plan de développement économique régional le PDER 2016­2020 touchant tous les secteurs de développement et plus particulièrement les secteurs économiques, sociaux et culturels. Nous sommes actuellement en train d’élaborer le schéma d’aménagement foncier. A côté de tout cela le PDER prévoit des plans d’actions et d’investissement annuels ainsi que le budget annuel que nous élaborons. Nous venons juste de tenir, le 16 décembre passé, notre session budgétaire pour l’année 2018. Voilà pour ainsi résumer comment la planification de notre action de développement est faite.

Qui dit plan d’actions de dé­veloppement dit mobilisation des ressources financières. Dites-­nous comment le conseil régional de Zinder parvient­-il à mobiliser lesdites ressources pour accomplir sa mission ?

Effectivement ! Mais lorsqu’on parle de mobilisation de ressources, il faut savoir d’abord quelles sont ces ressources ré­gionales mobilisables. Le conseil régional et la collectivité région disposent d’un certain nombre de ressources prévues par le CGCT. L’article 233 de ce code parle d’abord de la dotation globale de fonctionnement fournie par l’Etat. En plus de cela, il y a les impôts et taxes ré­trocédés par l’Etat aux collectivités. Outre ces ressources fournies par l’Etat, nous avons celles du fonds d’appui à la dé­ centralisation et le fonds de pé­réquation que l’ANFICT repartit aux collectivités et régions. Mais pour certaines régions ayant des ressources minières ou pé­trolières, il y a un pourcentage qui revient à la région. Pour ce qui concerne notre région qui dispose d’une raffinerie, nous avons la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) collectée par l’Etat et versée à la région. Et cela a commencé depuis 2014 grâce à la modification du code pétrolier. Mais jusque­ là vous allez me dire que vous n’avez pas vu où la région mobilise ces ressources. La mobilisation des ressources se fait par les services déconcentrés et nous avons l’obligation d’aider ces services à aller chercher ces impôts et taxes. C’est surtout cela notre contribution. Mais nous avons aussi l’obligation de faire du lobbying pour que le processus d’allocation des fonds puisse se faire avec la plus grande diligence. A titre illustratif au titre de la TIPP, l’Etat doit à la région plus de 4 milliards à la date du 31 dé­cembre 2016. Il nous revient d’aller plaider pour que la ré­gion entre dans ses droits et nous gardons bon espoir. Mais nous avons aussi d’autres pistes que nous empruntons pour mobiliser des fonds ou des moyens.

Comme la coopération décentralisée par exemple ?

Effectivement. Mais la coopération décentralisée est la formule générique qui revêt plusieurs formes. Qu’il s’agisse d’une collectivité décentralisée à une autre ou d’une collectivité à une structure d’une autre nature nous avons des liens de coopération. Nous avons une coopération avec certains états fédérés du Nigeria comme celui de Kano et son parlement. Actuellement une école bilingue est en cours de construction dans le cadre de cette coopération pour un investissement d’environ 1,5milliard F CFA. Dans le cadre de la santé, nous sommes en contact avec l’état de Jigawa pour des échanges d’expériences. Dans le même ordre d’idée, nous sommes en train de préparer un document de coopération avec la région de Fatik au Sénégal pour l’amé­lioration de la filière caprine. Nous voulons nous inspirer de leur expérience acquise dans le cadre de leur coopération avec la région française de PoitouCharentes qui les a aidés à améliorer et à valoriser cette filière notamment en termes de production de viande, de lait et de fromage. Comme vous le constater, la coopération décentralisée se fait aussi bien avec les collectivités décentralisées de l’intérieur qu’avec celles de tous les continents. En ce qui nous concerne, nous allons prospecter toutes les pistes de coopération mutuellement bé­néfiques pour les populations.

M le Président, concrètement qu’est­ce que le conseil ré­ gional de Zinder a fait en termes de réalisations dans les secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation, l’agriculture l’environnement etc…. ?

A mon avis, le premier acte à mettre à l’actif du conseil régional, c’est d’avoir réussi à imposer le conseil dans l’échiquier institutionnel de la région contrairement aux années anté­rieures où cela n’existait pas. Avant il n’y avait que les communes créées en 2004 et qui peinaient à s’affirmer en tant qu’entités décentralisées. Le conseil régional a progressivement pu prendre place dans le cœur de la population qui le considère comme une administration de recours, une administration d’écoute, de dialogue et de participation. Nous sommes devenus comme une administration de médiation dans la gestion de certains conflits pour ramener la sérénité, la quiétude sociale. Nous avons aussi instauré une culture de débat public dans tous les domaines de la vie. Par exemple, je suis personnellement président du conseil régional de santé et nous tenons des assises pour parler de toutes les questions et préoccupations. Nous apportons des appuis divers aux structures de santé qui relèvent de notre ressort. Il faut aussi mettre à l’actif du conseil régional, la transformation du centre des femmes fistuleuses en hô­ pital de district. Dans le secteur agricole, le conseil a fourni un appui en produits phytosanitaires. Mais là où le conseil a peut­être beaucoup fait de réalisations, c’est dans l’éducation. Nous avons donné des appuis en tables­bancs aux établissements primaires et secondaires et même à l’Université. Nous avons organisé un forum régional sur l’éducation qui a diagnostiqué tous les maux dont souffre le secteur dans la région et dégagé les perspectives.

La région dont vous êtes le président du conseil régional abrite actuellement la 39ème édition du Sabre National, comment les populations accueillent cet évènement ?

La lutte fait partie de la tradition du Nigérien. Sa pratique remonte à des temps immémoriaux et la participation populaire se faisait par tous les moyens. Il y a toute une panoplie d’apports physique, financier, matériel et même alimentaire des populations. Cela n’a pas beaucoup changé puisque l’engouement est très présent. La population de Zinder est fortement mobilisée comme on le constate et tout se passe bien.

La fête tournante de la République sera célébrée en 2018 à Zinder, comment le conseil régional prépare­t­il sa participation pour accompagner le comité national d’organisation pour la réussite de Zinder Saboua?

Il faut souligner que tout ce qui concerne le développement économique, social et culturel de la région relève de la responsabilité du conseil régional. Or des évènements comme Zinder Saboua font partie des évè­nements qui vont avoir un impact certain sur le développement de la région. Il est de notre mission de participer pleinement et sans réserve. Je suis heureux que ce soit mon ami et collègue Mahamane Mansour Hadj Dado qui est désigné pour diriger le comité national d’organisation de Zinder Saboua en tant que président du conseil régional mais également en tant que membre du comité national d’organisation. Nous allons, je le redis, pleinement joué notre rôle au sein dudit comité et apporté tout ce dont nous avons pour la réussite de cet évènement qui va contribuer, nous le souhaitons effectivement au développement de toute la région. !

Réalisée par Zabeirou Moussa Envoyé spécial

 28 décembre 2017
Source : http://lesahel.org

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