Idées et opinions

Bihim Khamed Attayoub President Regional l ANDP Zaman Lahiya Tahoua Témoignage à propos des événements qui marquent le fonctionnement de mon parti l’ANDP Zaman Lahiya depuis la disparation de son président, Moussa Moumouni Djermakoye, qu’Allah lui accorde sa grâce et sa miséricorde

Depuis la disparation de son président, feu Moussa Djermakoye, la vie du parti l’ANDP demeure caractérisée par des événements inédits qui menacent de plus en plus son unité et son existence.

L’ANDP est incontestablement aujourd’hui l’un des partis politiques qui structurent le paysage public en contribuant à l’expression démocratique d’une partie de la population nigérienne. Il s’est toujours caractérisé par un attachement viscéral au respect de nos valeurs traditionnelles notamment par une priorité donnée à la recherche du consensus comme mode de prise de décisions et de régulation de son fonctionnement. Il s’agit aussi de cultiver un esprit de solidarité, de tolérance et de consolidation de l’unité nationale.

Le père fondateur du parti a toujours été un homme intègre aux valeurs morales inégalées et qui a toujours su mettre en avant l’intérêt général de notre pays en sacrifiant souvent ses propres intérêts personnels. Il a été rappelé à Dieu alors qu’il participait à une manifestation dont l’objet était de faire obstacle à la volonté exprimée par le Pouvoir de l’époque de changer la Constitution de notre pays pour permettre au président de briguer un mandat supplémentaire sans passer par des élections.

C’est donc tout cet héritage représentant un acquis pour le Niger que nous voyons aujourd’hui s’orienter vers des horizons incertains.

Très tôt après le décès du président, que son âme repose en paix, nous avons observé des insuffisances notoires quant à la conduite des missions assignées par notre règlement à la personne qui devrait expédier les affaires courantes et organiser un Congres pour l’élection du nouveau président.

Un certain nombre d’approximations ont abouti à l’expiration des délais règlementaires de trois mois pour l’élection du nouveau président. Les autorités compétentes ayant accordé un nouveau délai pour régulariser cette situation, les tâtonnements n’ont pas pris fin pour autant.

En effet, au courant de cette prolongation une convocation a été adressée aux membres du bureau politique pour la mise en place des comités chargés de la vérification des candidatures et de l’organisation matérielle du congrès. A la tenue de cette réunion dont la convocation fut laborieuse, certaines voix se sont élevées pour contester la légitimité du président par intérim qui a démontré son incapacité à organiser le congrès même après une deuxième prolongation de trois mois.

Après plusieurs semaines les comités avaient terminé leurs travaux et avaient souhaité la tenue d’une réunion du BPN pour validation des décisions. Cette réunion à peine débutée une dispute éclata pour contester une fois encore la légitimité du président par intérim à diriger seul les décisions qui conduisent vers le congrès. Cette fois-ci une plainte a été déposée contre les fauteurs des troubles qui ont administré des coups et blessures sur certains membres du bureau politique.

El la réunion fut déclarée nulle et non avenue

Après plusieurs semaines les commissions reprenant leurs travaux et surtout celle chargée de la vérification des candidatures a décidé de fournir deux rapports.

Le premier rapport, rédigé et signé par le président de la commission fait état de l’exclusion de trois candidatures sur six. Le deuxième rapport rédigé et signé par l’ensemble des membres de la commission fait état d’un vote de 7 sur 11 en faveur de la non exclusion des candidatures. Il semblerait que toutes ces candidatures remplissaient les conditions requises sauf le payement préalable de la caution qui s’élevait à cinq millions de francs CFA par candidat.

Devant cette situation et après avoir compris que les travaux de la commission devraient être valides le plus tôt possible pour tenir le congrès, certains membres ont décidé de lancer une pétition pour recueillir le 1 /3 nécessaire pour demander au président de convoquer une réunion. Ce dernier ayant constaté la détermination de ces membres du bureau national à vouloir tenir la réunion, il a décidé enfin de la convoquer pour le 5 /8/2018

Le déroulement de la réunion

Avant de tenir cette réunion le président par intérim a convié tous les présidents régionaux et vices présidents nationaux à une rencontre pour les informer de l’ordre du jour prévu pour ladite réunion du Bureau politique national

Trois points ont été évoqués ; à savoir :

  •        La date du congrès
  •        La lecture du rapport de la commission de vérification et analyse des candidatures
  •        La question de l’exclusion de certains membres du Bureau politique national.

