Idées et opinions

eProf Dr. Sahidi Bilan, University of Sunderland in LondonL’intention de ces fragments d’idées est de stimuler à la réflexion sur la présente crise socio-politique du Niger. D'aucuns diront qu'il n y a pas de crise car les populations ne sont pas dans les rues. D'autres diront qu'elle est latente et peut s'éclore à tout instant. Notre conviction est cependant qu'il est possible d'anticiper et chercher des solutions.

Ce texte n’a aucune prétention d’être une étude exhaustive. Il reflète simplement le souci d’un citoyen d’échanger sur des questions afférentes à la vie de son pays. Il s’agit ici de s’interroger sur le rôle du philosophe dans un contexte de crise. La philosophie est vue en Afrique par beaucoup comme un savoir ésotérique complètement détaché de la réalité. Qu’en est-il réellement ? Le philosophe, peut-il vraiment aider à aplanir le déchirement d’une société ?

Il y a véritablement crise lorsque les positions politiques, par exemple, se radicalisent, particularisent jusqu’à se rigidifier et s’ossifier. Dans ce scénario, c’est la cohésion sociale qui risque d’être affectée si rien n’est entrepris pour déradicaliser les parties en cause. La radicalisation des positions est apparente entre l’opposition politique au Niger et le pouvoir en place et cela porte sur plusieurs points tels que le code électoral, la gouvernance, la loi des finances 2018 etc.

Il y a aussi crise lorsque le sentiment d’appartenance au tout de la société est ébranlé ; lorsque des membres de la société pour une raison ou une autre ne se retrouvent plus dans les institutions parce qu’ils en ont plus confiance. Il y a crise lorsque les principes tels que l’égalité, la liberté, la sécurité, la justice sociale etc. sur lesquels repose le contrat social sont remis en cause. La tension sociale est apparente. Le rapport gouvernés/gouvernants est infecté et affecté. Par exemple, la tension sociale causée par la loi des finances 2018 ; la crise scolaire, les recents détournements financiers massifs, l'arrestation de certains leaders d'opinions et de la société civile, la crise sécuritaire et sanitaire etc. Chacun des termes du rapport tend à s’autonomiser, à s’absolutiser au point d’accroitre la tension et de constituer une menace potentielle à l’existence même des termes en rapport. La persistance d’une telle crise finit par remettre en cause la possibilité d’un rapport symétrique, base ou condition sine qua non d’un dialogue. Lorsque la tension devient aiguë il y a risque d’éclatement de la relation et par conséquent d’effritement du tout.

Imprimer E-mail

Idées et opinions