jeudi, 29 janvier 2015 23:47

Fait divers : Des techniciens de surface dans une église

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Eglise Niamey IncendieQue le Tout Puissant nous épargne les épreuves auxquelles la population de Niamey a vécu ce samedi noir de fumée qui a vu plusieurs églises détruites et saccagées par des forces indéfinissables.

Que l’on y mette du feu, que l’on casse tout et brise tout ; cela peut passer. Mais que l’on pille systématiquement les infrastructures de ces lieux de culte, la valeureuse Religion de notre très cher Prophète (PSL) n’a jamais donné une telle recommandation. Comprenez alors qu’à côté des forces au dessein légitime, il y a des brebis galeuses qui se sont infiltrées juste pour tirer leur compte. Soit.

Après ces casses, la police qui ne s’était nullement manifestée le jour du désastre est entrée en action le lendemain. En effet, avec les inspecteurs de police présents parmi les manifestants, les informations fournies par les chrétiens qui avaient assisté impuissants au saccage de leurs lieux de culte et le concours des bonnes volontés, des personnes ont été identifiées et interpellées. Parmi les enquêtes ouvertes pour identifier et arrêter les malfrats qui se sont glissés dans la manifestation, celle qui se poursuit au quartier X de la rive droite est en train de produire des faits inédits. En effets, les premiers interpellés sont en train de donner des noms aux policiers qui descendent de manière sporadique dans le quartier pour ramasser tel ou tel individu. Dans le quartier X, après deux descentes, on n’arrive toujours pas à mettre la main sur trois jeunes hommes qui ce jour-là se seraient enfuis avec la fameuse mallette de collecte de fonds des fidèles. On annonce la bagatelle de plusieurs millions de francs dans la mallette. Parallèlement, les gens du même quartier, chrétiens et musulmans, touchés par ces actes barbares, ont décidé de mettre au point des groupes de nettoyage des lieux incendiés et saccagés. Ces groupes sont devenus des techniciens de surface, qui avec des râteaux, qui avec des pelles et balais. Chaque jour, ils se consacrent au nettoyage des lieux de façon volontaire ; c’est de cette solidarité que les gens n’ont pas fait preuve le jour du désastre.

 

Ce samedi après-midi, l’ambiance tait particulièrement grande. En effet, les chrétiens avaient décidé de célébrer leur culte habituel de dimanche dans leur église détruite. Les groupes des techniciens de surface se sont concertés et ont décidé de redoubler d’effort.

 

Les travaux vont bon train. Vers 17 heures, alors que la fatigue commence à gagner les balayeurs, une voiture de la police judiciaire fait une entrée en trombe. Les techniciens de surface suspendent tous leur travail. Un des techniciens se dirige vers les policiers descendus de la voiture. Il ôte son turban qui le protège de la poussière en même temps qui cache son visage. Surprise : c’est l’inspecteur Alio. Accompagné de trois policiers, Alio se dirige vers trois jeunes hommes qui commencent déjà à trembler de frayeur. Alio fait menotter les trois techniciens de surface. Aux autres balayeurs, il demande de continuer leur travail en précisant qu’il vient de mettre la main sur les trois malfrats qui se sont enfuis avec la mallette. Ils ont commis l’imprudence de parler du partage pendant le balayage, au moment où l’inspecteur Alio avait les oreilles tendues vers eux.

NAMEWA

 

29 janvier 2015
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

 

Last modified on vendredi, 30 janvier 2015 14:34

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