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L’apport des jeunes dans l’émergence d’une Nation… : Par SAMI Youssoufou

SEYNI-SAMI-Youssoufou-Tome2.jpgLa jeunesse constitue de nos jours l’un des principaux piliers dans la vie d’une Nation. Elle constitue également le socle, la pierre angulaire sur lequel forcément doit s’adosser un pouvoir public pour la mise en œuvre de tout programme de développement économique et social.

Pour atteindre ce point de développement, un nouveau terme a fait son apparition. Il s’agit du concept  « d’émergence ». Ce dernier fût apparu dans les années 1980 avec le développement des marchés boursiers dans les pays en développement.      Le premier à utiliser le terme « marchés émergents » en 1981 est Antoine van Agtmael, économiste néerlandais à la Société Financière Internationale, pour parler « de pays en développement offrant des opportunités pour les investisseurs »

Ainsi, un pays émergent, ou économie émergente est un pays dont le produit intérieur brut (PIB) par habitant est inférieur à celui des pays développés, mais qui connait une croissance économique rapide, et dont le niveau de vie ainsi que les structures économiques et sociales convergent vers ceux des pays développés avec une ouverture économique au reste du monde, des transformations structurelles et institutionnelles de grande ampleur et un fort potentiel de croissance. Donc d’une manière générale que le cadrage macro-économique, le budget et la balance de paiement soient dans un bon tempo.

Révolu donc le temps où la jeunesse fut considérée comme étant le ventre mou, le maillon faible durant toutes les précédentes phases de planification qu’a connu notre nation. Ainsi, la jeunesse était en marge durant tous les trois temps fort de la trajectoire économique de notre pays.

De la période de 1960 à 1980 qui fût marquée par la planification centralisée avec une forte présence de l’Etat à la fois "impulseur" et catalyseur de l’activité économique nationale. Puis vint la période 1980 à 2000 marquée par la douloureuse mesure de Programme d’Ajustement Structurel (PAS) qui "enfanta" un corolaire de désarticulation et de déstabilisation de notre structure économique, politique et social. A la troisième phase celle liée à la période de 2000 à 2012 marquée par le fameux temps des Documents de Stratégies de Réduction de la Pauvreté (DSRP) et durant laquelle, le remboursement de la dette publique était le cadre logique et référentiel de nos politiques économiques publiques.

Très souvent, cette jeunesse est même indexée du doit, croyant qu’elle constitue la source du sous-développement donc de la pauvreté monétaire, absolue et relative. Or à vrai dire, la causalité a été inversée. Qu’en réalité c’est cette dernière qui continue le véritable levier pour le développement d’une nation, donc de son émergence. Mais pour que cette dynamique soit effective plusieurs éléments doivent être réunis en amont :

‘’Une jeunesse bien formée et soucieuse de son avenir’’

« Une jeunesse mal formée constitue un danger public dira l’autre ». Ainsi, face aux défis qui jalonnent la voie de l’émergence, toute stratégie économique devrait avoir pour lit, un cadre et schéma institutionnel et administratif pour la porter, mais surtout   des hommes et femmes du terrain à la hauteur pour l’animer.

Cette jeunesse doit avoir une formation de qualité afin d’être des agents productifs et de développement durable.     A exercer un Management de la Très Haute Performance (MHTP) en étant un maillon utile dans la marche vers l’émergence.

Cette formation allant des sciences exactes aux sciences sociales en passant par les nouvelles technologies doit être couplée avec certaines qualités. Il s’agit notamment de vertu de vérité, une volonté de comprendre, de sincérité et d’assiduité au travail. C’est ce que d’ailleurs préconise Edgar Morin dans son ouvrage intitulé « Les 7 savoirs nécessaires à l’éducation du futur ».

‘’Des valeurs fortes à savoir Courage, Cohésion, Leadership, Agilité, Intégrité, Respect, Excellence (CCLAIRE)’’

Le Courage en premier lieu, car, dans notre contexte où tout est à refaire, il est important d’avoir des jeunes capables d’affirmer leurs convictions. C’est également la faculté d’affirmer sa différence, sa divergence d’opinion y compris en situation de rapport de force défavorable. Enfin, c’est un leitmotiv de bonne gouvernance dans la voie de l’émergence, que les différences puissent être exprimées ouvertement aussi avant gardistes soit-elles.

