SIM Aminchi 0range

Amères vérités : Dans la gouvernance de Mahamadou Issoufou, tout est ÉCHEC

Amères vérités : Dans la gouvernance de Mahamadou Issoufou, tout est ÉCHECDans la gouvernance de Mahamadou Issoufou, tout est ÉCHEC :La démocratie, les droits de l’Homme, les libertés publiques, la politique agricole, la politique énergétique, la politique culturelle et sociale, l’éducation, la santé, la justice, la lutte contre la corruption et les infractions assimilées, les détournements de deniers et biens publics, etc. De quel succès parle-t-il et à qui le dit-il ?

Il n’est plus un secret pour personne, au Niger comme à l’extérieur, que les Nigériens, dans leur écrasante majorité, sont contre la gouvernance de Mahamadou Issoufou, longtemps protégée du courroux populaire par des méthodes et procédés que réprouvent tout à la fois la morale et la loi. Des méthodes et procédés qui sont tous, en train de tomber un à un, tels des paravents rongés par les termites. Le ver est dans le fruit, dit-on. Il y a encore des Nigériens qui ne veulent pas entendre parler de l’échec cuisant de Mahamadou Issoufou. Et pourtant, il a échoué sur toute la ligne et ce n’est pas un hasard si les Nigériens ont vomi sa gouvernance.

1. La démocratie, les droits de l’Homme, les libertés publiques, la politique agricole, la politique énergétique, la politique culturelle et sociale, l’éducation, la santé, la justice, la liberté de presse, la liberté de manifestation, la lutte contre la corruption et les infractions assimilées, les détournements de deniers et biens publics, etc. Tout est ÉCHEC. Des gens de mauvaise foi vous rétorqueront qu’il a construit des échangeurs et/ou des ponts. C’est indiscutable. Mais lorsqu’un gouvernant dilapide tout ce qu’il trouve pour, ensuite, endetter son pays de façon inconsidérée afin de réaliser quelques projets à coûts surfacturés, on ne peut parler ni de succès ni de responsabilité. 2. Un chef d’État, qui arrive au pouvoir ou qui se maintient au pouvoir par un hold-up électoral, peut relativement réussir à modifier de façon positive la position et les sentiments de son peuple, à condition de cultiver la droiture, l’intégrité et le patriotisme. Ce n’est pas de les chanter à longueur de semaine sans être capable de le démontrer. Les cultiver, c’est de donner l’exemple par les actes. Or, Mahamadou Issoufou a plutôt prêché tout ce qui est contraire à la droiture, à l’intégrité et au patriotisme. Des gens détournent des milliards, il les prend sous son aile protectrice et les utilise à des fins politiciennes. Il ne cherche pas à faire rentrer l’État dans ses droits, mais plutôt à utiliser le dossier comme fond politique. Il n’a ainsi entrepris aucune action ferme et résolue en vue de remplir ses engagements et ses serments de servir loyalement son pays, en tous temps et en toutes circonstances, entre autres dans l’affaire de l’achat de l’avion présidentiel ; dans l’uraniumgate ; dans la dilapidation des ressources matérielles de la Soraz ; etc.

3. Un chef d’État peut entretenir le pire des rapports avec les deniers et biens publics, mais lorsqu’il méprise, en plus, son peuple ou pose régulièrement des actes qui tendent à convaincre le citoyen lambda qu’il en est ainsi, il ne peut échapper au mépris de son peuple.

4. Lorsqu’un chef d’État cautionne les détournements de fonds et biens publics estimés à des centaines de milliards de francs CFA, voir plus du millier de milliards de francs CFA, soutient et protège les auteurs de ces graves délits, il ne peut être qu’un complice, actif ou passif.

5. Lorsqu’un chef d’État fait acheter un avion présidentiel au prix d’un neuf alors que l’appareil a effectué des vols commerciaux durant près de 16 ans et que, malgré les 35 millions d’euros empochés chez Areva ; malgré la provision budgétaire de 28 milliards de francs CFA, dont sept milliards (???) pour le hangar devant abriter l’appareil, il l’achète finalement à crédit, il ne peut être perçu que comme un immense danger pour les deniers publics.

