Idées et opinions

Sahel : Va-t-on vers une recomposition des systèmes de gouvernance politique ?Les atermoiements de la communauté internationale s’ajoutent aux tâtonnements des dirigeants du Sahel pour faire courir un grand risque de dislocation à certains Etats visiblement dépassés par l’ampleur que prend la situation sécuritaire dans la sous-région. Le déphasage manifeste des stratégies sécuritaires eu égard aux problèmes de fond, mine l’architecture même de certains Etats notamment le Mali et le Niger, et constitue un signal alarmant de leur incapacité à se réformer et à tirer les enseignements des échecs du passé. Les quelques voix africaines qui appellent à la réflexion et à une introspection demeurent inaudibles. Les classes intellectuelles de ces pays ont perdu toute leur capacité à débattre. Toute volonté de repenser les schémas de gouvernance y est encore perçue comme un acte antipatriotique.

En effet, la dégradation générale du climat sécuritaire au Sahel est en passe d’entrainer certains pays dans une impasse politique dommageable aux processus démocratiques en cours depuis le début des années 90. Lors du dernier Forum pour la paix à Paris (12 et 13 Novembre 2019), certains dirigeants s’étaient plaints de l’insuffisance de la solidarité internationale avec le Sahel et de leur difficulté à être entendus par la Communauté internationale quand ils réclament des moyens leur permettant de faire face à la situation sécuritaire dans la sous-région. Or, les dispositifs sécuritaires de ces pays souffrent avant tout d’une crise de confiance avec certaines composantes de leurs populations. La décomposition des Etats actuels aboutirait de facto à une réappropriation des territoires par les communautés qui commencent déjà à s’organiser pour assurer leur propre sécurité et à rechercher les moyens de leur développement. Une redéfinition des schémas de gouvernance s’avère en conséquence incontournable afin d’éviter l’enlisement durable dans un cycle de violence et d’instabilité.

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