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Pour l’école qui se meurt : Par Dr Farmo Moumouni

Enseignants Contractuels Niger 01Ils sont morts hier ou meurtris pendant que nous vaquions à nos occupations. Ils sont morts ou meurtris parce qu’ils veulent vivre. Ils sont morts ou meurtris parce qu’ils réclamaient de l’aide auprès des aînés que nous sommes, parce qu’ils voulaient l’aide des musulmans que nous voulons être, parce qu’ils sollicitaient l’aide des gouvernants capables d’améliorer leurs conditions d’existence.
Les uns sont partis sous nos regards impuissants, laissant derrière eux l’affliction, l’inachevé et l’irréparable. D’autres reviennent dans les dures réalités de l’existence sous nos regards attristés; ils garderont les séquelles de leur désir de vivre.
Qui croira désormais aux aînés timorés que nous sommes? Qui honorera encore le droit d’aînesse que nous brandissons, et l’obligation d’assister les plus jeunes qui en découle? Qui croira à la compassion du musulman envers le musulman, quand des musulmans s’emploient à occire et à meurtrir des musulmans? Qui croira en la capacité des gouvernants d’assurer le bien vivre quand les gouvernés sont bastonnés et embastillés ?


Aujourd’hui, ils ont été mis en terre, nous disons : « Que leurs âmes reposent en paix » Aujourd’hui, ils sont convalescents, et nous leur souhaitons « un prompt rétablissement »
Mais ces âmes pourront-elles trouver le repos, quand, à partir d’où elles se trouveront, elles regarderont leurs âmes sœurs empêtrées ici-bas dans les tourmentes qui leur ont fait quitter ce monde?
Souhaitons-nous un prompt rétablissement aux blessés, pour qu’ils viennent ruiner leur santé retrouvée, dans la même agitation?
Ils sont morts, ils sont meurtris pour l’école nigérienne qui se meurt.
Cette école ne sera sauvée ni par la bouche des canons, ni par la pointe des fusils, ni par le grondement des grenades, encore moins par la fougue incendiaire des jeunes.
Au plus pressé, il faut extirper de cette école les maux qui la rongent : l’incompétence, la fraude, la tricherie, les recrutements partisans, l’insouciance et l’incurie.
L’école étant l’affaire de tous : État, société, parents, élèves, étudiants, apprentis, apprenants, maîtres, formateurs, éducateurs, pédagogues, etc., il faut se résoudre à retourner à l’école du dialogue, pour apprendre à parler sans agresser son interlocuteur, apprendre à se parler sans se taper dessus; s’asseoir sur les bancs du respect mutuel et de la concertation, tenir le langage de la vérité et celui de la réforme sans se disputer, afin de définir et de mettre en œuvre un projet commun.
Farmo M.
Sap! Sap!

12 avril 2017
Source : https://www.facebook.com/groups/niger.s.a.p/

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