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Le mal nigérien : par Ibricheick

BABY BOOM NIGERIl ne fait aucun doute, qu’il existe un mal nigérien. C’est-à-dire que nos populations dans leurs diversités, connaissent en ce moment un certain mal de vivre dont elles sont souvent capables d’identifier les causes. Ce sentiment de malaise les conduit irrémédiablement à en trouver des boucs émissaires, des responsables chez les tenants du pouvoir. Mais qu’en est-il exactement ?

On entend ici et là dire que, dans beaucoup de foyers, on ne pose pas souvent la marmite, ou quand on le fait ce n’est uniquement qu’une seule fois dans la journée. Autrement dit, de nombreuses familles n’ont plus les moyens de s’offrir les trois repas quotidiens.

Qu’à cela ne tienne, est-ce parce que les travailleurs ne perçoivent pas régulièrement leurs émoluments ou est-ce que le niveau de rémunération des travailleurs est trop bas pour assurer les dépenses régaliennes ? Ou alors, est ce que le coût de la vie est devenu trop élevé à cause de la montée des prix des produits de première nécessité ?

Ces deux assertions ne résistent pas à l’analyse. Car s’il y’a bien quelque chose qui a bien changé au Niger, c’est le fait que, non seulement les agents de l’Etat sont payés régulièrement mais qu’en raison des dispositions prises par nos autorités actuelles, le sort du monde rural n’est plus lié aux aléas climatiques.

Alors qu’est ce qui explique, que certains Nigériens ont le sentiment que l’on vit moins bien qu’avant ?

LES CONTRAINTES DU BABY BOOM

Une chose est sûre, ces dernières années, nous avons connu un véritable « baby-boom », c’està-dire que nos femmes ont beaucoup procréé. Et ces bébés faciles à nourrir sont devenus des enfants plus difficiles à prendre en charge et même des jeunes gens et jeunes filles dont l’entretien grève sérieusement le budget des conjoints. Beaucoup de gens n’y font pas attention, c’est moins le coût de la vie qui a beaucoup augmenté que l’on se trouve dans la nécessité de débourser plus d’argent quand la famille s’est considérablement élargie. A telle enseigne que là où par le passé un sac des riz suffisait pour boucler la fin du mois au niveau du besoin alimentaire, il faut aujourd’hui un sac et demi sinon deux sacs ! Les dépenses en scolarité ou autres frais médicaux prennent la même courbe exponentielle.

Tout récemment dans un article paru dans la Nation, un journaliste faisait remarquer que les hommes et les femmes se mariaient de plus en plus tard. C’est vrai que de nos jours, les filles de plus de vingt-cinq ans pullulent dans nos agglomérations. Alors qu’il n’y a pas si longtemps on les traitait de vieilles filles. Ce n’est pas une mauvaise chose en soit si tant est que ces filles observent une certaine dignité dans leur comportement. Auquel cas, elles finiront par se trouver un bon mari.

Si ce phénomène s’accentue, il aurait certainement une incidence positive sur notre taux de croissance démographique qui l’un des plus élevé du monde. Car des garçons et des filles qui se marient en pleine maturité cela veut en principe dire moins d’enfants !

LA SCOLARISATION DES FILLES

Un moyen sûr d’impacter positivement notre croissance démographique consiste effectivement, non seulement à scolariser les filles mais à les retenir le plus longtemps possible sur les bancs. Car une fille qui va à l’école et qui a l’ambition de réussir afin d’exercer un métier plus valorisant que celui de ménagère, aura tendance à différer l’âge du mariage. De plus, mieux informée au plan de la sexualité, elle aura plus à cœur d’éviter les grossesses précoces et ses conséquences néfastes comme les fistules obstétricovaginales.

Cette stratégie a l’avantage de faire l’économie du recours à l’intervention exclusive des leaders d’opinion qui jusqu’à date n’ont guère produits de résultats probants pour impulser le dividende démographique.

C’est donc le lieu de saluer le plaidoyer réussi du Président Issoufou Mahamadou auprès du Président Emmanuel Macron qui vient d’accorder dix millions d’euros supplémentaires à notre pays pour impulser la scolarisation de la jeune fille nigérienne.

LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION
Il faut le dire, au Niger, et d‘ailleurs les autorités actuelles sont les premiers à le reconnaitre une certaine lenteur dans le processus, le Nigérien lambda persiste à penser que la lutte contre la corruption piétine, oubliant en cela que le train de la justice est en marche et que dans les prochains jours, les prochaines semaines, les prochains mois, beaucoup qui croient qu’ils sont à l’abri de toute poursuite, seront désagréablement surpris.

Le scepticisme des Nigériens dans ce domaine est à l’origine de rancœurs qui amènent les uns et les autres, à cause du malaise qu’ils éprouvent, à faire de l’amalgame. Certains compatriotes ont tendance ainsi à l’oublier, l’opposition politique et encore moins la société civile, n’a pas le monopole du cœur. Les dirigeants, parce que, mieux informés sont également sensibles à la souffrance sinon à la détresse du peuple. D’autant plus que des hommes politiques qui se drapent aujourd’hui de la toge de défendeurs du peuple ont, par le passé, été vus à l’œuvre.

UNE CONJUGAISON DE FACTEURS
Comme il apparait, le mal nigérien est une conjugaison de facteurs dont il ne faut pas rendre les seuls responsable du pouvoir. De fait, nous devons tous ensemble songer à changer nos comportements dans un contexte de renaissance culturelle qui ne peut pas faire l’économie d’un renversement des valeurs.

Ibricheick

1er février 2018
Source :  La Nation

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