Mobilisation interne et externe de ressources : l'’Etat nigérien sur plusieurs fronts

Mobilisation interne et externe de ressources : l'’Etat nigérien sur plusieurs frontsAu Niger, l’année 2017 a été marquée par de sérieuses perturbations dans les dépenses publiques. Les bons de trésor n’étaient pas payés, les contractuels ont renoué avec les arriérés de pécule, les bourses des étudiants trainaient, même les salaires ont commencé à venir en retard. Des mois durant le trésor public était sous tension.

Certains ont imputé cette crise à la mauvaise gestion des ressources de l’Etat. Mais pour le gouvernement, le Niger est tout simplement victime de la baisse des prix des matières premières (uranium, pétrole), une conjoncture économique internationale qui n’a épargné aucun Etat. La chute du naira au Nigéria voisin en est très illustrative.

Cette situation a poussé les responsables du pays a engagé une vaste campagne de mobilisation de fonds à l’intérieur du pays comme à l’international. Du 13 au 14 décembre 2017 le Président de la République était, avec plusieurs de ses collaborateurs, devant les bailleurs de fonds à Paris pour les convaincre de financer un Programme de Développement Economique et Social (PDES) 2017 – 2021 de 17 milliards de dollars. Une offensive qui a rapporté 23 milliards de dollars de promesses, « Kollia ta bia koudi sabouli, hal an ci riiba ».

Plusieurs semaines auparavant, l’assemblée nationale adoptait la loi des finances 2018, un budget programme très controversé qui étend l’assiette fiscale à plusieurs secteurs non imposés. Pour protester contre ce budget, plusieurs régions du pays ont battu le pavé, le jeudi 23/12/2017, à l’appel de certaines organisations de la société civile. Une manifestation pacifique interdite par les autorités municipales de Niamey pour des raisons de sécurité.

À la tribune de la représentation nationale, Hassoumi Massaoudou, Minstre en charde des finances a précisé qu’il ne s’agit nullement d’essorer les pauvres au profit du gouvernement comme certains tendent à le faire croire, il s’agit plutôt de faire participer des Nigériens qui font des recettes « à l’effort de solidarité nationale à travers l’impôt ».

Qu’à cela ne tienne, le 31 décembre prochain, l’opposition politique entend, à son tour, monter au créneau à travers une marche pacifique pour dénoncer certaines mesures de la loi des finances qu’elle juge impopulaires, a annoncé le député Soumana Sanda au journal Anfani de 12H30 du jeudi 28/12/2017. Trop d’impôts tuent l’impôt.

C’est dans ce climat de contestation que le Président Français Emanuel Macron, en visite au Niger la semaine dernière, a annoncé un engagement financier de son pays au côté du Niger qui s’élève à environ 400 Millions € pour une période de 4 ans, 2017 -2021. Ces fonds ajoutés aux accords signés dans le cadre du PDES et aux nouvelles recettes fiscales prévues par la loi des finances en cours de promulgation augurent d’un climat économique plus stable pour l’année 2018.

Vivement donc que ces fonds soient gérés à bon escient. Car c’est une chose que disposer de moyens, c’est une autre que d’en faire bon usage.

29 décembre 2017
Source :  http://nigerdiaspora.net

 

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