L’Avenir du Niger : par M. Mahoumoudane AGHALI

Mahoumoudane AGHALI Niger 01«  En commencant ces lignes je tiens à souhaiter aux Nigeriens une heureuse année 2018.Que les souffrances de chacun restent derrière nous »
En regardant à travers le monde, l’on se rend compte que la corruption et les trafics en tous genres, se déroulent beaucoup plus dans les pays à faible revenu par habitant que dans les pays développés. C’est pratiquement un système quasi officiel instauré à tous les niveaux de la société en Afrique.
Essayons de comprendre pourquoi ce fléau a pris tant d’ampleur dans ces pays sous développés. Il se pratique certes en Occident et en Asie, mais se limite à des affaires ponctuelles politico-économiques qui souvent, sont sanctionnées par la justice, quelque soit le rang social des concernés et ne touche ni l’administration, ni la société civile. Pourtant, en Afrique, tout le monde est corruptible. Du ministre au Juge, du journaliste au syndicaliste, du policier au douanier, du maire au gouverneur, du député au conseiller, du tablier au chauffeur du bus…en résumé, tous les habitants sans exception.
Qu’est-ce qui est responsable du déclenchement de cet incivisme ?
Chacun pour soi et son clan ?
On ne peut pas accuser la pauvreté individuelle car ceux qui sont riches s’y adonnent pour des montants plus élevés, plus que les pauvres.
On ne peut dire que c’est par manque de nationalisme, car au Niger par exemple, on est très attaché à sa région et par voie de conséquence à son pays.
Plusieurs pays, sous d’autres cieux, ont émergé uniquement par le travail, le travail véritable. L’exemple du Japon qui importe toutes les matières premières mais a développé une industrie de renommée mondiale et la Chine est plein d’enseignement.
Finalement alors, le meilleur moyen de combattre la corruption, n’est autre que le développement, fruit d’un travail sincère, motivé par le patriotisme et non le profit individuel. Il faut que le Niger détourne ses regards de l’extérieur en quete du gratuit ( qui n’en est pas un ). Il dispose d’assez de ressources naturelles pour se sortir du cycle infernal de la précarité des couches sociales vulnérables.


C’est là où intervient la qualité de la gouvernance, son aptitude à planifier des entités de développement sans arrière pensée de détournements.
Plusieurs projets de développement sont faisables dans ce vaste pays. A moyen et long terme, on pourrait voir leurs bienfaits.
Arreter de brader les richesses du sous sol pour de chimériques pots de vin à des sociétés fantomes, la reprise en main du contrôle minier, un marché ouvert gagnant- gagnant sur les richesses minières.
La reprise des aménagements hydro-agricoles initiés par Kountché créeront en plus de vivres à récolter du travail au monde rural. L’aménagement des berges du fleuve Niger constituerait un grand pas vers l’autosuffisance alimentaire.
Réorganiser l’élévage en tendant vers sa modernisation et investir dans le monde rural.
La rénovation des routes principales du pays serait une bouffée d’air pour l’économie et les usagers. Elle procurera du travail à un grand nombre de Nigeriens.
Les mines et l’agriculture sont les premiers atouts du Niger pour sortir la tete de l’eau.
Tout cela repose sur la gouvernance, son sérieux et ses projections.

Si les hommes et les femmes que l’on choisit pour présider à la destinée des pays ne pensent qu’à s’extraire eux seuls et leurs proches du besoin et au-delà s’enrichir sans commune mesure, oubliant le reste du peuple, le tiers monde ne pourra sortir du terrible engrenage ‘main tendue-précarité-corruption-néo colonisation’.
Quel est le véritable problème qui fait que le Niger recule depuis le décès de S. Kountché ? Il avait pourtant mis le Niger sur les rails de l’émergence diplomatique et économique. Ce n’est ni la démographie (que l’Occident accuse souvent),ni l’avancée du désert (les déserts existent partout mais n’ont pas entravé le dévéloppement),ni le manque d’atouts.
Le premier aspect, certes non négligeable, est la fin du régime d’exception. Cela a libéré une classe politique inexpérimentée, plus affairiste que patriotique. A aucun moment les tiraillements et les coups bas entre politiciens, n’ont cessé jusqu’au jour d’aujourd’hui. Les ténors de tous les partis ( innombrables par absence de conscensus) ne pensent pas au devenir du pays (Quand on voit dans quel état sont les infrastructures héritées du régime Kountché telles que les routes Tahoua-Arlit, Zinder-Diffa, Dosso-Gaya ..etc). Leur seul but est d’arriver au pouvoir et s’enrichir.
Quand la majorité arrive au pouvoir, menacée par l’opposition impatiente de la remplacer, elle s’empresse de profiter au maximum des biens de l’Etat. Alors, une fois compromise, (détournements, scandales politico-financiers, répression, emprisonnement..etc ) elle s’accroche au pouvoir .
Pour les ramener à la raison, il faut à chaque fois l’intervention de l’Armée.
Rebelotte : l’exterieur crie au retour à la démocratie, le gouvernement militaire remet un peu d’ordre, l’on organise d’autres élections,l’homme en qui le peuple place ses espoirs retombe dans la meme erreur.
A quand la fin de ce cycle infernal et appauvrissant ? Quand est-ce qu’un vrai patriote à l’image de Seyni Kountché, sortira-t-il de cette politique antipatriotique et menera le Niger vers l’autonomie en instaurant la bonne gouvernance et la rigueur ?
Si la démocratie civile est synonyme d’enrichissement illicite des dirigeants et leurs proches et la misère au peuple, il est temps de penser à une démocratie militaire.

Mahoumoudane AGHALI

1er janvier 2018

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