Reprise des cours dans le contexte de la COVID-19 : Relever le défi du respect du programme et des mesures de prévention édictées

Annoncé le lundi 11 mai 2020 par le ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, M. Yahouza Sadissou, coordonnateur des ministères en charge de l’enseignement et de la formation, les activités académiques reprendront le lundi prochain 1er juin. Depuis cette annonce, les responsables des établissements d’enseignement et de formation, du primaire au supérieur en passant par le secondaire, s’activent pour s’adapter au contexte de la pandémie de la COVID 19. La levée de cette mesure a été rendue possible grâce à l’évolution satisfaisante de la situation de cette maladie dans notre pays. Ainsi, après deux mois de suspension, les cours reprendront dans les établissements sur toute l’étendue du territoire national. Comment les établissements d’enseignements supérieurs, publics et privés, de Niamey préparent cette reprise ?

Lorsqu’il a annoncé la décision du gouvernement, le Ministre Coordonnateur des ministères en charge de l’enseignement et de la formation a indiqué que les différents ministères ont été instruits par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, pour prendre toutes les dispositions nécessaires de protection contre la COVID 19 dans les établissements. Il s’agit entre autres de la désinfection des établissements, l’installation des dispositifs de lavage des mains au savon, le port obligatoire de bavette et le respect de la distanciation sociale. Aussi, les établissements doivent adapter leur programme au plan de sauvetage de l’année académique qui s’étend du 1er juin au 15 juillet.

Selon le constat fait sur ce préparatif, les établissements se trouvent entre le défi du respect du programme et celui du respect des mesures barrières de lutte contre la propagation de la COVID 19.

En cette veille de la reprise, au niveau de l’université, le constat qui se dégage, dans plusieurs facultés, fait état de manque des dispositifs de lavage des mains, le non-respect de la distanciation et de port de bavette par les étudiants au niveau des scolarités. Par exemple, au niveau de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, nous avons constaté à notre passage un seul dispositif de lavage des mains pour une faculté qui regorge du plus grand nombre d’étudiants. Au niveau de la scolarité de cette faculté, les étudiants (des centaines), dans la queue pour les inscriptions et autres formalités, ne portent pas des bavettes et n’ont respecté aucune distance entre eux. Un responsable dans cette faculté a confié que depuis l’apparition du virus, avant même la suspension des cours, des dispositions ont été prises mais les étudiants ne les respectent pas « surtout au niveau de la distanciation», dit-t-il.

Un étudiant qui a souhaité caché son anonymat a confié que même la désinfection des salles et amphithéâtre annoncée n’a pas été faite. Par contre, au niveau de la Faculté des Sciences de la Santé (Médecine), le constat fait état de plusieurs dispositifs de lavage des mains installés et opérationnels.

Sur le campus, dès les premières heures de la parution du virus, les étudiants, à travers leur comité exécutif, ont pris les dispositions en fermant les mosquées et installant les dispositifs de lavage des mains au niveau des bâtiments et dans la cour de la cité. Le Comité exécutif de l’UENUN, a indiqué son Secrétaire Général, a aussi entrepris une campagne de sensibilisation à l’endroit des étudiants. Dans le cadre de la reprise des cours, M. Omar Albadé a indiqué que les mesures seront renforcées au niveau de l’arrêt bus et au sein du campus. De passage, il a remercié toutes les bonnes volontés qui se sont manifestées pour apporter des appuis aux étudiants. Le comité exécutif de l’UENUN a reçu des dons de bavettes, de savons et des sceaux offerts par plusieurs partenaires.

M. Omar Albadé dit avoir constaté qu’au niveau des facultés, rien n’a été fait par les responsables académiques. C’est pourquoi, il a demandé au ministère et au rectorat de profiter de ce weekend pour désinfecter les salles et les amphithéâtres et installer les dispositifs de lavage des mains « pour protéger les étudiants, les enseignants et le personnel administratif et financier », a-t-il dit.

Les rares étudiants portant des bavettes, que nous avions rencontrés à la faculté des Lettres et Sciences Humaines ont exprimé leurs inquiétudes sur la non prise des mesures appropriées jusque-là. « Cette maladie est une réalité. Il ne faut pas que la chute des nombres des cas trompe la vigilance des uns et des autres pour dire que c’est la fin. Nous souhaitons vraiment que des dispositions soient prises en vue de protéger tout le monde, enseignants, étudiants et PAT. Quand je vois le nombre des étudiants à la scolarité sans bavettes et sans respect de la distanciation, il y’a des raisons de s’inquiéter », a-t-il dit.

Contrairement à l’Université, les établissements privés ont pris des mesures appropriées pour la sécurité de leurs étudiants et enseignants, conformément aux conditions édictées par le gouvernement. Deux établissements ont souhaité s’exprimer sur cette question, à savoir IPHE et IAT. Les Directeurs des études et de la programmation de ces deux écoles ont affirmé avoir pris des dispositions tant sur le plan sanitaire que sur le plan académique par rapport à cette reprise des activités académiques.

Sur le plan sanitaire, c'est-à-dire dans le cadre de mesures prises pour lutter contre la propagation de la maladie, M. Hassane Harouna et M. Ouseini Magagi ont tous dit que le port des bavettes sera obligatoire dans la cour et dans les salles par tous, le lavage des mains ou l’utilisation du gel alcoolique sera aussi obligatoire par tous. Chacun des établissements a installé des kits de lavage de mains au savon à l’entrée et devant les salles de cours. Ces deux responsables ont aussi souligné que toutes les salles de cours ont été désinfectées. A l’IPHEC par exemple, M. Hassane Harouna a indiqué que l’établissement a commandé 500 bavettes qui seront distribuées gratuitement aux étudiants et aux enseignants. La vigilance sera de mise, ont-ils souligné. Sur le plan académique, M. Hassane et Ouseini, respectivement de l’IPHEC et de l’IAT, ont tous affirmé avoir adapté leur programme conformément au plan de sauvetage de l’année académique proposé par le gouvernement.

Par Alil Maman

29 mai 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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