Regards sur la Démocratie nigérienne : Par Mahamoudane AGHALI

Regards sur la Démocratie nigérienne : Par Mahamoudane AGHALIA maintes reprises, profitant de la plage qu’offre Nigerdiaspora pour s’exprimer en toute liberté, je me suis permis d’intervenir, sans coloration politique, sur la situation au Niger.
Il est clair que les contributions et les interventions nationales ou internationales n’ont aucun effet sur le pouvoir Nigérien.
Ce comportement osé et dangereux, qui rappelle bien des situations antérieures, n’interpelle personne au sein de la classe au pouvoir. Elle n’a d’oreilles ni pour les protestations, ni pour les conseils. Elle a fait le choix d’aller contre les rudiments de l’Etat de droit, à savoir l’égalité du citoyen devant la Justice, la liberté de manifester et de s’exprimer librement, la liberté de la presse et en un mot le respect de la constitution démocratique et l’Indépendance de la Justice.
On est tenté d’admettre que le vrai but des élections présidentielles ou autres est d’arriver au pouvoir pour le pouvoir, ensuite satisfaire ses sponsors et s’accaparer des richesses du pays, tout en faisant siennes les forces de l’ordre et les juges, en les détournant de leurs missions républicaines, pour se protéger. Ainsi libre de diriger comme on l’entend, on s’entoure d’une coquille de parents et amis prêts à ne pas permettre une quelconque alternance en agenouillant le peuple et à terroriser les voix dissidentes, politiques et civiles.
Le peuple tolérant et à fort taux d’analphabétisme souffre en silence, dans l’impuissance. Petit à petit, il se rend compte que les belles promesses d’une vie meilleure et d’un développement harmonieux s’estompent faisant place à un enrichissement illicite soutenu de la classe sensée sortir le Niger de l’ornière et le monde rural de ses souffrances.
Pour plaire et fermer les yeux de l’Extérieur, on brade la souveraineté nationale et on fait des concessions inadmissibles aux sociétés étrangères.
Les quelques Nigériens qui, à travers des organisations reconnues par l’Etat, ont le droit de s’opposer, sont interdits de le clamer et sont jetés en prison d’une manière extrajudiciaire et y restent quelque soient les interventions. La Justice cautionne et justifie.
Les prisons regorgent d’innocents (Militaires, élèves, partis politiques, société civile) pendant que les grands détourneurs des deniers publics au sein du pouvoir ne sont nullement inquiétés.
L’argent sale se recycle dans la construction des domaines et des sociétés opaques.

Comme on part pour garder le pouvoir, il faut détruire d’une manière ou d’une autre toutes les structures capables de prétendre au pouvoir, à commencer par les partis politiques. Le plus grand (Lumana) est hors course puisque son Président est juridiquement inapte à se présenter. Le MNSD est allié. Les autres il faut les diviser et les juges du régime trouveront les mobiles des condamnations…

Les leaders de la société civile, après quelques mois de détention aux périodes les plus caniculaires au Niger, n’auront plus la volonté de se battre et accepteront des compromis.

Les radio télévisions fermées pour impôts baisseront la tête quand un arrangement leur serait proposé.

L’avocat passera un an en prison et ne sera plus au courant de la politique. Le Procureur en a décidé ainsi.

Il restera quand même un problème de taille : Le Président ne pouvant se représenter il y aura certainement une divergence sur son dauphin au sein de la mouvance au pouvoir. Un casse tête non négligeable pour Le Président.

L’actuelle CENI monocolore est elle capable d’organiser des élections crédibles ? Est- ce démocratique ? La démocratie est sensée s’appuyer sur un sincère multipartisme.

Ainsi va le Niger.

A quand la vraie démocratie qui ne s’appuierait que sur le patriotisme, l’amour du Niger et de son peuple et non le saccage de ses richesses et la dictature insensée qui s’abreuve d’abus de pouvoir, de l’arbitraire et du terrorisme intellectuel ?

Mahamoudane AGHALI

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