jeudi, 17 septembre 2015 14:12

Quelque soit ce qu’ils feront, je serai au Niger Incha Allah, et je participerai aux élections...

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Hama_Amadou_electionQuelque soit ce qu’ils feront, je serai au Niger Incha Allah, et je participerai aux élections même si c’est en prison. Que dieu nous donne longue vie’’ déclarait Hama Amadou au cours d'une interview qu’il a accordée à Abdourahamane Younoussa , journaliste et animateur de l’émission ‘’les 5 dernières minutes’’ de la télévision Bonférey, 24 heures après son investiture pour être candidat aux prochaines élections présidentielles de 2016 au titre de son parti, le Moden FA Lumana.

 A cette occasion le Président Hama Amadou  est revenu sur plusieurs questions touchant la situation sociopolitique du Niger.
-    A. Younoussa : Monsieur le Président, vous venez d’être investi par votre parti, le Moden Lumana Africa pour les élections présidentielles de février prochain, quel est votre sentiment ? ou bien c’est une simple formalité pour  vous ?
HAMA Amadou : je pourrai dire que compte tenu des conditions dans les quelles le congrès s’est tenu, je me dois de présenter aux militantes et militants du Moden toutes mes félicitations et mes remerciements sincères parce que je sais dans quelles conditions difficiles le pouvoir  a placé la tenue de ce congrès et malgré les difficultés  qui leurs ont été posées les militants ont fait preuve d’une détermination sans faille et ont tenu le congrès dans des conditions excellences et de mobilisation exceptionnelles. Je les en remercie tous et je les félicite. C’est donc un sentiment de fierté qui m’anime et de devoir également parce que à partir de maintenant je me sens investi pour me battre  conformément à leurs attentes.

A. Younoussa : Donc ce n’est pas qu’une simple formalité pour vous ?
Hama Amadou : Ce n’est pas qu’une formalité parce que dans un parti, pour être candidat, la confiance des bases est indispensable, cette confiance s’est exprimée par le congrès. C’est forcement une très bonne chose  de montrer que malgré mon absence prolongée du territoire , les militants du Moden Lumana continuent à avoir une confiance totale dans ma personne. Pour moi c’est plus qu’une formalité, c’est une consécration dont je suis très satisfait et très fier.


A. Younoussa : Monsieur le Président, vous êtes arrivé troisième aux présidentielles de 2011, et on se souvient c’est grâce à votre ralliement à sa candidature au second tour que Issoufou Mahamadou a accédé en fin à la magistrature suprême, après de multiples échecs, est-ce qu’on peut de nouveau s’attendre à une alliance entre vous si jamais chacun gardait son rang ?
Hama Amadou : Je commencerai par dire que pour les prochaines élections je serai dans le camp des opposants, et si je suis troisième une nouvelle fois, je soutiendrai le candidat de l’opposition qui sera au deuxième tour quel qu’il soit.


A. Younoussa : Est-ce à dire que votre alliance actuelle avec Monsieur Seyni et Ousmane restera valable même si quelqu’un parmi vous n’est plus à la tête de son parti ?
Hama Amadou : Disons qu’être à la tête d’un parti, ce n’est pas, en soi seulement, d’ordre juridique c’est aussi une question de légitimité, or la légitimité s’exprime à travers la position des bases politiques, et vous le savez tous, que ce soit au niveau de la CDS, que ce soit au niveau du MNSD, les bases de ces partis sont entre les mains  de Monsieur Ousmane et de Monsieur Seyni Oumarou, et donc ils détiennent la légitimité. En conséquence qu’ils soient reconnus par le pouvoir comme étant les  responsables de ces partis ou pas, ils détiennent la légitimité pour être les candidats légitimes de ces partis. Avec ou sans le nom, ils seront les candidats valables et qui mobiliseront l’essentiel de leur électorat sur leurs noms, je n’ai aucun doute là-dessus. J’espère que ceux qui manigancent les destitutions des responsables légitimes le savent aussi. Mais c’est pour les besoins  de la cause qu’ils s’activent à donner l’impression.  Les coquilles vides sont avec eux.

