Idées et opinions

Election 2nd Tour 2016 NigerLe processus démocratique nigérien a été adopté au début des années 1990, en grande partie grâce à la jeunesse nigérienne, à travers le mouvement légendaire des scolaires. « Vu la situation actuelle, [disait l’un des leaders charismatiques dudit mouvement dans une interview accordée au journal Haské n° 00 de Mai 1990], nous lançons un appel aux patriotes sincères pour que tous unis, nous puissions défendre les acquis de l’ouverture de la démocratie actuelle. Les problèmes scolaires ne peuvent être réglés sans changement politique, notamment, l’adoption du multipartisme. » Et le 15 novembre 1990, sous donc la pression des scolaires, rejoints par d’autres structures syndicales, le Président de la 2ème République prononça, devant les parlementaires, le discours historique consacrant l’acceptation du multipartisme au Niger. Quel bilan pourrait-on dresser de cette expérience pluraliste ? Et quel rôle la jeunesse nigérienne pourrait-elle encore jouer dans l’évolution des pratiques démocratiques et des mœurs politiques du pays ?
L’adoption du multipartisme intégral, a permis la création de nombreux partis politiques et un cadre compétitif, sanctionné par des élections. Mais le bilan du processus enclenché est, pour le moins qu’on puisse dire , mitigé, aussi bien du point de vue de la stabilité politique que des pratiques démocratiques et des liens qu’elles sont censées créer entre les élus et les électeurs.
Concernant la stabilité politique, le Niger a connu 3 interruptions du processus démocratique, à la suite de 2 coups d’État militaires ( 27 janvier 1996 et 18 février 2010) et un assassinat politico-militaire (9 avril 1999). Aussi, de 1992 à 2018, le pays a vécu sous 5 Républiques. Seulement 2 présidents élus ont réussi à atteindre la fin de leurs premiers mandats : le Président Tandja Mamadou en 2004 et l’actuel chef de l’État en 2016. Et aucun Président élu n’a jusque-là remis le pouvoir à un autre Président démocratiquement élu.
Le processus démocratique nigérien est ainsi en attente d’une véritable alternance politique, plus d’un quart de siècle après son inauguration. Ce qui est fort illustratif de sa fragilité et instabilité, en dépit des pas moins de 28 scrutins qu’il a occasionnés.

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