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Amères vérités : Un gouvernement qui est incapable de réprimer un détournement de 5000 tonnes d’une aide alimentaire destinée à des populations en difficultés alimentaires, est un gouvernement qui ne mérite aucun respect

Dans l’histoire politique du Niger de ces 25 dernières années, aucun des six présidents et/ou chefs d’Etat que le Niger a comptés à la tête du pays n’a connu autant d’échecs patents, de misères, d’outrages et de mépris. À la base d’une telle déconfiture, il y a une propension, jamais égalée, à violer la Constitution sous l’égide de laquelle ils «gouvernants», à détourner les deniers et biens publics, à consacrer une impunité totale aux auteurs de délits, crimes et autres infractions graves à la loi, à ériger le faux comme référence, à établir une sorte de clivage entre citoyens nigériens devant la justice, bref, à trahir le serment coranique qu’il a fait de «ne jamais trahir ou travestir les aspirations du peuple nigérien». La gouvernance de Mahamadou Issoufou, c’est l’histoire de paroles futiles face à des réalités poignantes, de promesses paradisiaques dans un quotidien d’enfer, le tout moulé dans des projets chaotiques frisant la démence. Le barrage de Kandadji, un rêve à portée de main, est devenu sous Issoufou une utopie ; le rail a été un fiasco  et Gorou Banda, un désastre financier et écologique, pour ne citer que ces trois projets.

À l’extérieur, on a vu, grâce à la révélation du scandale du différend judiciaire avec Africard, avec quelle légèreté ils ont mis en péril des biens immobiliers stratégiques pour notre diplomatie ; biens immobiliers que notre pays a acquis depuis de longues décennies par des hommes d’État au sens plein du terme. Dans ce dossier douloureux, le refus persistant et désinvolte du Premier ministre Brigi Rafini, de se soumettre à un arrêt de la Cour d’État, la plus haute juridiction du Niger, est un cas d’extrême défiance des gouvernants actuels vis-à-vis de la loi. Ces résultats désastreux pour le Niger ne sont pas un hasard. Ils procèdent d’une intention malfaisante que les Nigériens ont découverte six ans après le péché originel de Mahamadou Issoufou. L’uraniumgate, perpétré quatre mois seulement après l’investiture de Mahamadou Issoufou révèle une grave volonté de trahir le serment coranique qui le lie, d’abuser des pouvoirs que la Constitution lui confère pour gagner de l’argent, sur le dos de l’État, «sans rien faire». L’uraniumgate révèle la psychologie de ceux qui ont pris les rênes du pouvoir en avril 2011 et leur premier forfait atteste de leur rapport d’avec l’argent public. Découverte six ans après, l’uraniumgate représente pour les Nigériens, la preuve ultime, par delà tous les écarts que Mahamadou Issoufou a régulièrement eus avec la loi, que son pouvoir n’a jamais travaillé pour le bien-être des Nigériens, mais bien pour l’enrichissement d’hommes et de femmes dévoués à son règne scandaleux. Qu’il s’agisse de Massaoudou Hassoumi, acteur principal de l’uraniumgate ou même de Mahamadou Issoufou, auteur de multiples violations de la Constitution et incontestablement impliqué dans cette affaire de 200 milliards ;

Qu’il s’agisse de Ousseïni Tinni, président de l’Assemblée nationale, de son premier Vice-président, Iro Sani, impliqués dans un scandale financier à l’ARTP [Ndlr : Agence de régulation des télécommunications et de la poste] ou de tous ces députés, soupçonnés dans de graves scandales et qui ont trouvé refuge à l’Assemblée nationale. Qu’il s’agisse de Brigi Rafini, d’Ibro Zabèye (directeur du contentieux), de Saïdou Sidibé (ancien ministre des Finances) ou encore de Gandou Zakara (Secrétaire général du gouvernement), acteurs de premier plan du différend judiciaire avec Africard ;

Les résultats sont les mêmes et on a l’impression que TOUT LE SYSTEME EST POURRI JUSQU’A LA MÖELLE DES OS. Ces résultats désastreux pour le Niger ne sont pas désastreux pour ceux qui ont agi au nom du Niger dans ces dossiers à scandales, à l’exemple du détournement des 5000 tonnes de riz pakistanais destinées à des populations en proie à l’insécurité alimentaire.  Un gouvernement qui est incapable de réprimer un détournement de 5000 tonnes d’une aide alimentaire destinée à des populations en difficultés alimentaires, est un gouvernement qui ne mérite aucun respect. Et lorsqu’il tend à nouveau la main pour demander de l’aide, on peut soupçonner que c’est toujours pour vendre et enrichir des hommes, pas pour venir en aide aux populations au nom desquelles l’aide a été sollicitée. Peut-on être responsable d’une telle incurie et tendre à nouveau la main ? Est-il admissible que le drame de millions de Nigériens soit une opportunité d’enrichissement pour des individus investis de la mission de veiller au bien-être de celles-ci ? Pour avoir le cœur de demander à nouveau alors que l’on a sur la conscience 5000 tonnes détournées de sa destination naturelle et exprimée, il faut être un crack, un dur à cuir. L’introduction de l’article 47 de la Constitution dans le lot des articles à modifier est plus qu’une preuve des rapports que Mahamadou Issoufou et ses camarades entretiennent avec la loi, les deniers et biens publics. Elle est caractéristique de l’homme qui dirige le Niger, de ses desseins, nécessairement noirs, pour le peuple nigérien et de sa volonté à violer la loi pour devenir la loi. Tous les détournements de deniers et biens publics, le développement exponentiel de la corruption — n’en déplaise à Transparency — n’ont qu’un seul et unique objectif : participer à la réalisation du rêve de Mahamadou Issoufou de devenir la loi au Niger.

09 mai 2017 
Source : Le Canard en Furie

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