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Amères vérités : Il est désormais impossible de sauver le soldat Salou

Amères vérités : Il est désormais impossible de sauver le soldat SalouMohamed Bazoum respire et il faut le dire. Il respire à pleins poumons et autour de lui, l’humeur est à la fête. Ils ont raison de jubiler. Depuis que le soldat Salou est esquinté par le retour sur le devant de la scène de cette affaire de deal avec Mahamadou Issoufou, l’espoir semble renaître chez le président du PndsTareyya. Les oldat Salou Djibo qui est resté, selon un certain Kimba…, en contact permanent avec le Président Issoufou, n’a plus qu’à songer à autre chose si jamais, il rêvait d’un retour au pouvoir par un renvoi d’ascenseur de la part de celui dont il a facilité l’accession au pouvoir. Il doit comprendre qu’il est désormais une icône grillée, plombée et bonne à ranger dans les oubliettes de l’histoire. Et que le Président Issoufou a beau vouloir lui rendre la politesse, il est coincé, sans autre possibilité que d’abandonner la piste du soldat Salou ou de confirmer l’existence de ce deal. En revenant, avec plein de conviction sur ce pacte qui fait de Salou Djibo le candidat potentiel du Président Issoufou pour l’élection présidentielle à venir, Hama Amadou ne fait pas que dénoncer un accord anticonstitutionnel et amoral. Il fausse des plans, ouvrant grandement les voies de l’avenir, auparavant rétrécies,mêmes pour les potentiels candidats proscrits par une certaine logique politique. L’évolution des choses est certes dramatique pour le soldat Salou qui constate, impuissant, la dislocation de ce qu’il s’est donné un mal fou pour construire. Mais elle se présente sous de bons auspices pour d’autres, tant il est vrai que le malheur des uns fait le bonheur des autres.

Ainsi, Mohamed Bazoum est sans aucun doute le premier gagnant de voir Hama Amadou insister à nouveau sur la réalité d’un deal entre Mahamadou Issoufou et Salou Djibo. L’élimination de ce soldat dans la course aux bonnes grâces du Président Issoufou au sein de son camp politique est une aubaine pour le président du PndsTareyya. Il peut désormais regarder dans une seule direction et concentrer ses forces et son intelligence pour affronter des adversaires politiques ayant les mêmes moyens que lui, d’égal à égal. C’est pratiquement requinqué qu’il a pris les airs pour entreprendre une tournée qu’un certain Mahamadou Issoufou a faite en son temps, parcourant villes et campagnes pour promettre monts et merveilles aux Nigériens. Sous le fallacieux prétexte de l’insécurité, Mohamed Bazoum, qui a dû établir son calendrier suivant le poids démographique, a commencé à Maradi, avec des localités à fort potentiel électoral, le long de la frontière du Nigeria. Il veut ainsi se faire connaître partout il l’est moins ou pas du tout, histoire de dire, comme son prédécesseur à la tête du PndsTareyya, qu’il a parcouru, bien avant d’être candidat, tel nombre de villages. Cependant, si Mohamed Bazoum a de quoi se réjouir de l’élimination du soldat Salou, il doit savoir que sa victoire est à la fois partielle et éphémère.

Le deuxième gagnant est incontestablement le Président Issoufou qui se desserre ainsi d’un étau qui devient, au fur et à mesure que l’échéance approche, étouffant, voire mortel. La dénonciation du deal qui le lierait au général Salou Djibo lui permet, sans coup férir, de se débarrasser de l’étreinte embarrassante de ce soldat. Il peut, en montrant à son bienfaiteur, les raisons objectives qui militent contre lui. Non seulement la démarche pour l’imposer au Pnds Tareyya comme candidat à soutenir s’apparente à un parcours de combattant, mais poursuivre la logique jusqu’au bout l’expose à des conséquences redoutables. Car, travailler à tout casser, y compris le PndsTareyya, pour faire un boulevard au soldat Salou revient à confirmer le deal et à se mettre sur le dos tous les partis politiques.

Le troisième gagnant est Hama Amadou, le chef de file de l’opposition politique qui assène ainsi un Uppercut du droit à Mahamadou Issoufou et au soldat Salou, un intrus sur la scène politique qui doit s’effacer pour laisser libre cours à un jeu électoral sain. Mieux, Hama Amadou a semé davantage le doute dans l’esprit de partenaires politiques qui ont vu et entendu tellement de choses qu’ils ne peuvent que cultiver désormais la prudence et la méfiance, les uns vis-à-vis des autres. La guerre larvée entre le Président Issoufou et Mohamed Bazoum qui étalerait de plus en plus sa déception et son mécontentement, trouve dans cette affaire de deal ébruitée, de quoi alimenter le feu qui couve.

Quant à Salou Djibo, le seul perdant, il a joué trop gros pour ne pas finir malheureux. Lorsque, sans aucune possibilité d’en douter, les Nigériens comprendraient qu’il a conduit un coup d’Etat, non pas pour restaurer la démocratie et la légalité constitutionnelle, mais pour des calculs mesquins et mercantiles, son compte sera définitivement fait. Il ne pourra se faire une place dans l’arène politique et perdra certainement ses galons de général. Ni au Pnds ni dans l’armée où il n’aura plus aucune crédibilité, l’homme sera comme une hyène aveugle, perdue et à la merci de tous. Mahamadou Issoufou, qui œuvrera peut-être à partir tranquille et serein, pourrait éventuellement envisager de négocier une sortie honorable en sacrifiant tout ce qui paraît encombrant. Or, Salou Djibo est un colis encombrant qu’il n’est pas difficile pour le Président Issoufou de sacrifier pour se tirer d’affaire.

Dans tous les cas de figure, le soldat Salou est définitivement grillé. C’est un soldat qu’il est impossible de sauver et ceux qui s’entêteront à le faire font courir certainement au Niger de graves périls. S’il n’est pas personnellement fier d’avoir arrêté la dérive de Mamadou Tanja, il doit comprendre que Mahamadou Issoufou a beau être président de la République, il ne peut lui concéder le pouvoir. Ce n’est pas dans ses cordes. Nous ne sommes ni au village ni dans une monarchie constitutionnelle pour que Salou Djibo succède à Mahamadou Issoufou. S’il ne le comprend ainsi, il risque fort de se brûler les doigts. Quant à ceux qui, tapis au sein de l’administration publique et que l’on dit des obligés travaillant à un retour de Salou Djibo au pouvoir, ils doivent se convaincre, une fois pour toutes, que la roue tourne, inexorablement. Gare à ceux qui veulent l’arrêter ou inverser le sens.

BONKANO
26 octobre 2018
Source :  Le Canard en Furie

 

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