6. Lorsqu’un chef d’État trempe, par l’intermédiaire de son directeur de Cabinet qui ne répond que de lui, dans un scandale comme l’uraniumgate ou lorsque, même innocent dans ladite affaire, il accepte d’avaler la pilule, de travailler à protéger l’auteur du délit ou d’y rester indifférent, il est forcément complice (actif ou passif).

7. Lorsqu’un chef d’État accepte que des trafiquants de drogue, notoirement connus, à l’image d’un certain Sidi Lamine, continuent d’incarner la République, que ce soit à l’Assemblée nationale ou ailleurs, en toute assurance, il ne peut convaincre personne sur la lutte contre le trafic de drogue dans son pays.

8. Lorsqu’un chef d’État accepte qu’un de ses ministres porte atteinte à l’honorabilité d’une institution de la République, en l’occurrence la justice, et qu’il ferme les yeux sur le refus de ce ministre d’obtempérer à une décision de justice, c’est qu’il en est, de façon active ou passive, l’inspirateur principal.

9. Lorsqu’un chef d’État est incapable d’engager sans ambiguïté une lutte féroce contre la corruption et qu’il est pourtant, parfaitement au courant, de plusieurs affaires ayant gravement porté préjudice aux intérêts de l’État, c’est qu’il se sent à l’aise avec ce fléau.

10. Lorsqu’un chef d’État est incapable de sévir contre des individus qui mettent la cohésion et l’unité nationale en périls, il ne peut empêcher à ses concitoyens de penser que c’est fait avec son plein soutien.

11. Lorsqu’un chef d’État reste indifférent à des attaques terroristes récurrentes qui endeuillent son peuple, mais court exprimer sa compassion et sa solidarité à d’autres peuples, c’est qu’il méprise forcément son peuple.

12. Lorsqu’un chef d’État tient régulièrement des discours sur la base d’éléments et de statistiques démontrés faux et qu’il persiste à les maintenir comme étant l’expression d’un travail qu’il aurait réalisé à la tête de l’État, c’est que la logique privilégiée est très éloignée de la sincérité et de la franchise.

13. Lorsqu’un chef d’État viole la loi fondamentale de son pays qu’il a juré, la main droite sur le Saint Coran, de respecter et de faire respecter, c’est qu’il ne croit pas au serment coranique, à plus forte raison aux chiffres qu’il porte comme étant la traduction de son bilan.

Bref, tout le monde, à l’exception de ceux qui vivent du système qu’il a mis en place, est désormais fixé quant au bilan réel de Mahamadou Issoufou.

Les Nigériens savent qu’il a échoué, jusqu’au dernier degré, dans sa mission ;

Qu’il n’a pas simplement échoué, mais qu’il a suscité l’échec, l’a entretenu et l’a encouragé ;

Que son échec tire ses origines dans les profondeurs des maux par lesquels il a pensé pouvoir tirer les forces de son règne personnel et sans fin ;

Qu’il s’est trompé d’époque et a sous-estimé la maturité politique de ses concitoyens, particulièrement par rapport aux questions cruciales de citoyenneté, de cohésion sociale et d’unité nationale.

Que, contrairement aux hommes abusés qui se ressaisissent parce qu’ayant découvert que l’on a abusé de leur confiance, Mahamadou Issoufou incarne le mal nigérien.

Et, la loi des finances 2018 dans tout ça ? Est-elle antisociale de façon fortuite ? Non, elle est la résultante de ce tableau sombre qui traduit les rapports véritables que Mahamadou Issoufou a entretenus, durant sept ans, avec les maux qui minent le Niger.

Telle est la réalité du Niger. Telle est la vérité et le monde entier le sait à présent.

Bonkano

10 avril 2018
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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