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Grèves perlées des Syndicats des enseignants : Le ras-le-bol des militants

Greves Syndicats enseignants 01A moins d'un mois de la fin de l'année scolaire 2016-2017, le gouvernement et les différents syndicats du secteur de l'éducation ne sont toujours pas parvenus à un accord. Si, en dépit de cela, au niveau de la composante FUSEN qui a comme figure de proue le SNEN, on a mis de l'eau dans son vin privilégiant les intérêts de l'école nigérienne sur ses revendications sommes toutes légitimes, chez le groupe qualifié de radical piloté par le SYNACEB, on persiste dans les débrayages. Ce qui n'est pas sans conséquences sur le moral des militants qui désistent de plus en plus, minés par l'usure.

Dans un préavis de grève en date du 31 mai 2017, la Synergie CAUSE-Niger/ SYNACEB, ou disons ce qu'il en reste de cette dynamique après le départ de la FUSEN, appelle ses militants à observer 6 jours de grève allant du lundi 5 juin au samedi 10 juin. C'est le énième mot d'ordre de grève de ce regroupement syndical depuis le début de l'année scolaire. Un comportement radical qui a, sans doute, amené la FUSEN membre de cette dynamique à s'y retirer en avril dernier. En tout cas, depuis son départ de la Synergie CAUSENiger/ SYNACEB, la FUSEN n'a observé qu'un seul mot d'ordre de grève de 72 heures alors même que le SYNACEB flanqué de ses acolytes semblent avoir opté pour des débrayages sans répit. Ici, apparemment, on a signé pour le blanchiment de l'année scolaire en cours. Ce qui vient corroborer le contenu d'un enregistrement sonore, largement diffusé et relayé sur les réseaux sociaux, attribué à deux " compères " du courant syndical extrémiste spéculant sur le statut de l'année scolaire 2016-2017. Tout naturellement, ce radicalisme n'est pas sans conséquence sur le moral des militants qui assistent aux coupures opérées sur leurs pécules pour faits de grève. " Trop, c'est trop ! Moi j'arrête " ; " Il faut avoir pitié des enfants des pauvres " ; " Comme je ne veux pas entendre parler de rattrapages après, je préfère ne pas suivre les grèves et finir mon programme en toute tranquillité " ; " Nous, au niveau de notre école, nous avons décidé à l'unanimité d'arrêter la spirale de grèves ".

Ce sont là des propos recueillis dans quelques écoles de Niamey où le bon sens prend de plus en plus le dessus sur les slogans " va-t-enguerre ". Depuis la reprise des cours au sortir des congés de pâques, enseignants et élèves réfléchissent ; ils sont concentrés sur comment boucler les enseignements plus que tout autre sujet. " Ce samedi (3 juin 2017), nous avons bouclé au niveau de notre école, la dernière leçon d'étude du milieu. C'est en histoire ", nous confie une enseignante d'une école primaire du 2ème arrondissement de Niamey. Selon des échos de l'intérieur du pays, le suivi des grèves est très mitigé dans plusieurs départements, notamment à Maradi, Zinder, Dosso, Tahoua, Agadez et Diffa. Pour un parent d'élève, la solution au statut particulier de cette année scolaire est simple : " Il y a des écoles qui n'ont pas fonctionné non pas uniquement pour des raisons de grève mais parfois pour des causes liées à l'insécurité, de surcroît dans le Nord Tillabéri. Il faut donc procéder à une validation au cas par cas ". " Nous connaissons mieux que ces syndicalistes les réalités du terrain. Pendant les périodes dites de grèves, beaucoup de nos enseignants ont carburé. Les ''têtes brûlées'' ne constituent pas la majorité mais la minorité ", affirme un encadreur pédagogique de la région de Dosso. Ceci pour dire que les " tonneaux vides " ont, comme d'habitude, fait beaucoup de bruit. A l'école normale des instituteurs de Maradi par exemple, la boucle est déjà bouclée. Sur un effectif de 886 élèves-maîtres inscrits en première année, 876 ont composé, 598 passent en classe supérieure, c'est-à-dire en deuxième année, 202 redoublent et 76 sont exclus. Les moyennes, elles, varient de 16,32 à 03, 76.

Au niveau des classes d'examens du secondaire, premier cycle (classes de troisièmes des collèges d'enseignement général) et second cycle (classes des terminales des lycées d'enseignement général ou technique), les enseignants sont à pied d'oeuvre pour tenir les caps du 10 et 14 juillet respectivement pour le BEPC et le BAC. Comme quoi, l'année scolaire 2016- 2017 sera sauvée par les enseignants du Niger, tous statuts confondus.

O.M

06 juin 2017
Source : La Nation

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