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Entretien avec M. Djibo Bagna, président de la plate forme paysanne du Niger sur la campagne agricole au Niger

Entretien avec le président de la plate forme paysanne du Niger sur la campagne agricole au NigerLa campagne agricole s’installe progressivement sur l’ensemble du territoire. Comment se présente la situation actuellement ?
La campagne s’installe progressivement sur l’ensemble des huit régions du Niger, mais à des degrés différents. Il y a des régions qui ont semé à hauteur de 80 à 90%. Cependant, il y a des poches comme par exemple dans la région de Tillabéry. Cette situation est due à l’insécurité notamment aux attaques qui ont causé la perte des semis. Donc, les populations sont obligées de les reprendre. Aussi, des vents très violents ont emporté les semis dans certaines localités. Les échanges que j’ai eus avec les responsables régionaux, ont révélé que dans certains endroits, les gens ont mêmes fini les premiers cerclages. Ils sont en train de tendre vers le deuxième cerclage. Cette situation se retrouve dans toutes les régions du Niger. Mais, dans la partie sud du pays, il y a quelques avancées. En termes d’observation, certaines localités ont enregistré des pluies depuis le mois d’avril. On a également observé des sécheresses. Ce qui nous amène à nous référer aux évaluations faites par l’AGRIMET, qui a annoncé qu’il est probable qu’on enregistre 50 jours de sécheresse. La dernière fois quand j’ai échangé avec un certain nombre de producteurs, ils disent qu’ils ont enregistré des sécheresses de 34 voire 38 jours. On est dans cette fourchette. Dans d’autres localités on enregistre une abondance des pluies dues aux effets du changement climatique. Un autre phénomène qu’il convient de souligner est que ces fortes pluies entrainent l’érosion qui commence à avancer avec des dégâts au niveau des sites maraichers et des aménagements hydro agricoles. Dans la zone de N’Dounga par exemple, deux digues ont cédé, emportant les animaux, sans compter les pertes en vie humaine enregistrée sur l’ensemble du territoire National. Toutes ces choses sont liées au changement climatique. On observe des pluies de 200 mm, c’est normal que les maisons en banco cèdent. On doit s’organiser pour voir comment affronter ce phénomène.

Que dire alors de la période de soudure en période hivernale ? Et à propos déficit agropastorale ?

Il faut reconnaitre que chaque année, à cette période là, il y a l’Etat qui procède à des ventes à prix modérés pour alléger la souffrance des populations. Ce qui apporte une solution au niveau des communautés à la base. Les prix qui sont proposés sont abordables bien que certaines personnes mêmes avec ces prix ne puissent pas se procurer de quoi manger. D’où la distribution gratuite faite par l’Etat et certaines ONG. A ce niveau, il faut reconnaître que certaines localités, n’ont pas bénéficié, cette année, des vivres suffisants à l’exemple de Tondikiwindi , qui bénéficiait de 200 tonnes et qui s’est retrouvé avec 80 tonnes. On sait qu’au niveau international aujourd’hui, il y a des difficultés à mobiliser les ressources et le Niger seul ne peut pas faire face à toutes ces difficultés. On a des difficultés que ces stocks puissent être au niveau des zones vulnérables. Par exemple pour l’aliment bétail, on a amené les aliments bétails dans les zones reculées, mais le problème persiste au niveau du centre. Fort heureusement dans certaines localités les gens commencent à avoir du fourrage. C’est un ouf de soulagement pour les éleveurs. Par contre au Nord, il y a encore des difficultés. J’ai reçu récemment des éleveurs venus d’Agadez, qui n’ont signalé que dans la zone comprise entre Tahoua et Agadez, il y a des difficultés parmanque d’intrants et les animaux souffrent. Cette situation, on la rencontre un peu partout. Récemment les acteurs de l’Association pour la Redynamisation de l’Elevage au Niger (AREN) ont rencontré le gouverneur de Tillabéry, pour exprimer leur besoin, de créer des postes où les éleveurs peuvent avoir des intrants et des céréales, parce que les éleveurs aussi en ont besoin. J’ai également discuté avec les pêcheurs qui rencontrent les mêmes difficultés. Il n’y a pas de poissons, ils sont obligés d’élever du poisson. Ce sont des difficultés que nous rencontrons et que nous essayons de traduire à travers nos programmes et les interpellations que nous faisons au niveau du gouvernement. C’est cela que nous sommes en train de suivre l’évolution des choses.  

Balkissa Hamidou

30 juin 2017
Source : La Nation

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