Affaire Ministère de la Défense Nationale (MDN) / de 1700 milliards à 76 milliards, puis 45 milliards ? : Des non-dits dans le rapport provisoire

Affaire du Ministère de la Défense Nationale (MDN) / de 1700 milliards à 76 milliards, puis 45 milliards ? : Des non-dits dans le rapport provisoireAffaire MDN : de 1700 milliards à 76 milliards, puis 45 milliards ? Des non-dits dans le rapport provisoire
53 pages, c’est le volume du rapport définitif sur l’audit de l’inspection au Ministère de la Défense Nationale, dont quelques feuilles ont été largement publiées sur les réseaux sociaux.
Le document parle de malversations financières au cœur d’une affaire qui a éclaboussé la hiérarchie militaire, le niveau central de l’administration de la défense et des fournisseurs de divers ordres dont le sommeil a été troublé par cette patate chaude.
Si le volume du document en dit long sur le chapelet de surfacturations et de forfaiture qui constituaient les graines de ce chapelet, la somme revue à la baisse soulève son lot d’interrogations sur le comment du pourquoi.
En effet, quand l’affaire s’est ébruitée notamment dans la presse, la somme supposée être détournée par ses manœuvres  peu orthodoxes s’élevait à plus de 1700 Milliards. Aujourd’hui, le rapport définitif de ce scandale retentissant de l’armée nigérienne fait cas non pas même des 76 Milliards de FCFA, mais de 45 Milliards de perte pour l’Etat selon le rapport définitif, apprend=t=on sur RFI. Comment comprendre une telle différence entre les chiffres initialement annoncés et ceux finalement publiés dans le rapport définitif pour lequel la justice a été saisie ?
Une première explication plausible saute immédiatement à l’œil et elle s’articule autour de la conduite même de l’inspection ayant débouché aux premières conclusions. Tout laisse à croire que cette inspection malgré la bonne foi de ces meneurs et instigateurs, a été effectuée à la hâte, toute chose qui a fait le lit pour que des erreurs d’appréciation évidentes puissent se glisser dans le travail.
Selon toute vraisemblance, les enquêteurs pour des raisons que nous ignorons ont voulu danser plus vite que la musique avec tous les risques d’erreurs possibles qui peuvent amener ces derniers à confondre vitesse et précipitation. Le devoir de résultat dedans couplé peut-être au temps imparti pour boucler les investigations sans oublier peut-être aussi les pressions de tout genre, il n’est pas surprenant de comprendre l’écart énormes des sommes présumées détournées entre le rapport provisoire et celui définitif publié sur les réseaux sociaux avec tous les détails croustillants.


Faire rentrer le Niger dans ses droits dans une affaire si scabreuse est en un point douté une noble mission et à la lecture des enjeux sans une grande vigilance, aussi professionnel et dévoué que l’agent enquêteur soit, les risques de faux pas sont grands, ce qui pourrait aisément expliquer le fossé considérable entre les premières annonces de l’argent supposé détourné et les révélations du rapport définitif qui a fait qu’on est passé de 1700 Milliards à 45 Milliards de FCFA.

Deuxième échelle d’explication, le caractère provisoire du rapport qui donne la possibilité après des enquêtes et inspections minutieuses aux investigateurs de pouvoir évaluer avec plus de précision l’ampleur des malversations financières. Une ampleur qui peut être moindre ou plus corsée que prévue, c’est-à-dire revoir à la hausse ou à la baisse les sommes incriminées. Dans le rapport définitif, on est plutôt dans le deuxième cas de figure la résultante sûrement de l’approfondissement des enquêtes.

Sans mettre en doute la crédibilité des enquêteurs, le fait que la somme présumée engloutie dans ses malversations financières soient revue à la baisse montre combien, dans un premier temps le dossier a été hâtivement traité et publié.

Aussi, ce rapport présente une facture de plus d’une vingtaine de milliards de FCFA acquis par des fournisseurs alors que les marchandises n’ont pas été livrées. Des fournisseurs qui aujourd’hui se sont engagés à rembourser les montants perçus.

Par contre, plusieurs fournisseurs qui ont livrés dans les délais leurs commandes ne sont toujours pas payés des mois voire des années après exécution de ces marchés publics. A ce niveau, les impayés s’élèvent eux aussi à plusieurs Milliards, mais curieusement personne ne parle de ces fournisseurs qui ne sont pas encore rentrés dans leurs droits. Une addition des impayés salée, trop salée même pour des fournisseurs nigériens exemplaires, patriotes qui n’ont pas hésité à honorer les termes de ces marchés publics au nom de la patrie. Des mois et des années après, ces fournisseurs sont toujours dans les expectatives, attendant le règlement par l’Etat de ces impayés.

Des fournisseurs qui sont les grands oubliés du système alors que les marchandises ont été livrés dans les règles de l’art.

Dans cette affaire, l’Etat se doit d’être vigilant, prudent et ne pas se laisser induire en erreur en privant certains fournisseurs nigériens modèles, pourvoyeurs d’emploi à travers la création d’emploi notamment au profit de la jeunesse nigérienne et générateur de richesse, car ces derniers investissent directement dans le pays sans oublier le payement des exigences fiscales à eux imposées par la loi.

Si par malheur, l’Etat tourne le dos à ces fournisseurs nigériens digne de confiance, l’Etat ouvre ainsi la boite de Pandore pour la fuite des capitaux préjudiciable à la croissance du pays.

A la lumière de ce rapport définitif qui n’a pas fini de faire des vagues, c’est tout le système de la procédure de passation des marchés qui est à revoir car aujourd’hui, le système actuel à montrer toutes ses limites en termes de bonne gouvernance et d’orthodoxie financière.

Des commis et administrateurs ont pêchés en bafouant allègrement les sacro saints principes de l’orthodoxie et aujourd’hui on veut sacrifier sur l’autel de cette indélicatesse des commis de bureau, des fournisseurs animés de bonne foi qui ont exécuté dans les règles de l’art des marchés publics dans le seul intérêt du Niger et de son peuple.
Salmane Hachimou

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