Réactions suscitées par le bilan des neuf années de pouvoir d’Issoufou Mahamadou : Quelques florilèges

eIbrahima Hamidou, journaliste et homme politique

C’est encore et toujours la même chose…
Je m’étais assoupi alors que j’écoutais le message à la nation du PRIM. C’est le coup de fil d’un ami qui m’a précipitamment sorti des bras de Morphée.
Pourquoi le président parle-t-il, m’a-t-il demandé ?
Il est en train de faire le bilan de ses neuf années de pouvoir, lui ai-je répondu.
Ah, ok. Je pensais qu’il voulait annoncer sa démission, ma-t-il dit avant de prendre congé de moi, tout en me remerciant pour l’info que je venais de lui donner.
Hum…il y a des Nigériens qui sont vraiment fatigués d’entendre chaque année la même chose, encore et toujours.


Elhadj Idi ABDOU, acteur de la société civile
Aucune transformation n’est possible dans un pays mal gouverné caractérisé par l’impunité du pouvoir et la corruption.
Le principal pilier sur lequel se focalise cette réaction, de la transformation d’un pays, est la gouvernance et l’état de droit. À ce sujet, l’on s’attendait à ce que le président de la République se prononce sur le sort qu’il compte réserver à l’audit qu’il avait lui même diligenté au ministère de la Défense nationale et qui a révélé un montant dissipé estimé à 1700 milliards de francs CFA. La forfaiture relevée par les conclusions de cet audit a même mis le ministre de la Défense nationale actuel dans tous ses états. Il préconisait même une exécution pure et simple des responsables de cette forfaiture qui a coûté la vie à nos soldats. Il n’y a point de transformation d’un pays lorsque l’impunité du pouvoir dicte les normes. Ces derniers temps, tous les baromètres fiables et crédibles à travers le monde classent le Niger dans la liste des pays autoritaires. […] Dans un état de droit, le gouvernement ne saurait s’arroger les attributions du juge ou du procureur. Monsieur le president de la République, aucune transformation n’est possible dans un pays mal gouverné caractérisé par l’impunité du pouvoir et la corruption.


Mamoudou Djibo Hamani, acteur de la société civile

Le bilan absurde, fantaisiste et magique de la renaissance
65 minutes, c’est le temps qu’a pris l’exposé de neuf ans de gestion du pays qui est classé dernier pendant neuf bonnes années par la quasi-totalité des prestigieuses institutions internationales à l’image du PNUD et de la banque mondiale.
65 minutes, c’est le temps qu’a pris l’exposé de neuf ans de gestion du pays où la santé, l’école, l’eau et l’électricité sont devenues des denrées rares où inexistantes.
65 minutes, c’est le temps qu’a pris l’exposé de neuf ans de gestion du pays où avoir un repas par jour est devenu un véritable casse-tête malgré la création de 5255 entreprises, rien qu’en 2019 et 32 639 entreprises en 9 ans.
65 minutes, c’est le temps qu’a pris l’exposé de neuf ans de gestion du pays dans lequel le chômage est devenu la règle et le travail, l’exception, malgré la création de 1 100 000 emplois.
65 minutes, c’est le temps qu’a pris l’exposé de neuf ans de gestion du pays où on a investi 11 253 milliards en 9 ans alors que même les simples gants sont indisponibles dans nos hôpitaux et centres de santé.
Donc, de quel Niger parle réellement et sérieusement le président Issoufou ?*
Existe-t-il un autre «Niger» sur la planète Mars où Jupiter ?


Abdou Rafa, journaliste

Rien de bon, que de l’ivraie, de l’auto-satisfaction et autres ventes d’illusions.

Halidou Moussa, citoyen
Salut l’artiste !
La croissance économique pour nous les profanes désigne l’amélioration, la variation positive de la production de bien et de services dans une économie d’un pays sur une période donnée. […] Assainissement des finances publiques, amélioration du climat des affaires, attractivité des investisseurs étrangers, modernisation des contrôles, marchés publics, Alcia et malgré ça, nous avons eu : -affaire eximbank, -affaire bollore rail, -affaire uranium gate, -affaire africard; -affaire kaima; -affaire goroubanda; -affaire des deux avions de combat vétustes; -affaire avion mont greboun; affaire chantier primature; -affaire riz pakistanais; - affaire soraz; -affaire barrage de kandadji; - affaire ministère de la Défense, etc.

Voyez-vous, monsieur Issoufou, nous ne parlons pas du même Niger. Vous avez juste utilisé les antennes de télévision de notre Niger à nous pour parler de votre Niger imaginaire dont nous ne sommes pas citoyens et ignorons complètement sa situation géographique.

Faîtes vos mois qui vous restent et débarrassez le plancher, je n ai aucun doute que justice sera rendue au peuple nigérien.


Pr Namaiwa, enseignant-chercheur à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar

Il est passé à côté de la question fondamentale de l’amélioration des conditions de vie des populations notamment rurales à travers l’évolution du revenu par habitant et de la population pauvre. Aucun chiffre (comme il aime le faire) là-dessus !

Sur les questions économiques on a l’impression de lire un rapport de la Bceao: Aspects macroéconomiques uniquement sans appréciation de l’impact des politiques publiques sur les conditions de vie des populations.

Sur les secteurs sociaux de base, je pense que lui-même ne croit pas à ces bilans des différents ministères. Raison pour laquelle il a soigneusement évité de parler de la corruption, des détournements, etc. Il hésitait même lorsqu’il aborde ces questions. On sent toute sa gêne.

Il a aussi sciemment occulté la question de l’unité nationale mise à rude épreuve par ses partisans et ses propres actions de concassage des partis. Lui voit dans la floraison des partis politiques un signe de bonne santé de la démocratie et des libertés collectives et individuelles en passant sous silence (on le comprend) l’embastillement très sélectif des citoyens.

11 avril 2020
Source : Le Courrier

 

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