Forfaitt-ORANGE-4G

Amères vérités : La revendication de Seïni Oumarou et du Mnsd par rapport à un code électoral consensuel indique à suffisance que le Niger évolue vers de graves divergences, en conséquence vers un conflit électoral qui risque d’être fatal à la cohésion na

 Amères vérités : La revendication de Seïni Oumarou et du Mnsd par rapport à un code électoral consensuel indique à suffisance que le Niger évolue vers de graves divergences, en conséquence vers un conflit électoral qui risque d’être fatal à la cohésion naDans ce qui se profile à l’horizon, au Niger, l’acte insolite du président intérimaire du Moden Fa Lumana Africa, Noma Oumarou, reste sans aucun doute un fait divers. Mais un fait divers qui, bien qu’il viole délibérément et de façon flagrante, les textes fondamentaux du parti du cheval ailé, a semé le trouble dans l’esprit des militants et fait le petit bonheur de certains. Cependant, il s’est révélé un feu de paille vite circonscrit. Et après la surprise générale, ceux qui l’ont allumé, ou pour être plus prosaïque, celui qui l’a allumé, ne sait plus quoi en faire. Il porte son affaire, tel un supplice sans fin à l’image de Sisyphe, ne sachant trop bien comment l’éteindre dans la mesure où l’incendie attendu n’a pas manifestement pris. Dans cette affaire, des questions s’imposent : 1. Pourquoi et à quelles fins Oumarou Noma a pris sur lui de suspendre, sans que les textes du parti ne lui en donnent le pouvoir, Soumana Sanda, président de la coordination régionale de Niamey,

Oumarou Moumouni Dogari, président de la coordination communale de Niamey 3, Youba Diallo, ancien directeur de campagne de Hama Amadou en 2016, Mahamane Sani dit Léger et Sadikou Hamza dit Algérien, un membre non moins important de la coordination régionale de Niamey ?

Cette première question mérite d’être posée puisqu’elle détermine tout le reste. Certains, dans un argumentaire trop facile qui cache les desseins et les motivations, se limite à dire que les intéressés auraient organisé la conférence régionale élective de Niamey alors que Noma Oumarou a instruit de surseoir à ça jusqu’en début avril. Une réponse très limitée qui ne résiste pas à une analyse sérieuse. Si tel est le cas, il faut se demander pourquoi Noma Oumarou n’a pas suspendu le président de la coordination communale Niamey V, le nommé Idrissa Amadou, pourtant président du comité d’organisation de la conférence régionale élective de Niamey ? De même, l’on peut et doit se demander pourquoi a-t-il épargné celui de la coordination communale Niamey I et celui qui, aux yeux de la coordination régionale de Niamey, fait office de président de la coordination Niamey 4 ?

Manifestement, les victimes ont été choisies selon un critère que seul Noma Oumarou est en mesure d’expliquer.

En signant une décision de suspension de certains ténors du parti de la région de Niamey, le Président intérimaire du Moden Fa Lumana Africa, Oumarou Noma, a sans aucun doute poignardé son parti dans le dos. Mohamed Bazoum, Hassoumi Massoudou ou encore un Kalla Moutari, ne pouvait faire pire contre le parti de Hama Amadou. Ils ne pouvaient, en tout cas, rêver de mieux.

Hama Amadou a été harcelé, emprisonné puis finalement contraint à l’exil forcé par Mahamadou Issoufou et le Pnds, mais il n’a sans doute pas eu autant mal qu’en apprenant, cette fois-ci, que le coup vient de l’intérieur. Comme quoi, il arrive qu’on attende le feu de chez le forgeron, il peut venir de chez le tisserand. Noma Oumarou sait parfaitement qu’il a posé un acte des plus répréhensibles. Tant moralement que politiquement. Et si son intention est de faire mal à son parti, il ne peut choisir un moment plus critique pour semer le doute dans l’esprit des militants.

Malgré la maladresse de Noma Oumarou qui, paraît-il, ce qui se profile à l’horizon politique ne peut laisser indifférent. La pesanteur de ce qui se profile est si forte que l’acte de Noma est étiqueté fait divers. Les gens en parlent, mais la réalité des choses finit toujours par s’imposer. Et la réalité, c’est bien, d’une part, tout ce qui construit autour de Mahamadou Issoufou en termes d’adhésions nouvelles de têtes qui ont pratiquement, toutes, une même particularité ; d’autre part, les visages qui sont en train d’être donnés à des institutions clés en matière électorale.

Les défections au sein des autres partis politiques au profit de Mahamadou Issoufou, pas du PndsTarayya ¯ ce sont les intéressés qui le précisent ¯ de ces derniers temps ont quelque chose de surprenant. Elles interviennent en faveur d’un président en voie de fin de dernier mandat. Le Président Issoufou travaillerait-il à consolider les bases du Pnds, notamment à Tahoua où il continue à rassembler, avant de le céder définitivement à Mohamed Bazoum ? À deux ans de son départ, c’est sans doute le cadeau ultime que Mahamadou Issoufou fait en guise de retour d’ascenseur à celui qui dit l’avoir précédé dans le Pnds.

Serait-ce un cadeau empoisonné ? Si tel est le cas, Mohamed Bazoum ne saurait ne pas flairer le coup. L’entrée à la Cour constitutionnelle de Gandou Zakara et de Mahamane… a semé le plus grand trouble au sein de l’opinion nationale. Et lorsqu’on y greffe le fait que c’est le président de la République en personne qui s’est rabaissé à imposer Mohamed Bazoum comme candidat du Pnds, l’affaire semble sentir le roussi.

C’est peut-être ce qui a conduit le Mnsd et Seïni Oumarou sur les mêmes traces tortueuses que le Pnds pour transformer un congrès statutaire en un congrès d’investiture. À Tahoua, samedi 22 mars 2019, le 9econgrès du Mnsd a pris fin sur une résolution inattendue qui investit Seïni Oumarou, candidat du parti à l’élection présidentielle de 2021. Une décision aussi surprenante que troublante dans le ciel étroit de Mohamed Bazoum et un Pnds dont on n’aura plus que faire dans peu de temps. Le Haut-représentant du chef de l’Etat joue-t-il en solo ou exécute-t-il une partition en phase avec le Président Issoufou ? Quoi qu’il en soit, les faits politiques actuels n’augurent pas de lendemains électoraux dignes d’éloges. La revendication de Seïni Oumarou et du Mnsd par rapport à un code électoral consensuel indique à suffisance que le Niger évolue vers de graves divergences, en conséquence vers un conflit électoral qui risque d’être fatal à la cohésion nationale et à la stabilité. Seïni Oumarou ne s’en cache pas et dit ouvertement insister sur l’impérieuse nécessité d’un code électoral consensuel et le respect scrupuleux du chronogramme des élections afin de prévenir tout dérapage. Tout, absolument tout, indique que le Niger est sur une pente dangereuse. Et il ne sert à rien de continuer à fermer les yeux sur les périls graves qui se profilent à l’horizon. Pour dire les choses en un mot comme en mille, il faut nécessairement s’arrêter pour corriger la tendance avant l’irréparable.

BONKANO. 

03 avril 2019
Publié le 25 mars 2019
Source : Le Canard En Furie

Imprimer E-mail

Idées et opinions