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Idées et opinions

Youssouf Maiga DrLa vie quotidienne des nigériens dégringole. La cité idéale de la Renaissance n’a-t-elle pas atteint ses limites ? Est-ce encore un artéfact crédible ? Pleins d’échecs, d’insuccès inclinent à penser que ce concept est plus futuriste, surréaliste (surréalisme politique), que moderne, c’est-à-dire en inadéquation avec les aspirations actuelles des nigériens. Une Renaissance prise en otage par un slogan des 3N qui ne parviennent pas à s’objectiver. Les Nigériens nourrissent les Nigériens, est plus une fiction de l’esprit après plus de six (6) ans de gouvernance qu’une réalité palpable. Il existe un abîme entre ceux qui vivent bien, qui profitent et jouissent de manière insultante des richesses du pays, et les autres qui croupissent dans la misère. Comment nourrir grâce à un slogan des millions d’individus ? Platon a été plus pragmatique en réduisant arithmétiquement le nombre des habitants de sa cité idéale à nourrir raisonnablement. Il l’estimait raisonnablement à 5.000 citoyens, or au Niger nous sommes des millions. Il suit donc que la Renaissance n’a pas suffisamment paramétré son concept des 3N, car en lieu et place de ripaille ou de bombance nationale, nous on a fortement consommé des images en juste des présidentielles 2016. Dans le fond l’idée de Renaissance est géniale, car elle a des accents de patriotisme (exclusivement pour les nigériens). Mais à l’épreuve des réalités, il faut s’incliner avec courage et s’atteler à inventer un autre concept plus fédérateur, et sans fiction, voire utopique, dans laquelle chaque Nigérien doit s’attacher, se reconnaître comme lorsqu’on parlerait de la patrie. Sans trop flétrir la Renaissance, nous aidons à soigner le politique, et à recorriger leur idéalisme, et à se faire plus marxistes et réalistes devant les faits sociaux : les Nigériens ont besoin de bonnes politiques de croissance et de développement qui avantagent le peuple, et non pas une classe de privilégiés. Les dirigeants, ceux d’aujourd’hui, comme à venir (ceux qui aspirent à gouverner en 2021) doivent changer, ou plus exactement se défaire de cette gouvernementalité dévoreuse et égocentrique qui est leur tare commune et congénitale. L’esprit démocratique doit se hausser au-delà de l’intérêt de classe, de parti politique, et favoriser l’intérêt commun. Il est en effet clair qu’une Renaissance qui a maille à s’harmoniser avec l’opposition et la Presse privée, est foncièrement décadente. Elle (la Renaissance) aurait pu gagner le Jackpot de la bonne gouvernance, si elle avait eu le génie de fonder l’esprit national et républicain, qu’elle a maladroitement concouru à déliter. D’où aujourd’hui le bras de fer auquel nous assistons de part en part : l’opposition contre le régime de la Renaissance, la société civile contre le régime de la Renaissance, et le quatrième pouvoir : la Presse Privée contre le pouvoir de la Renaissance. A quelques encablures des futures échéances présidentielles, on peut en effet s’attendre à une chaîne interrompue de manifestations, de contestations, etc. Bref autant de situations qui viendront ternir immanquable la fin du concept de Renaissance. Ces divisions et contestations n’amèneront pas la tranquillité dans la Cité, a fortiori l’unité politique, car tout le monde sait, ou entend à travers les médias que l’opposition depuis belle lurette parle de « concassage des partis » qui est la nouvelle réalité de la Renaissance. Pire que le social est en ébullition, cette atmosphère n’augure pas de bons auspices.

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