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Amères vérités : Lorsqu'on relit le discours de Seïni Oumarou à l'ouverture, en plein air, du congrès du Mnsd-Nassara, on ne peut qu'avoir du dégoût en sachant qu'il compose aujourd'hui avec celui dont il a dit que la gouvernance est d'essence satanique

Amères vérités L’ordonnance 2010-035 est d’une clarté indiscutable : « En matière de délit de presse, la détention préventive est interdite. Le juge ne peut décerner ni un mandat de dépôt ni un mandat d’arrêt »Lorsqu’on relit le discours de Seïnou Oumarou à l’ouverture, en plein air, du congrès du Mnsd-Nassara, on ne peut qu’avoir du dégoût en sachant qu’il compose aujourd’hui avec celui dont il a dit que la gouvernance est d’essence satanique. Pour ne pas»battre le tamtam» à la place de l’intéressé, comme on dit chez nous, je vous laisse le soin d’en juger. Voilà ce qu’il a dit et répété, durant des mois:
« le pouvoir despotique du Chef de l’État est implacablement dans une logique folle et démoniaque d’anéantissement de la cohésion sociale, de l’unité nationale et de toutes les valeurs sociales, culturelles, démocratiques et républicaines, des valeurs qui du reste, ont permis à lui, Issoufou Mahamadou, de gravir un a un, et sans obstacle, les échelons jusqu’a se hisser à la Magistrature Suprême de notre pays. De jour en jour, notre pays s‘enfonce inexorablement dans une dérive dictatoriale sans précédent, caractérisée par une profonde et intégrale injustice sociale, eu égard, entre autres, à la prédominance du sectarisme et du clanisme dans la gestion des affaires de l’État, en passe de devenir le logiciel qui guide et inspire les actions scandaleuses et dégradantes du Chef d’État ».


Et comme si cela ne suffisait comme charge, il se lança dans une litanie d’interrogations, les unes plus acerbes que les autres. En voici un florilège :
-Comment comprendre l’attitude barbare et inhumaine de sape des fondements de la cohésion sociale, de l’unité nationale et de la réconciliation entre les Nigériens ?

  • Comment comprendre l’ascension fulgurante du régionalisme et de l’ethnocentrisme ?
-Comment comprendre les proportions inquiétantes que prennent les scandales financiers, les détournements des deniers publics, notamment les fausses factures et les surfacturations?
  • Comment comprendre l’escalade de la corruption, des passe- droits et des trafics d‘influence ?
  • Comment comprendre le spectacle désolant dans lequel est plongé l’école nigérienne ?
  • 
-Comment comprendre la montée vertigineuse de l’extrême paupérisation de nos vaillantes populations ?
  • Comment comprendre le choix inapproprié de certains programmes politiques dits « Programmes de la Renaissance du Niger », des programmes insensés, inefficaces et budgétivores ?
  • -Comment comprendre l’enrichissement rapide et illicite de bon nombre de ténors du régime
  • Comment comprendre la présence dans les arcanes du pouvoir de narcotrafiquants étiquetés comme tels sur le plan national et international ?

  • -Comment comprendre le détournement au su et au vu de tout le monde des ressources pétrolières au profit d’intérêts privés Véreux tapis dans les arcanes du pouvoir et à l’Étranger?


Bien plus que des interrogations, ce sont des accusations directes, graves et sans ambiguïté. Et pourtant, ni Mahamadou Issoufou ni son système de gouvernance n’a changé d’un iota lorsque le sieur Seïni Oumarou a jeté son parti dans les bras du Pnds-Tarayya et du pouvoir qu’il sait très éloigné des attentes des Nigériens. Que cherchait-il en acceptant de s’acoquiner avec un homme et un pouvoir qui, selon ses propres déclarations, a favorisé l’enrichissement rapide et illicite de bon nombre de ténors du régime, entretient des narcotrafiquants, développe le régionalisme et l’ethnocentrisme, détourne, au vu et au su de tout le monde, les ressources pétrolières, sape des fondements de la cohésion sociale, de l’unité nationale et de la réconciliation entre les Nigériens, etc. ?