A. Younoussa :   Monsieur le Président, vous êtes en train de faire des projections pour le second tour des présidentielles prochaines, et si Mahamadou Issoufou passait dès le premier tour ?
Hama Amadou : s’il vous plait, il y a beaucoup de fictions politiques, mais il y a des fictions qui ne passent pas. Monsieur Mahamadou Issoufou a battu tous les records de l’impopularité dans le monde politique nigérien. Quand vous dites qu’il va passer au premier tour, vous dites simplement qu’il n’ y aura pas d’élections, parce que pour passer au premier tour il faut qu’il n’y ait pas d’élections et qu’il n’y ait pas de candidats. Ma conviction sera qu’il sera battu.

 

 A. Younoussa : Monsieur le Président, l’on sait quand même que Monsieur Issoufou est arrivé au second tour trois fois de suite sur les trois dernières élections ?
Hama Amadou : vous vous souviendrez que c’est parce que les nigériens à un moment ne savaient pas à qui ils avaient à faire. Mais après 5 ans de souffrance et de difficultés multiples dont ils ont été victimes de la part de Monsieur Issoufou, je suis convaincu que beaucoup de nigériens désormais ne voteront pas pour lui.


A. Younoussa : Mais est-ce qu’il ne profitera pas de votre absence sur le terrain ?
Hama Amadou : Mon absence sur le terrain n’a affecté en aucune manière la mobilisation et la vitalité de mon parti. Pour la campagne électorale, n’ayez aucun doute, je serai là. Je serai au Niger, d’ailleurs très bientôt pour participer à la campagne. Je sais que Monsieur Massaoudou prétend à qui veut l’entendre que dès mon arrivée au Niger je serai arrêté. Il a donné des consignes  aux policiers pour que dès mon arrivée je sois arrêté. Je sais aussi qu’il a donné des consignes verbales aux différents commissariats de police de ne pas délivrer à toute personne qui s’appellerait Hama Amadou  un certificat de résidence, une carte d’identité ou un passeport. Tout cela est antidémocratique, quand vous dites que le problème qui m’occupe est de droit commun. Cet acharnement et cette haine démontrés contre ma personne apparemment n’ont rien de droit commun. Donc le problème fondamental, il est clair, c’est d’abord un problème politique, une obsession politique, c’est une angoisse que je représente pour eux. Mais quelque soit ce qu’ils feront, je serai au Niger Incha Allah, et je participerai aux élections même si c’est en prison. Que dieu nous donne longue vie.

A. Younoussa : ici à Niamey, on parle de la fin du mois de septembre ou du début du mois d’octobre, vous confirmez, en ce qui concerne votre arrivée ?
Hama Amadou : je n’ai indiqué à personne un calendrier de retour, mais le jour où je reviendrais, les gens me verront .  Monsieur Massaoudou pourra alors se préparer à venir m’accueillir aussi avec les forces de l’ordre, quand même je suis le Président de l’Assemblée Nationale, il ne peut pas ne pas envoyer des forces de l’ordre.

A Younoussa : La seule certitude donc, vous serez là pour la campagne électorale ?
Hama Amadou : Je vous dis je serai bientôt là.

A. Younoussa : Mohamed Ibn Chambas, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, a séjourné la semaine dernière à Niamey, et rencontré les acteurs électoraux du pays vous en avez eu certainement les échos, que pensez-vous de cette visite à quelques mois  de la tenue de ces élections un peu polémiques, quand même ?
Hama Amadou : je pense que la présence de Ibn Chambas témoigne déjà de la réalité de la prise en compte de la situation politique très tendue qui prévaut au Niger, et la préoccupation des autorités  des Nations unies par rapport à cette crise politique latente. Sa venue, dans l’esprit  d’aider à créer les conditions d’élections libres, transparentes et apaisées , me parait une très bonne chose. L’essentiel, et je crois le plus important, c’est que les gens du pouvoir qui veulent passer au premier tour se rendent compte que la communauté internationale n’est plus dupe, et sait qu’il y a un problème au Niger qui risque de dégénérer si aucune mesure de responsabilité n’est pas prise de leur côté. C’est pour cette raison que je me réjouis  de cette visite d’Ibn Chambas. Les yeux du monde entier seront fixés sur le Niger. Le passage en force ne passera pas.

Propos transcrits pour Nigerdiaspora

17 septembre 2015

Source : http://Nigerdiaspora.Net

Last modified on jeudi, 17 septembre 2015 14:37

Interview