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jeudi, 26 février 2015 10:01

Fait divers: Fin de parcours pour quatre réseaux de malfrats dont un pédophile

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Aguerrie dans les enquêtes d’investigation de grande envergure, la Police Judicaire vient une fois de plus mettre la main sur quatre groupes de malfrats qui excellent, chacun dans son domaine, dans le faux et usage de faux en écriture publique, l’escroquerie et la tentative d’escroquerie, l’évasion, l’enlèvement, la séquestration et le viol sur mineures. Ces malfaiteurs ont été présentés, mardi dernier, à la presse dans les locaux de la Police Judiciaire. 

Le récit des faits !
Le premier cas est qualifié de faux et usage de faux en écriture publique. En effet, la Police Judiciaire a été saisie par le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey, l'informant de la découverte de plusieurs faux extraits d'acte de naissance (12) dans les lots de dossiers de demandes de certificats de nationalité au Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey. Les deux personnes ayant introduit ces faux documents ont été mises à la disposition de la Police Judicaire par le parquet. Les investigations ont permis de mettre la main sur deux commanditaires dont une femme gérante d'un cybercafé.

Par ailleurs, les différentes perquisitions ont permis de retrouver dans les ordinateurs saisis, plusieurs dizaines de copies d'extraits d'actes de naissance, d’actes de mariage et de divorce, un acte de naissance de la Côte-d’Ivoire, une attestation d'inscription au RCCM remplie et une copie vierge, ainsi que des spécimens de signatures scannées nécessaires à la confection de ces faux documents. Dans ce dossier, quatre personnes ont été interpellées et gardées à vue pour faux, usage de faux, et association de malfaiteurs.


En ce qui concerne les deuxième et troisième groupes, il s’agit de cas d’escroquerie et de tentative d’escroquerie. Au courant du mois de novembre 2014 pour le deuxième cas, la direction de la Police Judiciaire a été saisie de plusieurs plaintes contre des individus non identifiés pour escroquerie, avec le même mode opératoire. Ces individus, de diverses nationalités, utilisent plusieurs numéros de téléphones, surtout de pays étrangers, notamment de certains pays d’Europe, pour appâter leurs victimes en leur faisant croire qu’ils ont un client sur place ici à Niamey, client qu’ils présentent comme quelqu’un d’important qui veut d’urgence qu’on lui fournisse des produits comme de l’huile de moringa, des œufs de perroquets ou des graines de kata.
Ils arrivent ainsi à convaincre les victimes de l’intérêt de ces produits en Occident. L’enquête a permis d’interpeller, en flagrant délit, les quatre individus auteurs de ces multiples forfaits.


Quant au troisième cas, les faits remontent aux mois de septembre, novembre et décembre 2014 au cours desquels plusieurs victimes ont reçu des appels téléphoniques émanant d'un individu se présentant comme un génie (djinn) de la famille. Ce dernier déclarait s'être manifesté suite à des sacrifices supposés de la victime.

Suivant un processus bien élaboré, il fait payer et déposer le Coran dans une mosquée et demande régulièrement ses victimes de déposer de l'argent ou du lait à des endroits précis comme une mosquée, en brousse à une distance n'excédant pas une quinzaine de kilomètres, le plus souvent vers Hamdallaye ou sur la route de Torodi.


Dans un des cas, la victime a effectué plusieurs versements par tranches allant de 100.000 à 200.000F, totalisant plus de six (6) millions. En contrepartie, ‘’le djinn’’ déposait des produits de la pharmacopée, des bagues en argent etc., en vue de la satisfaction des désirs de la victime. Dans ce dossier, les deux individus ont été interpellés.


Le quatrième cas est un cas de pédophilie. La collaboration entre le Bureau d’Interpol Niamey et celui de Lomé a permis d’appréhender l’individu précédemment inculpé pour détournement et viol sur mineure de moins de treize (13) ans et détenu à cet effet à la prison civile d'où il s'est évadé pour se rendre à Cotonou et commettre son forfait. Les informations transmises par le Bureau d’Interpol Niamey et celui de Cotonou, en coordination avec le Centre de Commandement et de Coordination du Secrétariat Général d'Interpol, ont permis à la Direction Centrale de Police Judiciaire de Lomé d'interpeller le suspect le 16 février 2015 à 22 heures.

Une autre fillette de 10 ans, élève en classe de CM2, de nationalité béninoise, kidnappée le vendredi 6 février 2015, a été trouvée en sa compa-gnie lors de son arrestation. En ce qui concerne la première fillette qu'il avait   kidnappée à Cotonou le 23 décembre 2014, elle a été retrouvée et remise à ses parents. Au total, trois fillettes de moins de 13 ans ont été jusqu'ici identifiées comme ayant été victimes d'enlèvement et d'abus sexuels de la part du suspect.
Des déclarations de certaines des victimes, il ressort que le suspect aurait également abusé sexuellement d'autres filles mineures. Les investigations sont encore en cours au Bénin, au Togo et au Niger en vue de l'identification de celles-ci. Une équipe de la Police Judiciaire du Niger a fait le déplacement pour prendre en charge l'individu.

Au regard de ces actes extrêmement malsains, dépravés et totalement contraires à la morale, l’Officier de Police chargé de la cellule Communication à la Direction Générale de la Police Nationale, le Capitaine Adili Toro Mainassara, a attiré l’attention de l’ensemble des populations du Niger à faire preuve de vigilance quant à la fréquentation des enfants à l’école et leur surveillance à la maison. ‘’Nous demandons aussi aux responsables des établissements à redoubler de vigilance, surtout relativement à ceux qui viennent chercher les élèves à la descente’’, a-t-il conclu.
 Hassane Daouda

26 février 2015
Source : http://lesahel.org/