Que cherchait-il en sachant qu’en plus de tout dont il accuse le pouvoir actuel, Mahamadou Issoufou a également perpétré un hold-up électoral, détruit le parti politique dont il est président, a persisté dans la violation de la Constitution et la confiscation des libertés publiques.
Que cherchait-il vraiment ? Ce n’est pas à moi de le dire, mais les Nigériens se racontent plein de choses à ce propos. N’est-ce là, le drame du Niger et de son peuple ? Que peut-on attendre d’un tel leader politique qui n’a pas tremblé, un instant, pour liquider l’héritage de ce parti qui a fait rêver les Nigériens et qui lui a tout donné ?
Une chose est sûre, Seïni Oumarou a ruiné le Mnsd-Nassara et à coup sûr, c’est parce qu’il n’a plus d’ambition politique quelconque. Mais, s’il veut vivre aux dépens du Mnsd-Nassara, comme le font tous ces petits pieds nickelés qui changent de camp politique au gré du changement du pouvoir, il peut être sûr qu’il trouvera sur son chemin d’illustres militants de ce parti qui savent ce que représente le grand baobab
Bon, laissons Seïni Oumarou avec ses gains, ses regrets et ses interrogations pour plancher sur le sort parallèle de ces policiers impliqués, a-t-on dit, dans un trafic de passeports, et celui de Baba Alpha, ce journaliste talentueux qui vient d’être condamné à deux ans d’emprisonnement ferme, assortis de 600 000 FCFA d’amende, perte de la nationalité et dix ans de perte de droits civils et politiques. Non pas pour contester l’un ou l’autre des verdicts ou encore pour jeter quelque jet de discrédit sur ces décisions de justice, mais pour constater et faire constater que la justice a des raisons que la raison ne connaît pas. Un constat amer dans un pays où les citoyens accusent, justement, la justice de faire deux poids, deux mesures. L’affaire scandaleuse des passeports est encore dans la mémoire collective et les mis en cause, qui ont séjourné en prison durant des mois, s’en sont sortis, à la grande surprise des Nigériens avec leur sésame. Même ceux qui ont été reconnus coupables et condamnés ont été finalement élargis. Ils sont libres et certains ont même retrouvé leur boulot. En outre, la presse a régulièrement dénoncé des cas de faux, en indiquant clairement les mis en cause, mais cela n’a pas suffi à susciter une investigation. Y a-t-il ceux que l’on cherche à épingler et ceux qui sont libres de faire du faux, d’user de faux et même d’accéder à de hautes fonctions grâce à du faux ? Y a-t-il, dans ce pays, ceux qui doivent aller en prison parce qu’ils ont fait du faux et/ou usé de faux et ceux qui peuvent le faire et l’utiliser pour se faire élire ?


Le limogeage, le jeudi 20 juillet 2017, du président du Conseil de ville de Niamey parachève le coup de force institutionnel grâce auquel Mahamadou Issoufou veut phagocyter et contrôler toutes les institutions de la République, étendant ainsi ses tentacules sur toutes les sphères de pouvoir. Les malversations financières et l’endettement extraordinaire agités dans les médias, y compris Rfi, avant même que le mis en cause ait fait l’objet de la moindre interpellation, prouvent à suffisance que les motivations sont ailleurs que dans une volonté de protéger les deniers publics contre les prédateurs. Du reste, l’inspection financière dont on divulgue aujourd’hui les résultats ne date pas de la veille du limogeage de Saïdou Assane. Mahamadou Issoufou n’a aucune volonté de lutter contre la corruption et les malversations financières, fondement de sa gouvernance et de son pouvoir. Quant à Assane Saïdou et son parti, Amen-Amine de Ladan Tchiana, ils peuvent être sûrs : c’est juste pour les tenir à carreau et les garder dans la gibecière rose.

BONKANO

26 juillet 2017
Source : Le Canard en Furie

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