Tous ces points de l’ordre du jour ont été lus par le secrétaire général du parti sans commentaire et rappelant aux présidents que le but de la rencontre était juste de les informer. A notre grande surprise, le président a brandi le seul rapport du comité qui fait cas du rejet des autres candidatures en occultant ainsi les conclusions de l’autre rapport dans lequel 7 membre du comité sur 3 ont voté pour le non rejet des candidatures. Cette attitude a provoqué une dispute dans la salle de réunion et une plainte a été déposée contre les fauteurs de troubles. Finalement la réunion des présidents a juste été l’occasion de constater une fois de plus que le dialogue au sein des instances dirigeantes du Parti ne peut plus permettre la résolution de la crise actuelle.

Une réunion du bureau politique national a été convoquée le lendemain au siège du parti. Malgré plusieurs protestations cette réunion a été prévue dans une petite salle qui ne pouvait contenir que 50 personnes alors que le Bureau politique compte 300 membres. Devant l’impossibilité de tenir la réunion dans cette salle, le bureau de séance a décidé de la transférer à l’extérieur. Ces errements démontrent, une fois de plus, des disfonctionnements qui empêchent de conduire les débats dans des conditions normales de travail.

De plus, des personnes étrangères au bureau politique ont envahi la cour du siège du Parti en scandant des slogans en faveur du président par intérim. Ces personnes criaient « Adoptés ! Adoptés !», chaque fois que le secrétaire général termine la lecture d’un point de l’ordre du jour nécessitant un vote, se substituant ainsi aux voix des membres du bureau politique.

C’est dans ces conditions et après avoir passé plus de trois heures à vérifier les mandats et la présence des membres du bureau que le Secrétaire général a lu, en dix minutes, les décisions prises par le président par intérim en les faisant « adopter » par acclamations par ces personnes infiltrées dans la salle de réunion. Cette procédure, pour le moins curieuse et irrégulière, fait fi de la réglementation de base régissant nos textes relativement à la validation de toutes les grandes décisions prises par le bureau politique national de notre Parti.

Les membres du bpn venus de l’intérieur du pays pour participer à la mise en place d’un processus conforme à nos textes et à l’esprit de notre Parti, ont tout simplement assisté à un spectacle honteux qui n’honore pas le Parti et qui menace sérieusement ses acquis, voire sa survie. Une attitude qui n’est pas digne de l’héritage légué par le père fondateur de notre parti.

Au regard de cette situation, vues les différentes déclarations et prises de position nous continuons, pour notre part, à réaffirmer que depuis le début de la vacance du poste de président du parti, tous les présidents régionaux ont toujours souhaité mettre en avant le consensus pour surmonter la crise. Certains présidents de régions ont même écrit pour manifester leur désir de voir un changement quant au mode de prise de décisions par les dirigeants du parti.

Un appel solennel avait même été publié par ces régions pour rappeler l’importance du consensus comme mode de prise de décisions pour la sauvegarde de l’unité du parti. Malheureusement le cours des évènements ne permet plus d’accéder facilement à un terrain d’entente. Cette situation a favorisé les divisions au niveau des régions et fragilise la position des membres du bureau national. L’avenir et l’unité du parti ne semblent plus prioritaires dans l’esprit de certains acteurs qui risquent de nous amener à la dislocation totale et à la disparition de l’ANDP Zaman Lahiya du paysage politique nigérien.

C’est pourquoi au niveau de la région de Tahoua nous continuons à croire que l’ANDP est un parti de consensus et de dialogue et que toutes les grandes décisions du parti ne devraient être prises que dans cet esprit. Nous resterons toujours du côté de ceux qui honorent la mémoire du père fondateur de notre Parti qui fut sans conteste un des initiateurs et artisans exemplaires de notre processus démocratique.

Nous réaffirmons par ailleurs notre opposition aux mesures d’exclusion prononcées à l’encontre de certains camardes membres du bureau politique national. En effet le seul tort de ces camarades est de demander le respect des textes qui régissent le fonctionnement et la vie du parti. Notamment le fait de rappeler que les textes de notre parti précisent que le président par intérim ne doit pas excéder trois mois pour expédier les affaires courantes et organiser le congrès. A ce jour nous sommes à neuf mois et toujours dans l’incertitude quant à la tenue du congrès.

Pour conclure nous lançons un appel aux militants de notre parti ANDP Zaman Lahiya pour qu’ils gardent leur sérénité et qu’ils restent fidèles aux idéaux de notre parti afin de continuer à mériter notre place dans le paysage politique du pays. C’est ainsi que nous pourrons continuer à contribuer à l’animation de la vie politique nationale pour la cohésion et l’unité de notre pays.

Tahoua le 15 août 2018

Bihim Khamed Attayoub
Président Régional de l’ANDP Zaman Lahiya Région de Tahoua
Maire de la commune rurale d’Akoubounou, Département d’Abalak
Région de Tahoua
Tél : +227 92 00 70 00

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