La Cohésion fait appel à l’esprit d’équipe qui est une valeur importante. Convaincus que la force et l’unité sont issues de la cohésion du capital humain, la jeunesse est appelée à entretenir une interaction permanente de la base au sommet et du sommet à la base. Interaction aussi entre les différentes parties prenantes qui partagent ou pas la même vision qu’elle sans distinction de sexe, d’âge, de régions, d’ethnies ou de religions. C’est ce d’ailleurs préconise Geert Hofstede dans son ouvrage « Culture and Organizations: International Studies of Management & Organization » ou il exposait les quatre dimensions majeures culturelles qu’il utilisa dans le management interculturel.

Le Leadership traduit à la fois une ambition et un positionnement. Ainsi, la jeunesse est appelée à développer des compétences reconnues à valeur intrinsèque chacun dans son domaine dans cette marche vers l’émergence. Il s’agit ici d’un challenge continuellement renouvelé. Il n’est point d’excellence, sans remise en cause permanente. Ce leadership va ainsi de pair avec l’exceptionnalisme, le rationalisme et la sobriété.

L’Agilité pour apporter régulièrement des solutions les plus adaptées à la marche vers l’émergence. Car, c’est au niveau local que les défis de ciblages, de segmentations et de positionnement des problèmes sont les plus redoutables. Souvent pour beaucoup de problèmes de dimension nationale, il faut des solutions locales, et pour beaucoup de problèmes locaux, il faut des solutions nationales. Ainsi, le développement en définitive, est moins une question de point de départ que de ligne d’arrivée. Sur le chemin de développement, la question "d’où l’on vient" est moins déterminante que la problématique sur la bonne direction dans le bon mouvement et le bon tempo d’autant plus qu’ "il n’y a de vent favorable que pour celui qui sait là où il va".

L’Intégrité fait partie des lois sociologiques du développement. Si les pays occidentaux en sont arrivés là, c’est parce qu’ils se sont appuyés sur les valeurs de la morale, de l’éthique et d’intégrité. Idem pour les pays de l’Asie, qui naguère, étaient au même niveau de développement que certains de nos pays africains, ont su faire adosser leurs performances économiques, sur le lit des "Asian Values".

Le Respect constitue l’une des valeurs qui caractérise toute politique socio-économique, qu’elle soit stratégique ou opérationnelle. Le respect d’autrui est l’un des premiers principes que la jeunesse doit suivre, pour que la vie en société soit possible. Respecter l’autre parce que nous reconnaissons qu’il est un autre nous-même ; le considérer comme un égal, en dépit du fait qu’il ne soit pas nous. Le respect d’autrui se base donc, en premier lieu, sur l’acceptation d’un principe d’égalité entre les hommes. Savoir également que l’autre a les mêmes droits que nous, et également les mêmes devoirs.

Ce dernier garantit un bon équilibre pour la bonne marche vers l’émergence d’une nation.  « Agis de telle façon que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans celle d’autrui, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen » disait le premier impératif Kantien.

L’Excellence demeure le point convergeant de l’ensemble de ces valeurs ci-dessus énumérées. C’est cette quête d’excellence qui favorisera l’éclore d’une nouvelle génération d’esprit. Pour se faire trois conditions sont plus que nécessaire : Premièrement, cette jeunesse doit avoir une connaissance de soi, ses valeurs, ses intérêts, ses compétences, ses passions etc. Deuxièmement, elle doit développer une double compétence couplée d’un esprit d’entreprenariat, c’est-à-dire que les jeunes doivent faire du business de côté pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Par ricochet faire booster la croissance. Enfin, cette dernière doit avoir une stratégie, un plan de carrière à court, moyen, et long termes. « La maîtrise et l’excellence s’acquièrent par la persévérance dans le travail, la pratique, la répétition et la concentration dans un long processus d’apprentissage disait Didier Court ».

Au finish, ce nouveau « esprit d’émergence » qui est d’ailleurs largement encré dans notre quotidien devra (ré) visiter et (ré) inventer nos « Nigérien Values », surtout celles-là qui restaurent la refondation, la dynamique et habitent l’espoir qui libèrent le génie, le talent, la persévérance, la générosité et le dévouement de notre peuple. Et pour cela, une seule et unique condition incontournable s’impose. Ainsi cette courbe en « ⋂ » de Kuznets sur les relations entre l’économie (croissance) et pauvreté, qui fait que la pauvreté, les inégalités sont d’abords croissantes, seront décroissantes grâce au travail. « A cœur vaillant rien d’impossible dira l’autre ».

SAMI Youssoufou,  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Enseignant Vacataire
Intelligence Economique &
Management Stratégique.

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