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Interview de M. Issa Moussa, Gouverneur de Zinder : «Nous sommes en train de mettre en œuvre au niveau de la région des actions initiées par le gouvernement»

Issa Moussa Gov ZinderDans cet entretien, le Gouverneur de Zinder, M. Issa Moussa, nous parle des impératifs du développement de la région, le programme de renaissance et les réalisations accomplies au profit des communautés de base au cours de la première année du deuxième mandat du Président de la République M. Issoufou Mahamadou.

Quelles sont, Monsieur le gouverneur, vos ambitions pour la région de Zinder ?
Mes ambitions de développement se trouvent être celles-là qui sont déclinées par le Président de la République à travers le programme de renaissance dont l’objectif majeur gravite autour du bien-être de tous les Nigériens. Nous sommes en train de mettre en œuvre au niveau de la région des actions initiées par le gouvernement en veillant sur le suivi et le contrôle. Ces actions sont relatives à la promotion de l’agriculture quand on sait que 90 pour cent de la population s’adonnent à cette activité même si la production agricole n’arrive pas souvent à répondre aux attentes des producteurs. Pour relever ce défi lié à la satisfaction des besoins alimentaires des Nigériens, le Président de la république a opté pour une agriculture à deux bras : une agriculture pluviale et une agriculture basée sur les cultures irriguées.

De fait, pour aller de l’avant, nous avions au cours des trois dernières années procédé au recensement de tous les sites potentiellement aménageables à l’image de certains grands sites qui forcent l’admiration des visiteurs et des producteurs dont les sites de Falki, Toumbala et le barrage de Kassama où la surproduction peut être exportée. Pour appuyer ce secteur en vue de son émergence, la région de Zinder a bénéficié l’année dernière d’un investissement de quatre (4) Milliards 500 Millions qui ont servi à l’achat des intrants, matériels et équipements ; la formation du personnel d’encadrement et des producteurs et l’aménagement des sites irriguées.

Dans le domaine de l’élevage, le Président de la république tient à la modernisation de ce secteur à travers la création de plusieurs points de vente d’aliment pour bétail à l’échelle nationale, la sécurisation des fourrages pour éviter les feux de brousse. La région de Zinder a enregistré l’année dernière un déficit fourrager de plus de 2 Millions de matières sèches. Un appui de taille doit être accordé aux éleveurs pour promouvoir leurs activités. La santé animale sera préservée car des équipes d’alerte sont installées dans tous les départements pour répondre aux épizooties ambiantes. Dans le cadre de la reconstitution du cheptel et pour toutes activités précitées, la région a bénéficié l’année dernière d’une enveloppe d’1 Milliard 500 millions. Ce qui du reste, a permis aux éleveurs de disposer de 929T d’aliment pour bétail, 27 broyeurs,10.900 kits de petits ruminants et 60 kits de petits ruminants. Dans le secteur de l’hydraulique, des stations de pompage et des puits pastoraux ont été construits pour soutenir les populations et le capital bétail.

Certains quartiers périphériques éprouvent encore des difficultés à s’approvisionner en eau potable. Quand est-ce la Ville de Zinder va rompre définitivement avec cette délicate question liée à la pénurie d’eau ?
Le souci du Président de la République est d’offrir à Zinder de l’eau en quantité suffisante. C’est du reste, ce qui a motivé l’installation du projet Ganaram où plus de 22 Milliards de FCFA ont été injectés pour accroître les capacités de production et satisfaire les besoins des populations de la Ville et de ses environs. Les difficultés d’approvisionnement sont liées à une panne du groupe électrogène qui alimente les   forages de Ganaram. Nous sommes en pourparlers avec les responsables de la SORAZ pour pouvoir brancher les installations de Ganaram et éviter les désagréments vécus pendant quelque temps. La seconde raison de cette pénurie est imputable aux installations (conduites) de la SEEN qui datent d’une certaine époque.     L’autre difficulté de la ville est relative à son installation sur un socle où les nappes sont très profondes. En dépit de ces difficultés, le Président de la République a injecté d’importantes ressources financières dans la région de Zinder pour construire des puits, des forages et des mini-adductions d’eau multi villages au bénéfice des communautés de base.

Peut-on connaitre quelques réalisations accomplies dans le deuxième mandat du Président de la République ?
Dans le cadre du désenclavement de la région, cinq corridors ont vu le jour sur les axes Zinder -Diffa, Zinder –Agades, Zinder –Niamey, Zinder - Magaria –Nigeria. 12 Milliards 300 Millions de FCFA ont été injectés pour la reprise de trois tronçons reliant Zinder à Guidimouni et Musari. Le tronçon Zinder –Magaria qui est en finition a couté plus de 11 Milliards de CFA. A cela s’ajoute la construction du marché moderne de Zinder dont le cout des travaux se chiffre plus de 13 Milliards de FCFA. La réception de ce joyau va intervenir dans quelques jours sous le haut patronage du Président de la République qui le remettra entre les mains des acteurs du Commerce. Dans le secteur de l’entretien routier, la région a bénéficié d’un appui de plus d’1 Milliard de FCFA. Dans le domaine de l’éducation, 325 tonnes de matériel ont été mises à la disposition des élèves par l’Etat. Il a été également construit 364 classes, 45 latrines et 705 enseignants contractuels ont été recrutés. Cependant, le profil d’entrée à l’EN doit être revu pour éviter à tout prix la baisse du niveau des élèves. Il faut respecter la moyenne d’entrée dans les écoles Normales. Il faut évaluer intrinsèquement   chaque enseignant car beaucoup évoluent avec des faux diplômes. Il faut fournir aux écoles des enseignants de qualité et c’est cela l’objectif visé par l’évaluation qui va bientôt intervenir. Il s’agira de redonner à l’école nigérienne ses lettres de noblesse.

