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Quelle alternative face à la décrépitude de l’Administration Publique Nigérienne ? (Deuxième partie)

ABDOU SADOU Soumaila 02Après avoir abordé la semaine passée l’affairisme, la corruption et la concussion auxquels se livrent quotidiennement les Agents de l’Etat à ciel ouvert. Véritables gangrènes pour l’Administration Publique et qu’il faut impérativement extirper afin de permettre à celle-ci de jouer pleinement le rôle qui est le sien dans le processus de développement de notre Niger.

A ces maux dont souffre sérieusement l’Administration Publique Nigérienne d’aujourd’hui, il faut ajouter la mauvaise qualité d’une certaine catégorie du personnel. Un personnel insouciant, sans éthique et qui s’était retrouvé à la Fonction Publique non pas par mérite ou par devoir mais grâce à des combines sur le dos de notre pays. Ce qui constitue un frein indiscutable et à même de réduire en poussière tout espoir quant à l’atteinte de ses objectifs si noble.

En effet, l’Administration Publique a cessé d’être un lieu pour développer le talent, la compétence, et l’effort. Aucune de ces valeurs ne sont plus cultivées, même l’esprit du résultat ou du rendement ne sont plus cultivés. Cette Administration est devenue moribonde au point de donner l’impression que les agents n’ont aucun objectif collectif à atteindre et que chacun travaille à son propre compte.

Ainsi, il est très aisé de constater qu’aujourd’hui l’Administration Publique Nigérienne est truffée de personnes incompétentes et incapables de satisfaire aux obligations pour lesquels elles avaient été recrutées. L’impéritie face aux sollicitations quotidiennes des usagers est tout ce qu’ils peuvent faire prévaloir. Ceci contribue beaucoup à la transformation de la Fonction Publique en un cadre d’amateurs par ailleurs insouciants des obligations qu’impose le service public. Cette situation déplorable est en grande partie liée à ces recrutements tous azimuts à la Fonction Publique dont les critères sont aux antipodes de toute ambition de rendement et d’efficacité.

Dans ces recrutements de complaisance où la satisfaction de la clientèle politique avait été plus privilégiée, certains compatriotes avaient trouvé une opportunité pour faire caser à la Fonction Publique un enfant, un parent ou un militant. Ces agents recrutés en dépit de rien apporté comme rendement, ne font que croitre les charges de l’Etat déjà assez lourdes. Cette catégorie de fonctionnaires casées se retrouvent malheureusement partout tant dans les structures de prise de décisions ainsi que au niveau des structures en charge de l’exécution des plans et programmes de développement de notre pays. Ce qui produit le désordre et les mauvais résultats que nous connaissons. Il faut le dire, c’est par le truchement de la démocratie, les partis politiques s’étaient permis de faire perdre à la fonction publique toutes ses lettres de noblesse tant au niveau de ses missions que de la qualité de ses prestations. En effet, la politique a permis aux politiciens de promettre à leurs militants le recrutement à la Fonction Publique chaque fois qu’un recrutement est ouvert sans qu’aucune condition de résultat ne soit exigée en retour à ces derniers.

D’ailleurs, tous les concours organisés ces dernières années sans exception furent entachés de nombreuses irrégularités. Certains avaient été purement annulés parce que les fraudes étaient plus que flagrantes, l’Autorité n’avait pas eu d’autres choix face aux nombreux scandales et les énormes réprobations que cela avait suscitées au sein de l’opinion nationale. Une chose est sûre, aucun concours d’intégration organisé à la Fonction Publique n’avait été propre, il y avait toujours eu des esprits malins qui avaient réussi à insérer des noms de leurs proches ou de leurs militants. Ceux-là même qui préfèreront toujours satisfaire des intérêts personnels au détriment des intérêts de notre pays. Ceux qui ne voient pas les grands enjeux et défis face auxquels notre pays devrait se débattre au quotidien pour se frayer un chemin dans ce monde de compétition et de concurrence rude. Ces compatriotes contre lesquels l’Etat doit sévir de la manière la plus ferme.

Il faut mettre rapidement hors d’état de nuire tous ces politiciens qui pour ne pas continuer à prendre en charge des proches dans leurs propres poches, et aussi ces partis politiques qui préfèrent se débarrasser de ces militants médiocres, sans perspective à travers un recrutement et une intégration à la Fonction Publique puisque pour eux le dos de l’Etat est assez large pour supporter chacun de ces proches ou militants au chômage. Un problème résolu pour ces hommes politiques et ces partis politiques mais un autre de nature très grave crée au préjudice de l’Etat et de notre pays.

Aujourd’hui plus que jamais l’Administration Publique a grandement besoin d’un redémarrage afin d’être débarrassée de ses nombreuses tares, goulots d’étranglement pour apporter à nos compatriotes les réponses appropriées qu’ils sont en droit d’attendre fermement du service public. Des lors, Ces recrutements de faveur ou de complaisance qui nuisent gravement à la Fonction Publique et surtout ternissent l’image de notre pays à travers la promotion de cadres médiocres,  doivent s’estomper à jamais afin d’édifier une Administration Publique moderne digne et prestigieuse où l’orthodoxie ne serait pas un vain mot. (A suivre …)

Soumaila ABDOU SADOU
Administrateur Civil

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