SIM Aminchi 0range

L'air du temps : A l’épreuve de la dictée

Dictee-eleves-Niger-l-air-du-temps.jpgAmorcé depuis près de deux décennies déjà, le dérèglement du système éducatif national a eu des effets multiples et dévastateurs jusqu’à la limite de l’inimaginable. et ces effets se conjuguent pour donner le résultat qu’on sait, à savoir la baisse - disons une dégringolade !- en chaine du niveau des élèves et étudiants, de la maternelle jusqu’au sommet, au niveau supérieur. Par exemple au niveau de l’écriture de la langue de Molière, le niveau a atteint un tel degré de décrépitude que les inspecteurs pédagogiques n’ont eu d’autre choix que de supprimer l’épreuve de la dictée aux examens. raison : les élèves sont tellement nuls en dictée que cette matière est devenue une vraie machine à faire échouer les candidats, entrainant ainsi des taux d’admission désastreux.

Dire qu’à l’époque où l’école nigérienne avait encore ses lettres de noblesse, la dictée était une des épreuves fondamentales autour desquelles se jouait un challenge sans merci entre les élèves ! Il est vrai que même à cette époque-là, la dictée était la bête noire des élèves, même les plus ‘’calés’’ en la matière! En effet, les textes qui étaient généralement tirés des romans des grands auteurs de l’époque étaient d’une telle profondeur que le risque était grand d’y commettre une faute à tout bout de phrase.

Cela fait déjà de longues décennies, mais je me rappelle encore de cet extrait du roman ‘’Kocoumbo, l’étudiant noir’’ d’Aké Loba, que nous avions affronté à l’épreuve de la dictée lors de notre examen de l’entrée en sixième. cette dictée titrée ‘’Kocoumbo à la chasse’’ était connue pour être un vrai ‘’champ de pièges-à-faute’’. Mais, à l’époque, nous avions su déjouer les pièges. c’est vrai que la punition corporelle aidait à faire des efforts, mais à l’époque, le système était surtout si performant. Assez pour qu’au CM2 déjà, on puisse affronter des textes extraits de romans signés par des auteurs aussi talentueux que Birago Diop, Aké Loba, Olympe Bhêly Quenum, Camara Laye, Ferdinand Oyono, Ousmane Sembène, Abdoulaye Sadji, Seydou Badian, etc.

Parce que, doit-on rappeler, les enseignants étaient assez rompus à la tâche pour développer chez les élèves la maîtrise du français et des règles grammaticales, mais aussi parce que la culture du mérite inculquée aux élèves les poussait à se dépasser. Mais ça, c’était une autre époque…

Assane Soumana

16 mars 2018
Source : http://lesahel.org/

 

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