SIM Aminchi 0range

L'armée du Niger en embuscade

Nicolas Beau politique NigerDes figures de la société civile emprisonnées pour avoir manifesté, une insécurité grandissante, des finances publiques en ruine, une opinion publique hostile à la présence de bases militaires étrangères, une diplomatie française moins inconditionnelle sous Macron qu’elle ne l’était sous Hollande et un ministre de l’Intérieur enfin, âme damnée du régime, menacé d’une plainte d’un fils Kadhafi qui l’accuse d’avoir facilité son extradition contre de l’argent: la situation du Niger est juste catastrophique.

Dans un tel contexte,  il semble bien, nous indique-t-on de bonne source, que les militaires nigériens guettent le premier faux pas du pouvoir actuel pour mettre fin à une séquence jugée unanimement désastreuse. Rappelons nous que l’armée nigérienne avait su en 2010 par un coup d’Etat chasser le prédécesseur du président Issoufou et remettre le pays sur les rails de la démocratie. « Il suffirait d’une étincelle, affirme diplomate, une manifestation réprimée de façon sanglante ou des bagarres inter ethniques, pour que l’armée décide d’intervenir ».

L’armée démantelée

Le scénario est d’autant plus plausible que le président Issoufou ne dispose d’aucune vraie popularité au sein de son armée. Il le sait tellement que depuis son arrivée au pouvoir, il n’a cessé de décapiter sa propre armée, en envoyant les meilleurs éléments dans des fonctions d’attachés militaires à l’étranger ou dans des postes subalternes dans des provinces lointaines. A tel point que l’appareil sécuritaire nigérien est totalement fragilisé face aux groupes terroristes qui ont marqué des points ces derniers mois.

Lors du premier tour des dernières élections présidentielles, le vote des casernes l’avait désavoué nettement, Les militaires en effet avaient voté deux jours avant le reste des citoyens. Le résultat n’avait pas pu, lui, être fraudé, car sous bonne surveillance…de l’Armée.

Or les résultats avaient été catégoriques. Le principal opposant au pouvoir et ancien Président de l’Assemblée, Hama Amadou, dont les connections au sein de l’armée sont nombreuses est arrivé largement en tête alors que le président Issoufou figurait en quatrième position!

Le coup d’état au service de la démocratie, voici une idée neuve mais pertinente dans l’Afrique d’aujourd’hui!

11 avril 2018
Source :https://mondafrique.com/larmee-niger-embuscade/

Imprimer E-mail

Idées et opinions