Idées et opinions

Lettre au “président de la République” Monsieur le “Président”, Non, la gouvernance n’est pas que discours, elle est même loin d’être du discours, je dirais...Lettre au “président de la République” Mallami Boucar Monsieur le “Président”, Non, la gouvernance n’est pas que discours, elle est même loin d’être du discours, je dirais. La gouvernance, c’est selon moi, l’art d’écouter son peuple dans ses cris de détresse et ses appels, afin d’apporter, le mieux possible, des réponses appropriées à ses aspirations et ses attentes.

À l’instar de nombreux compatriotes, j’ai écouté votre message à la nation du 3 août. Je me suis dit qu’en lieu et place d’un bilan positif réel, l’ingéniosité est là. J’ai trouvé trop cocasse l’annonce de la fin de toute importation de riz en 2023 et j’ai d’excellentes raisons de prendre les choses ainsi. Pendant neuf ans environ, vos compatriotes vous ont pratiquement couru derrière afin que vous daignez accorder une toute petite attention aux secteurs sociaux de base, c’est-à-dire, entre autres, de quoi manger, boire, se soigner, aller à l’école. Mais, qu’avez-vous fait ? Vous avez régulièrement ignoré leurs appels et leurs …pour ne pas dire que vous les avez royalement méprisés. En vérité, c’est un mépris dont il s’agit. Lorsqu’on vous demande d’augmenter l’enveloppe budgétaire dédiée aux secteurs sociaux de base, vous y opérez plutôt des coupes sauvages, à croire que vous le faites par défiance. Et au lieu de travailler à consolider les acquis enregistrés sous Mamadou Tanja, vous avez inauguré une gouvernance désastreuse faite de détournements massifs des deniers et biens publics, de choix superflus où votre désir d’aider des amis sur le dos du Niger transparaît clairement, de trafics en tous genres, etc. Quelqu’un d’étranger au Niger, avec la mission de tout saccager, ne ferait pas mieux. On ne peut ni finir de citer les affaires ni mesurer l’impact sur le Niger. Dans la loi de finances 2019, le budget du ministère de l’Agriculture n’est que de … la tradition budgétaire étant une pyramide inversée chez nous, le pourcentage affecté au fonctionnement des services prend au minimum 60%. C’est sans compter que le peu qui est affecté au travail productif prend le chemin des comptes bancaires extérieurs. C’est le cas de multiples détournements des fonds dédiés aux engrais et à l’alimentation du bétail. Vous vous rappelez sans doute que Maïzama Gaya, ex-directeur général de la Centrale d’achat d’intrants et matériels agricoles (Caïma), a détourné à lui seul, selon une accusation officielle du gouvernement, près de huit milliards de francs CFA.

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