La sécurité des biens et des personnes constitue-t-elle une grande préoccupation pour les autorités régionales ?
Avec l’accroissement de la population, le dispositif de maintien de la sécurité doit s’adapter au contexte des changements. C’est pourquoi, le recrutement des agents dans ce domaine s’impose pour couvrir les besoins. Nous sommes entourés de plusieurs foyers instables au Mali, en libye et au Nigeria. Pour faire face à tous ces défis, le Président de la République a initié trois stratégies : le recrutement chaque     année des éléments au niveau de tous les corps de sécurité pour défendre l’intégrité du pays. Ces agents sont formés, équipés et pris en charge avant d’intégrer le circuit des patrouilles mixtes. Les dix départements de la région sont chacun dotés de deux véhicules pour assurer la sécurité des populations. La deuxième stratégie consiste à impliquer les populations dans la gestion de la sécurité. Ainsi, les chefs traditionnels et les chefs de villages sont mis à contribution dans la gestion de la sécurité. Avec leur concours, nous avions réussi à obtenir quelques résultats en mettant la main sur les trafiquants d’armes et le démantèlement de leur réseau. La troisième stratégie développée se trouve être l’appui des partenaires extérieurs. La population de Zinder est en sécurité, malgré, l’existence de ces foyers de tension précités. C’est l’occasion pour moi, de rendre un vibrant hommage aux forces de défense et de sécurité (FDS) pour leurs engagements constants dans ce domaine.

La mendicité prend des proportions inquiétantes à Zinder. Qu’est ce qui est entrepris à l’endroit de ces nécessiteux pour leur réinsertion sociale dans l’optique de diminuer l’intensité de ce phénomène ?
Ils sont effectivement nombreux aux alentours des feux optiques au risque de se faire renverser par les automobilistes et les conducteurs des engins à deux roues. La mendicité est, à notre sens, trois raisons essentielles : on relève pour le premier groupe la population vulnérable, c’est à dire victime du déficit céréalier. La deuxième raison est rendue possible par les marabouts saisonniers qui viennent s’installer à Zinder avec plusieurs enfants dans le but d’apprendre le coran mais finissent par s’adonner à la mendicité pour se nourrir. Le troisième groupe qui excelle dans la mendicité est celui des migrants qui font cette pratique culturelle un métier. Pour vous dire que la mendicité est devenue un phénomène culturel à Kantché. Cette idée est partagée par la jeune fille qui estime que pour constituer son trousseau de mariage, il faut absolument se livrer à la mendicité. Certains estiment qu’en remontant dans la nuit des temps, plusieurs personnes ont pu se réaliser grâce à la mendicité. Ce qui est somme toute inexact.

Pour ce qui est des personnes vulnérables, des actions sont entreprises à leur   endroit notamment la vente des céréales à prix modérés, la distribution gratuite des   vivres et le cash for work à travers des activités pour la réalisation des bandes-feux et des banquettes et le financement des activités génératrices de revenus au profit des   groupements féminins. Nous sommes en train de sensibiliser les parents de ne pas confier leurs enfants aux marabouts qui entreprennent le nomadisme pour soit disant apprendre coranique. A Kantché, des actions ont été initiées au profit des femmes   pour les aider se passer de la mendicité. Malheureusement, en réalisant des activités qui leur procurent de l’argent, elles préfèrent économiser pour reprendre le chemin de la migration clandestine avec leurs enfants. Une loi a été votée pour réprimer les parents qui livrent leurs enfants à la traite des personnes. Ce qui est extraordinaire, c’est que l’Etat et les partenaires au développement du Niger ont consentis d’énormes ressources financières pour freiner le phénomène mais beaucoup d’efforts restent à déployer.

Avez-vous l’impression de bénéficier du soutien des populations, des cadres techniques et des chefs religieux et traditionnels dans l’accomplissement de votre tache ?
Il ya exactement une année que le Président de la République m’a confié la charge d’administrer la région de Zinder en qualité de Gouverneur. Aussitôt après ma prise de fonction, j’ai défini avec toutes les couches socioprofessionnelles et les cadres   régionaux ma méthode de travail. Ce qui m’a permis d’être compris de tous. Mon bureau et mon domicile restent ouverts à tous pour des conseils et suggestions qui seront étudiées dans leur applicabilité. Je n’ai pas encore enregistré de comportement décevant provenant des uns et des autres. Je suis venu ici servir les populations de la région de Zinder conformément à la lettre de mission que le Chef de l’Etat m’a confiée pour œuvrer au maintien de Zinder dans ses efforts de développement comme deuxième région du Niger.

Siddo Yacouba ANP –ONEP/Zinder

15 juin 2017
Source :  http://lesahel.org/

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