Au Niger : Quelques Dégâts de la Catastrophe des Contrats de Partenariat Public et Privé (CPPP)

Maître Lirwana AbdourahamanePlus de 2000milliards, c'est la perte sèche engendrée aux nigériens et l'État du Niger, par les effets dévastateurs de la gestion catastrophique des contrats CPPP.
Pourtant une étude datant de plus de deux ans des experts en matière de finances publiques a averti du danger que courait le Niger dans la mise en oeuvre de ces Conventions que j'appelle *Contrat de perte de profit potentiels* (CPPP). Que ces experts ont donné l'alerte sur des conclusions claires que le Niger risque à court terme de faire face à une tension de trésorerie et à moyen et long terme hypothéquer l'avenir de la jeune génération du Niger.

Je rappelais dans une de mes publications que l'astuce des autorités de la 7ème République a consisté en 2011 de modifier la constitution notamment l'article 99, pour insérer dans le domaine de la loi les CPPP. C'est un nouveau arsenal juridique, mis en place pour adjuger les commandes et la passation des marchés des travaux publics de l'État du Niger.

Nous pouvons retenir à titre d'exemples :

  •  une partie de 1000 milliards du prêt Eximbank Chine, investis dans les contrats CPPP. A cet effet, la lettre N*14/168 d'avril 2014 du Fond monétaire International donne la décomposition des dépenses dans ce sens ainsi qu'il suit : *489 milliards pour le refinancement de la SORAZ, une usine pourtant toute neuve commandée sur catalogue ayant 3 ans de fonctionnement seulement, *500 milliards sous firme de ligne de crédit pour le financement divers projets infrastructures et *11 milliards pour les entreprises SONITEL et NIGELEC.
  • Contrat de production des cartes biométriques conclu sous l'égide des CPPP pour un montant de 50milliards, Que ce contrat est gelé, puis suspendu par un contentieux et pendant par devant les juridictions internationales, des suites duquel le Niger continu de perdre tant en numéraires qu'en crédibilité,
  • CPPP avec la sociétéNIMO de l'opérateur économique nigérien RIMBO, pour l'acquisition de 300 ambulances à un coup global de 11milliards,
  • - le contrat de construction de chemin de fer en CPPP pour un capital de ; 70milliards détenu à 70% par BENIRAIL, société du français Bolloré, avec pour conséquence un manque à gagner d'un pourcentage des recettes issues des magasins sous-douanes en République du Niger,
  • le projet de construction de l'usine de cimenterie SAKADALMA par une firme américaine d'un montrant de 500milliards,
  • Achat de l'avion Mont Greboun en contrat CPPP pour enveloppe de 23milliards dit "don de Areva" au Niger, alors que l'inscription budgétaire initiale était de 7 milliards pour un avion militaire de chasse et 10 milliards pour l'avion Présidentiel,
  • Construction de 2000 logements par la société Deapiquadro pour un montant de 24milliards en contrat CPPP,
  • Construction d'un parking gros porteurs et d'un motel de 500 chambres à Zinder par la société nigériane RAMATA, d'un montant de 31milliards,
  • 11milliards évaporés en contrat CPPP dans le cadre de la construction de la nouvelle cimenterie de Malbaza, là où les promoteurs Pakistanais ont pris la fuite par l'escalade de la frontière du Nigeria,
  • Contrat de concession en CPPP avec SONILOGA pour la construction du Guichetunique en vue de faciliter les formalités d'importation, de dédouanement et d'immatriculation des véhicules, pour un coup de 24milliards, l'objectif de ce CPPP c'était de débaucher un grand militant fortuné d'un parti de l'opposition résident en Cote d'Ivoire, en lui concédant ce marché, mais cela n'a pas marché, finalement c'est Bolloré qui a pu décrocher la concession,
  • plus d'une centaine de permis miniers octroyés par le Niger depuis 2011 spéculent dans les bourses de valeur sans aucun début d'exécution, ni aucune présence des promoteurs sur le territoire du Niger, pire les premiers acquéreurs passent la mains dans les négociations boursières et/ou font l'objet d'hypothèses bancaires,
  • la construction des échangeurs et routes bitumées dans la ville de Niamey dont le coup est estimé à 500 milliards. NB : il s'agit 500 milliards provenant du prêt Eximbank, inscrits au titre de ligne de crédit pour le financement des divers projets d'infrastructures cité ci-haut,

En outre, pour le cas d'espèce et bien d'autres, les experts ont conclu à des investissements non productifs au regard du contexte et du niveau de vie de la population, ayant moins d'un dollars par jour par habitant ! que des marchés surfacturés au triple, voir au quadruplé du prix normal sur les marchés,

A ces Contrats CPPP s'ajoutent :

  • les nominations politiques budgetivores,
  • les Recrutements non productifs dans l'administration publique qui produit à peine 17%du service public de qualité et de rentabilité, à cause du déséquilibre des agents, l'inutilité de beaucoup d'entre eux, l'irrationalité des dépenses du fonctionnement du service public, dont l'enveloppe a grimpé de 95,6 milliards en 2010 à 221,6 milliards en 2015, soit une augmentation nette de 131,8%.

La liste n'est pas limitée, il s'agit seulement de quelques dégâts recensés.
A vous d'apprécier !
Maître Lirwana Abdourahamane

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