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En d’autres maux….. : Par Mamane Oumarou

En d’autres maux….. : Par Mamane OumarouLes mots ont une force qui contraste bien avec la légèreté avec laquelle ils sont prononcés, ou la facilité avec laquelle ils sont écrits sur un bout de papier ou sur un écran.
Ils peuvent être à l’origine de la cohésion sociale de tout un peuple, comme ils peuvent être à l’origine de sa déliquescence. C’est pour cela que dans certains cas, le silence est sage.
Dans la société, le « mot » devient un alibi pour agir. Au nom de la « liberté » ou du « droit » ou des « prérogatives », l’on est amené à prendre des décisions qui concernent des millions d’individus, sans qu’ils n’aient le choix de broncher. Au nom de la « démocratie », le « peuple » fait confiance et désigne des hommes et des femmes pour gérer ses affaires. Cette confiance est acquise (dans la plupart des cas) par la force des « mots » utilisés par les postulants lors des « campagnes électorales ». Ils deviennent alors des « élus ». Puis, ils ont accès aux biens publics ainsi qu’aux privilèges de la nation. Quelle force ils ont ? Les mots !
C’est aussi par les « mots » que la société identifie ceux qui sont en charge de la rendre meilleure et attractive. Ainsi on parle de « politicien » et de « société civile », entre autres. Bref, le « mot » devient également un passeport social.
Cependant, dans beaucoup de cas, le comportement ambigu et confus de certaines personnes travestit le sens du « mot » qui est censé les représenter. De ce « mot », ils ne gardent que la prononciation. Leurs actes sont plutôt traduits par des maux. Ils sont alors des usurpateurs de fait.

Politicien OU Politi-sien ?
Un politicien est une personne intègre, au caractère noble, qui se met au service du peuple. De part sa vision élevée, ses actions trouvent échos dans la vie socioéconomique de sa population ainsi que des générations futures.
Pour le politicien, les biens publics sont sacrés et la justice sociale est un préalable non-négociable, car il est conscient que c’est le principal ciment de la société. Il considère que tous les nigériens sont égaux devant la loi (en droit aussi bien qu’en devoir). Il est allergique à la corruption et n’accorde aucune tolérance aux corrupteurs et aux corrompus. Aucune « alliance » politique ou une quelconque amitié de 30 ans ne sauraient le dévier de ces principes.
Après sa mort (et oui, car toute âme goutera à la mort !), il laissera son nom inscrit en lettre d’or dans l’histoire du pays.
Puis il y’a l’usurpateur. Le politi-sien. Il fait de la politique pour les siens (et non pour le peuple).
Pour le politi-sien, le pays est un vaste jardin, où seule la cueillette l’intéresse. Il ne songe pas à « semer » pour les générations futures puisque les greniers sont pleins pour lui et les siens.
De manière générale, les politi-siens considèrent les biens publics comme un butin. Car les élections sont comme une guerre qu’ils ont gagnée. Chaque nomination est alors comme une conquête. Ils se transforment alors en empereurs, et gare à celui qui osera les contrarier.
Ils considèrent que l’amitié et les alliances politiques sont bien au-dessus du peuple et de ses aspirations de base. Pour eux, la corruption qui gangrène la société n’est qu’une illusion des jaloux. Et même s’ils la reconnaissent, ils se considèrent désarmés face à cette amitié et ces alliances qui leur ont permis de « gagner la guerre ». La justice devient alors à géométrie variable. Et on assiste à la naissance des « intouchables ».
Les politi-siens habitent dans de grandes maisons acquises (dans la plupart des cas) à la sueur des autres et circulent dans de grosses voitures, mais se comportent comme des poussins !
En effet, lorsque la mère-poule trouve des graines à manger, elle préfère les laisser à ses poussins et manger, quant à elle, du gravier. Celui qui arrive à « l’arracher » parmi les poussins va se cacher pour manger tout seul.
Remplacez le mot « mère-poule » par « Niger » et les « poussins » par « politi-siens », vous vous rendrez compte que pour les politi-siens, le Niger est un énorme poulailler. C’est celui qui sait « arracher » le plus vite et se cacher rapidement « manger » qui en sort « vainqueur ».
La seule différence est que le poussin mange seul alors que le politi-sien mange avec les siens. Les pauvres vous dites ? Ils n’ont qu’à se rincer les yeux en « admirant » toutes ces « réussites éclairs ».

Société civile OU société si-vile ?
Certains voient la société civile comme l’opposé du monde politique du fait de son rôle de contre-poids qu’elle peut jouer en faveur du peuple, lorsque le pays est mis au service des partis politiques et des individus.
D’autres la voient comme une composante complémentaire au monde politique. Un cadre pour tous ceux qui veulent servir le peuple en dehors du jeu établi par les partis politiques.
Dans tous les cas, la société civile est une organisation à but non lucratif où les acteurs agissent pour l’intérêt exclusif du peuple de manière désintéressée et par conviction aux domaines qu’ils défendent. Ses acteurs gagnent leur vie autrement, car ils considèrent que le cadre de la société civile n’est ni un capital pour s’enrichir, encore moins un fonds de commerce.
La société civile est comme une abeille. Elle pique quand il le faut (critique constructive), mais est surtout connue pour sa production de miel (idées et propositions) au bénéfice de la population.
Puis, il y’a les autres. Les usurpateurs. La société si-vile. Pour ses acteurs, le cadre dans lequel ils agissent est un fonds de commerce. Leur plus-value, c’est la « gueule » et le « courage ». Ils savent crier plus fort que les autres et savent monnayer leurs positions et ralliements (au pouvoir en place ou à l’opposition). Mais rarement au peuple, puisqu’il n’a « rien » à leur offrir.
Ils savent qu’à force de crier et de se faire emprisonner, la magie va opérer. Ils auront ainsi leurs heures de gloire. En quelques mois (voir années pour les plus patients), ils accumulent des signes extérieurs de richesse (villas, voitures, vêtements et voyage de luxe), alors qu’ils ne sont ni commerçants ni entrepreneurs.
Ils sont comme la mouche. Ils ne se posent que sur les sucreries (tous les privilèges qu’ils visent), ou les déchets (les sales affaires des autres). C’est cette énergie qui les fait avancer.
Par ailleurs, ils n’ont pas assez de compétences dans les domaines qu’ils prétendent défendre. Voire aucune dans certains cas. Mais ils apprennent « au fur et à mesure ».
Une fois qu’ils accèdent aux privilèges visés, ils s’adonnent à ce qu’ils savent faire le mieux : trafic et jeu d’influence, « affaires » et autres « business », qui tuent le pays à petit feu. Bref, ils deviennent à leur tour des politi-siens.
Conclusion
A tous les usurpateurs (politi-siens et société si-vile) : sachez que votre procès en légitimité viendra un jour. Soit par l’histoire, soit par la justice divine. Puis vous ferez face à votre supercherie et à tous les maux que vous causez derrière les mots.
Et, rendons hommage à tous ces altruistes (politiciens, société civile…). Dignes fils du pays. Vous sacrifiez votre temps et votre énergie pour que les autres puissent trouver l’énergie d’avancer et l’envie de vivre. L’histoire se souviendra de vous. Et la justice divine le mentionnera un jour, comme pour vous dire : « au nom du peuple, merci pour ces moments ».

Par Mamane Oumarou
11 février 2018
Source : www.cridecigogne.org

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